28 mai 2016 ~ 0 Commentaire

Jacques Halbronn La conscience et le déni des clivages de temps et d’espace. Sexo-cyclologie.

La conscience et le déni  des clivages de temps et d’espace. Sexo-cyclologie.

par  Jacques  Halbronn

 

 

Ce qui se produit sur un plan subconscient  peut faire l’objet soit d’un déni, soit d’une prise de conscience. Les deux voies s’offrent à nous.

Il s’agit ici d’établir une épistémologie de la « Seconde Nature »- ce que nous désignerons généralement sous le nom de Subconscience. Nous dirons qu’Il s’agit là d’une voie médiane entre le diktat de la Science qui nous dit ce qu’est la Nature et la tentation de la Technique qui glisse vers le transhumanisme. La Subconscience comporte une dimension mécanique, des automatismes, qu’elle soit logée en nous ou à l’extérieur dans les machines, les esclaves.

Il est certes de tradition de refuser l’idée de la transmission des caractères acquis, associée au lamarckisme. Nous avons tenté d’étayer à notre façon ce no man’s land en nous situant entre Marx et Freud, mettant en avant le concept de Subconscience. (sur cette notion de Subconscience, cf. Bertrand Ogilvie, La seconde nature du politique : essai d’anthropologie préface P. Macherey (Ed L’Harmattan) et François Héran. La seconde nature de l’habitus. Tradition philosophique et sens commun dans le langage sociologique)

Notre méthodologie passe par une idée de réforme, c’est à dire de nettoyage, d’époussetage, des traditions, donc de relecture critique.En effet, la Seconde Nature appartient à un passé souvent fort éloigné qui perdure au niveau de ce que nous appelons la Subconscience. Sociologie et Histoire devront donc marcher de concert.

Notre propos passe par une réforme, une refonte de nos représentations et donc des textes qui les sous-tendent, cela signifie littéralement de revenir à une forme (morphologie, à partir d’une racine grecque), à une norme ayant été instaurées dans un passé plus ou moins lointain et qu’il s’agit pour nous de restaurer et de conscientiser si l’on admet qu’il s’agit là des fondements sur lesquels repose notre humanité. La réforme ne peut être qu’une esthétique vouée à rechanter le monde, c’est-à-dire à le reconduire à une certaine pureté d’un état structurel originel que les sociétés anciennes ont su instaurer et qu’il nous importe de redécouvrir au prix d’une certaine anamnèse. Il importe de souligner que la finalité de toute réforme est de faire apparaitre une unité perdue de vue en raison de dysfonctionnements, d’additions diverses et variées.

Nous commencerons par reprendre la question de l’émetteur et du récepteur en préconisant de conférer à l’observateur la prédominance sur l’observé, donc au récepteur par rapport à l’émetteur. Ainsi, il y a là un obstacle épistémologique à continuer à croire que la femme est avant tout réceptrice. Elle l’est certes mais de façon minimale tout comme l’homme est émetteur de façon ponctuelle et lapidaire, comme lorsqu’il résume toutes ses observations par quelque formule comme celle proposée par Einstein. Nous dirons aussi que la machine est bien plus dans l’émission que dans la réception. Mais le critère principal reste celui de la réforme et de la faculté de mener à bien un tel processus. Il ne suffit évidemment pas d’émettre. En paraphrasant Pierre Dac, il ne suffit pas de dire qu’on peut le faire, il faut en apporter la preuve.

Nous opposerons par ailleurs ce que nous appellerons Subconscience à ce que nous avons qualifié de Surconscience. Sous le premier terme, on entendra ce qui est perçu par nous comme fonctionnant de façon automatique, sans que nous ayons à y penser. C’est notre nature ou notre « seconde nature ». Sous le second terme, nous regroupons tout ce qui vient s’ajouter et qui ne se perpétue et ne se transmet qu’en toute conscience et notamment par le biais de l’écrit, ce qui renvoie peu ou prou à la notion de culture. En fait, le passage de la signalétique gestuelle à sa transcription permettra dans un troisième temps de basculer dans l’oralité et donc d’accéder au monde de la caverne. En fait, nous opposons d’une part nature et structure et de l’autre structure et culture. Dans le premier cas, nous insistons sur le fait que la structure est un barrage contre la Nature, contre un état sauvage et de l’autre, nous dénonçons ce qui vient déformer la structure sous couvert de culture, ce qui est la voie ouverte à toutes sortes d’ajustements qui ne font sans qu’à un instant T. Le provisoire et le contingent ne sauraient s’incruster indéfiniment, elles doivent être régulièrement balayées et comme disait notre défunt père, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.

On nous parle d’une unité du genre humain et en même temps tout se passe comme si une société ne pouvait trouver son unité que par un apport culturel, linguistique extérieur, environnemental et in fine artificiel alors que cette unité devrait découler de nos déterminismes génétiques. Il semble que l’on ne puisse partager que ce qui est externe –comme un gâteau- et non ce qui constitue notre « humanité » innée. Il nous semble qu’un rééquilibrage s’impose urgemment pour le XXIe siècle –dans lequel nous ne sommes pas encore véritablement entrés au milieu de cette deuxième décennie à notre sens- surtout si l’on est conscient du poids de tout notre équipement technologique qui accentue cette dimension externe.

Nous n’avons à l’évidence pas la même prise-emprise- sur ces deux plans. L’un relevant en quelque sorte du pouvoir et l’autre du vouloir. On distinguera une subconscience interne, celle des parties de notre corps, de notre organisme, qui fonctionnent d’elles-mêmes sans que nous ayons à apprendre à les utiliser et une subconscience externe qui traite de notre environnement, de ce qui est mis ou se met au service de l’Homme – la femme faisant partie du dit environnement, comme on semble pouvoir le lire dans la Bible (Genèse Chapitre II et Ézéchiel, Chapitre I)

Le champ de la Subconscience se situe épistémologiquement dans une zone intermédiaire qui n’est ni celle des « sciences dures » -de la « Nature » -dont les lois seraient en quelque sorte irréversibles et celle du Droit lequel est supposé pouvoir être revu et corrigé à tout instant, selon des procédures administratives, juridiques, constitutionnelles. Or, entre ces deux extrêmes, vient se placer ce que l’on peut qualifier de « Seconde Nature » et que nous nommons ici Subconscience par opposition à la Surconscience qui serait celle du Droit, au sens large. Ce qui relève de la Subconscience appartient à u n temps intermédiaire, qui n’est celui de la très longue durée, ni celui de la durée « indéterminée » et c’est dans ce champ que va sévir le déni, en toute impunité.

Notre humanité est fortement tributaire de l’écrit mais celui-ci doit être périodiquement réformé -nettoyé, corrigé sous sa forme « surconsciente », celle qui nous est transmise de l’extérieur par le truchement de supports. Mais nous dirons qu’ il existe un autre type d’écrit qui concerne notre code génétique et s’inscrit dans le champ de la Subconscience. Il ne s’agit pas alors de le réformer mais de le conscientiser puisqu’il agit, œuvre en quelque sorte à l’insu de notre conscience.

Il y a actuellement élaboration d’une critique de la dialectique Nature-Culture et nous pensons que le concept de Subconscience permet de résoudre certaines tensions à ce propos. De plus en plus, l’on prend conscience du fait que la « culture » devient « nature », en ce sens qu’elle apparaît comme une réalité aussi incontournable voire irréversible que la Nature. C’est ce que nous appelons la « seconde nature », laquelle se constitue en fait contre la Nature, soit le stade ‘antithétique » et cette « seconde nature » nous la qualifions de « structure », conférant désormais au terme « culture » un état post-structurel, tendant à empêcher la conscience de la dite « structure ». On associe un peu vite la culture à la vie – on parle d’une culture « vivante »- alors qu’il s’agit le plus souvent d’une structure en décomposition qui nous fait penser à un cadavre en train de pourrir comme le sont notamment, à nos yeux, bien des corpus de textes et de langues que l’on n’appréhende que par leur aboutissement faute de savoir ou de pouvoir les restituer en leur état structurel d’origine.

La divination s’inscrit, selon nous, dans cette démarche antithétique qui fait prédominer la subjectivation sur l’objectivation, c’est à dire qui instrumentalise l’objet, se projette sur lui pour le structurer selon l’imaginaire du sujet. La divination ne prétend pas dire ce qu’est l’objet en ce que celui-ci est perçu comme informe mais entend le construire, lui donner forme, d’où notre problématique de la Réforme, dès lors que cette forme n’apparaît plus clairement.

On dira que notre démarche creuse, approfondit, le fossé existant entre Freud et Jung. La Subconscience se situe sur un autre plan que l’Inconscient Collectif, lui-même décalé par rapport aux topiques de la Psychanalyse. Jung parlait d’un vivier commun à toute l’Humanité sur lequel nous serions tous plus ou moins branchés. Mais notre approche est plus radicale : il ne s’agit pas d’un imaginaire mais bien de fonctionnalités tant physiques que psychiques dont nous disposerions à la naissance mais cette Subconscience débouche aussi sur l’environnement de l’Homme. Jung a largement esquivé la question du masculin et du féminin tout en l’abordant paradoxalement avec l’animus et l’anima qui seraient propres tant à l’homme qu’à la femme. Force est en effet de constater que dans le débat sur la sexuation, Jung se voit instrumentalisé pour brouiller les pistes. Or, pour nous, les femmes feraient partie de la Subconscience de l’Homme, ce qui nous conduit à placer l’Homme en position centrale, à l’instar de ce que nous appelons le nouvel Adam, celui du chapitre II de la Genèse qui succède au premier Adam , androgyne, de son chapitre premier. C’est avec l’Adam II que la femme apparaît comme partenaire, comme auxiliaire, faisant partie donc de son environnement.

. Mais ici –avec la Subconscience, le recours au terme « Homme » n’englobe pas la femme et l’on peut dès lors parler d’une « Humanité » pour décrire tout ce qui gravite autour de l’Homme à la façon d’un système solaire. Ce n’est pas que la femme n’aurait pas de Subconscience mais qu’elle est une composante de la Subconscience de l’homme. Il est évident, en vérité, que tout être est doté d’une certaine forme de Subconscience, que l’on a pu désigner sous le nom d’instinct. Quelque part, l’établissement de toute forme de Subconscience peut s’assimiler à une symbiose, à une alliance, qui peut passer par l’adoption d’un cycle lunaire par exemple chez nombre de végétaux et d’animaux, souvent par le biais des marées.

Le déni, qui est souvent le mensonge, un refus de conscience, un aveuglement délibéré, est notamment celui engagé à l’encontre de la Subconscience et notamment au nom de la Science. On instrumentalise la Science pour tenter de déconstruire tout un travail socio-culturel engagé sur des millénaires de façon à laisser la voie libre pour l’entreprise juridique, législative ici et maintenant. Or, entre ces deux extrêmes de la Science « dure » et du Droit, se place ce que nous appelons Subconscience, laquelle se trouve, épistémologiquement, prise en sandwich à l’instar de la Lotharingie entre le monde des Francs et celui des Germains, à la mort de Charlemagne. D’où une incompréhension qui s’instaure délibérément et qui refuse ainsi à l’astrologie de discourir sur le cosmos sans passer par l’imprimatur des astronomes, d’où une diabolisation de tout discours sur les races au prétexte que la génétique ne le valide pas sans parler de l’attaque en règle, toujours au nom de la Science, contre toute forme de « sexisme », modernité oblige.

Mais le déni est propre au monde de l’oralité, c’est un refus d’ouvrir les yeux. Nous distinguons très nettement une humanité qui fonctionné par la parole et une autre par la vue. A l’aveugle, il est possible de raconter n’importe quoi puisqu’il manque de repères « objectifs », il ne peut -littéralement- partager une même vision des choses. Le passage du visuel à l’oralité permet tous les trucages et donc tous les dénis du réel.

Le mimétisme est un élément central de notre description du monde et sa contrepartie est le déni. lequel s’apparente aisément à une forme d’hypocrisie. Le mimétisme implique le choix de tel modèle plutôt que de tel autre mais qui aura dicté ce choix ?

Celui qui nous imite mais aussi celui qui se hasarde à nous décrire risque fort de se heurter à notre déni. Or, nous accordons la plus grande importance –du point de vue de l’épistémologie des sciences humaines- au regard d’autrui. Ce regard qui tend à nous décrire mais aussi qui peut manifester une certaine fascination à notre égard, générant du mimétisme, source de bien des malentendus. Cela ne va pas sans correspondre à ce qu’on appelle en anglais le « double bind » (double contrainte), lorsque ce que l’on ne se donne pas les moyens de fournir ce que l’on annonce. Or, la fascination conduit à prétendre à un mode de fonctionnement que l’on n’est pas en mesure d’assurer pleinement, donc génère de la frustration – tant au niveau privé que public, ce qui correspond à ce syndrome du double bind . On déclenche un processus que l’on n’est pas capable de mener à son terme. L’imitateur est stricto sensu un imposteur qui prend la place d’ un absent, à l’instar de l’interprète d’une musique des siècles passés. Il fait revivre à son propre avantage un créateur illustre d’antan pour masquer-nier- sa propre impuissance. Il récolte ainsi les lauriers- les applaudissements- de façon indue. Certes, on peut saluer le travail d’illusionniste qu’il a eu à fournir pour restituer une apparence de spontanéité, ce qui s’obtient paradoxalement en parvenant à une sorte d’automatisme, à force de répétitions. Il nous semble par ailleurs qu’il convient de restituer la partie vocale dans des œuvres classiques qui nous sont parvenues sur un mode exclusivement instrumental (on entend ici tout ce qui passe par la bouche : sifflement, vocalises plus que le recours à telle ou telle langue instituée) dans la pratique musicale, ce qui contribue à un certain rééquilibrage entre l’instrument et l’organe. Ce qui donnerait lieu à des formes de « cadences » produites par l’instrumentiste comme ce fut souvent le cas au XIX siècle. La guitare a conservé cette exigence d’un double registre vocal et instrumental tout comme l’orgue a perpétué, plus qu’ailleurs, la pratique de l’improvisation. Autrement dit, il s’agit de pallier des manques qui faussent notre appréhension du champ musical tout comme il s’agit de souligner la dimension chorégraphique de tout travail avec l’instrument, en mettant davantage l’accent sur la dynamique des mains, notamment pour le piano et pour les cordes  en formant des personnes capables de rendre au mieux un tel spectacle souvent méconnu, notamment chez les pianistes dont le mouvement du corps est bien moins mis en évidence que pour les cordes, du violoniste au contrebassiste.

Chaque membre d’un groupe serait, en quelque sorte, condamné à être objet d’adoration et à être lui-même en adoration dans ses rapports avec les membres d’autres groupes.

Si l’on considère les relations au prisme du religieux ou au prisme du linguistique, les exemples abondent de telles interférences et notamment d’emprunts parfois croisés.

Au cœur de notre travail, un domaine qui est généralement délaissée, voire méprisés, à savoir la question des cycles. Or, c’est au nom d’une cyclologie en rapport avec la Nature et plus particulièrement le Cosmos, que nous entreprenons une critique du Droit notamment sous sa forme « constitutionnelle ». Le refus d’envisager l’option cyclique nous apparaît comme un obstacle épistémologique majeur qu’il s’agira de décrypter voire d’exorciser dans les prochaines décennies du présent siècle.

Un autre obstacle est le refus d’admettre que l’on puisse reconstituer des états antérieurs d’un savoir, d’une tradition, d’une langue. Nous pensons qu’il convient d’articuler diachronie et synchronie de telle sorte que l’on puisse exhumer certains systèmes sous leur forme initiale en les nettoyant et les purifiant de toute forme de corruption. De toute façon, pour nous, la carte n’est pas le territoire et ce qui nous parvient du passé ne saurait être que fragmentaire, à la façon des ossements pour un Cuvier permettant de reconstituer tout un squelette. Prenons notre propre patronyme, Halbronn. Si l’on veut en retrouver l’origine, il importe de savoir que la forme « hal » est une déformation de « heil » (le salut, le shalom que l’on retrouve dans le Heil Hitler). Si l’on s’en tient à la forme « hal », l’on risque de lire « halb », qui signifie la moitié. Or, c’est bien « bronn » la source qui est ici concernée, Heilbronn étant une ville thermale, c’est-à-dire une fontaine qui guérit, qui sauve.(cf. le palais de Shonbrünn à Vienne).

Selon nous, notre époque fait l’impasse sur deux questions essentielles, l’une qui concerne le temps , un mépris évident pour toute forme de cyclologie qui ne serait pas dictée, décrétée par elle, ce qui relève de la Surconscience et non de la Subconscience et l’autre qui concerne l’espace, un refus d’engager sérieusement des travaux sur la différence entre les hommes et les femmes, par-delà des considérations purement sémantiques : le « masculin », le « féminin » ou anatomiques : le sexe stricto sensu. On pourrait parler d’un syndrome « sexe-cycle » à partir duquel nous constituons une discipline qui a pour nom sexo-cyclologie laquelle relève à l’ évidence de la Subconscience, d’une certaine instinctivité. On dira que nous assistons ici à un double déni épistémologique : l’ on nie qu’il puisse exister une science de la cyclicité des fonctionnalités sociales et l’on nie que l’étude de ce qui distingue les fonctions sociales des hommes et des femmes puisse faire l’objet d’une démarche proprement scientifique, d’où la marginalisation de ces deux champs de recherche et leur maintien au niveau de quelques lieux communs que l’on ressort de temps à autre mais surtout pour en faire apparaître l’inanité et la vanité.

Au fond, la sexo-cyclologie suit la même démarche épistémologique que la Nouvelle Histoire, dans l’Entre Deux Guerres, autour d’un Marc Bloch et de la revue des Annales. De même que les « nouveaux historiens » avaient pris conscience de la nécessité d’associer leur discipline à d’autres telles que la démographie, la météorologie, la géographie, nous dirons que les « nouveaux astrologues » ont compris que leur discipline devait s’allier à la sexologie, si sous ce terme, l’on peut désigner les études de genre. D’aucuns nous diront que ce n’est plus de l’astrologie comme d’autres ont pu déclarer que la Nouvelle Histoire n’était plus stricto sensu de l’Histoire.

Une certaine schizophrénie conduit notre époque à traiter constamment du « bas de gamme » et du « haut de gamme » quand il s’agit de produits , d’objets, mais à ne pas s’y résoudre quand il s’agit des activités humaines. Or, force est de constater que c’est là un clivage majeur au regard de l’organisation sociale, ce qui peut se traduire par l’opposition entre excellence et médiocrité, entre services répétitifs et routiniers et œuvres créatrices et innovatrices.

On pourrait également distinguer- ce qui revient quelque peu au même, production interne et production externe. l’une faisant appel aux ressources organiques, produites par le sujet lui-même et l’autre recourant à des ressources appartenant à l’environnement –avec toutes les implications écologiques qui s’en suivent. Il apparaît que les secondes sont les plus prisées au regard de l’Histoire de l’humanité, le héros étant celui – dans tous les domaines – qui puise sa force en lui-même et non en tel ou tel instrument fabriqué, forgé. La question qui se pose est de savoir si un tel clivage recouvre peu ou prou celui de la sexuation. Les femmes sont finalement parvenues à investir le champ de la production externe mais sont souvent restées en marge du champ de la production interne. Il ne semble pas que Marx ait traité de ces deux types de production et se soit surtout axé sur la production externe, il signale d’ailleurs dans le Manifeste du Parti Communiste l’entrée en masse des femmes dans la production par le biais des machines, et il exprime des craintes à ce sujet, ne percevant pas qu’un tel investissement de la part des femmes pouvait libérer les hommes et leur permettre de se consacrer à la production interne, que l’on associe parfois à la civilisation des loisirs.

Quand nous parlons de dualité, cela ne signifie pas que la dualité soit une fin en soi, elle n’est bien souvent que l’incapacité à maintenir les choses en l’état, ce qui conduit à une détérioration, un pis-aller. Autrement dit, s’il est possible d’éviter une rupture dans la continuité, dans l’alimentation d’un processus, cela nous semble préférable idéalement. Selon nous, la dualité est le plus souvent une synergie et aucune synergie n’est indispensable sur le plan systémique, c’est un arrangement, le résultat d’une opportunité (l’occasion fait le larron). On distinguera ainsi complémentarité structurelle, inhérente, nécessaire – en quelque sorte ontologiquement, à un système, et complémentarité conjoncturelle, de rencontre, laquelle peut n’avoir qu’un temps, jusqu’à ce les conditions qui ont présidé à l’établissement d’un certain lien aient changé.

En revanche, loin de nous une pensée unitaire, unidimensionnelle comme semble y conduire ce qu’on appelle la philosophie qui se complaît dans l’abstraction et qui se voit ainsi récupérée par tout ce qui se trouve objectivement dans la différence et qui entend nier l’évidence, par le biais du langage. . Nous pensons qu’il existe des mondes séparés qui peuvent certes se rencontrer, se croiser mais qui n’ont rien à gagner à se mêler, à se confondre. Nous prônons une épistémologie de l’évidence, c’’est à dire que selon nous un groupe suffisamment homogène parvient aisément à une certaine unanimité alors qu’un groupe hétérogène ne peut s’entendre sur un consensus que de façon artificielle, par la voix d’un vote majoritaire. Prenons un exemple : imaginons que dans un groupe, il y ait un daltonien, sa présence empêchera le groupe de parvenir à l’évidence de la présence de telle ou telle couleur concernant tel ou tel objet. Les éléments atypiques d’un groupe sont souvent instrumentalisés pour développer une forme de déni de l’évidence, en mettant en exergue quelque exception. Cette épistémologie de l’évidence est essentielle pour les sciences humaines, elle passe notamment par l’acceptation du regard de l’autre sur un groupe, seul capable d’en percevoir les constantes alors que le membre du dit groupe sera avant tout concerné par ce qui le différencie des autres membres du groupe au point de basculer dans un déni sinon d’appartenance du moins de similitude.

. Le type de leader qui nous intéresse ici est celui qui, à certains moments de sa carrière se retrouve polariser l’énergie de toute une communauté –qu’elle soit religieuse, artistique, scientifique, ethnique etc. – On a là un phénomène spectaculaire du fait de la convergence d’éléments divers appartenant à un même ensemble vers un même pôle, un même lieu, un seul et même personnage, même si cela ne dure qu’un temps limité mais qui restera mémorable, « historique ». En ce sens, le chef est bien l’émanation du ‘peuple », en prenant le terme dans ses acceptions les plus larges comme lorsque l’on parle du « peuple de gauche », et cela recouvre toute forme de « communauté » étant entendu que le chef peut manifester ipso facto l’existence de telle ou telle communauté qui pouvait se demander si elle pouvait être considérée comme telle, qui n’en avait pas nécessairement conscience. Il est des moments privilégiés, où toute une population ressent le besoin d’ouvrir et de s’ouvrir à une nouvelle ère et le chef est porté par un tel élan collectif. En fait, ce n’est pas tant le leader qui capte les signaux cosmiques que le « public », en tant qu’ensemble alors que le leader ne fait que répondre à une attente, à une demande qui est dirigée vers lui , selon un consensus qui est fonction de divers paramétrés, liés à l’histoire, à l’image de celui-ci..

Le judaïsme régule très précisément le temps de la rencontre sexuelle mais cela vaut selon nous à une échelle plus large. Les mondes ne sont pas faits pour se mélanger mais bien pour vivre séparément avec des moments brefs d’interconnexion. La quête d’homogénéité est une condition nécessaire pour accomplir un travail valable et toute mixité rencontre très vite ses limites et c’est pourquoi elle ne peut être que de courte durée. De même un texte n’est compréhensible pour notre cerveau que s’il est cohérent et ne consiste pas en un ensemble inconsistant de données dont on ne capte pas l’axe central en raison d’éléments intrusifs qui en faussent la perception d’ensemble. On aura compris que les Dix Commandements – dont on peut réduire le nombre- concernent des valeurs masculine et s’adressent à des hommes, d’où la mention des femmes (lesquelles font partie de l’environnement de l’homme, comme le montre notre lecture du tétramorphe). Ces interdits prennent le contre-pied en vérité des valeurs propres aux femmes et qui se veulent des compléments, des suppléments, des ajouts. Il vient un moment où la femme doit néanmoins se vider pour pouvoir recevoir et donc émettre de nouveaux messages délivrés par les hommes. Il revient à chaque monde de donner le meilleur de lui-même.

Le commandements « tu ne voleras point » est notamment tout à fait incompatible avec le fonctionnement des femmes,  qui passent leur temps à s’approprier et à prendre possession, sans état d’âme du bien d’autrui. En revanche, pour les hommes, le fait de recourir à des apports extérieurs ne peut que les perturber dans leur épanouissement et se révéler donc contre-productif . L’interdit sur le « vol » doit être compris bien au-delà du seul vol matériel mais vise tout comportement consistant à récupérer ce qui appartient à autrui, quand bien même l’aurait-il cédé ou abandonné.

L’enjeu pour les femmes n’est pas l’originalité mais la diffusion, la multiplication, bref le nombre et c’est pour cette raison qu’une histoire axée sur les « grands personnages » ne saurait les avantager. A contrario, la « Nouvelle Histoire » semble bien s’inscrire dans une vision plus féminine sinon féministe en ce qu’elle privilégierait le quantitatif (la statistique) sur le qualitatif si ce n’est que statistiquement, la présence des hommes s’avère déterminante et constante au prisme de la mémoire collective, et les femmes semblent bien démunies quand on leur demande de signaler des noms de femmes pour ce qui est de l’Histoire de la musique, de la philosophie ou du cinéma et encore quand certains noms sont donnés, ce sont toujours les mêmes, ce qui montre qu’elles n’ont guère l’embarras du choix, entre George Sand et Marie Curie.

On développe ici une nouvelle sociologie de l’espace-temps qui permet de mettre en évidence certains dysfonctionnements, ce qui conduit à perpétuer des modèles obsolètes qui auraient dû disparaître ou de rendre ingérables et insoutenables des modèles ne valant que pour une culture circonscrite à une société donnée et n’ayant pas vocation à être considérés comme universels. On retrouve ainsi le processus de fascination qui conduit une société à importer, à imiter, un modèle qui lui est étranger ce qui la conduit à abandonner le modèle qui lui est propre.

Cela dit, nous mettons en garde contre toute tentation de « modernité » qui trahit un manque intérieur. Mais nous ne saurions généraliser nos valeurs, ce qui est bon notamment pour tel groupe de personnes ne l’est pas nécessairement pour un autre groupe. L’expression « nous ne sommes pas du même monde » nous semble assez lucide et il est temps de déterminer par rapport à telle ou telle injonction d’où elle émane et à qui elle s’adresse. Avec l’écriture, on finit par ne plus savoir qui parle et à qui un texte- comme celui des Dix Commandements- s’adresse.

En tout état de cause, passer du registre des signes à leur transcription génère une forme de cristallisation. Et comme dans le jeu des cadavres exquis, le sens premier tend à disparaître lorsque l’écrit à son tour est « parlé » et ainsi recouvert d’affect. L’écrit marque la frontière entre le monde hors de la caverne qui passe par la visualisation de signes et le monde enfermé dans la caverne qui passe par la prononciation des écrits. L’écrit est l’interface entre le monde des signes (masculin) et celui des sons. (féminin). Il est l’expression la plus achevée du génie humain/ Le cadre de la consultation psychanalytique avec le patient qui parle et ne voit pas le praticien qui se place derrière lui correspond parfaitement au monde de la caverne où la visibilité est réduite et où la parole est l’unique recours pour faire acte de présence. Autrement dit, Freud aurait été inspiré par sa clientèle féminine.

Le texte écrit se prête à bien des contresens :et notamment en ce qui concerne sa provenance et sa destination : quel en est l’auteur, à qui s’adresse-t-il, qui représente-t-il ? Il est tentant pour un groupe de se l’approprier en profitant de l’imprécision de l’écrit qui ne dit pas qui est ce « je », ce « nous », ce ‘vous » dont il s’agit. A contrario, le verbe dans son oralité laisse moins de latitude d’interprétation, car le je désigne celui qui parle, le « vous » ou le « nous », son auditoire. A condition de ne pas prendre au sérieux celui qui lit un texte à voix haute, car cela nous renvoie au plan de l’écrit et de ses ambiguïtés : qui a écrit ce qui est « parlé » , qui a composé ce qui est « joué » ? Quand il ne reste que le texte écrit, il importe, méthodologiquement, de saisir dans quel esprit le dit texte a pu être rédigé, d’en déterminer la ligne générale de façon à en appréhender les valeurs sous-jacentes de façon à pouvoir relier le document à un groupe donné ou en tout cas à montrer à quel point il semble étranger à tel groupe. Pour nous, en effet, ce n’est pas tant l’auteur qui compte que le groupe auquel il appartient et dont l’auteur est le porte-parole. Parfois, un texte pourra sembler hétérogène et d’aucuns s’en féliciteront car cela brouille les pistes et ne permet pas d’en identifier la source. C’est pourquoi il importe de nettoyer le texte de ses impuretés, de ses ajouts, des extrapolations qu’il a pu subir.

Le mythe de la Caverne peut se décliner au fil des saisons et du cycle circadien. Il est plus approprié de résider dans la caverne l’hiver et de nuit et d’en sortir l’Été et lorsque le jour se lève, ce qui n’est pas sans faire songer au phénomène des vampires et aux Mille et Une Nuits qui s’interrompent à la fin de la nuit. Quant au Shabbat, il apparaît comme un monde de la caverne, en ce qu’il débute au coucher du Soleil. Nous verrons qu’au niveau psychologique, les personnes marquées par la caverne ne rêvent que d’en sortir et que celles qui vivent au dehors, en plein air, sont tentées de venir s’y enfermer, ce qui s’apparente pour l’homme à la pénétration sexuelle, le vagin apparaissant alors comme une caverne.

En tant qu’historien des textes, force est de constater la frilosité des chercheurs quand il s’agit de tenter de rétablir la genèse d’une œuvre à partir des éléments qui nous sont parvenus, qu’elle appartienne à l’Antiquité ou à la Renaissance. On passe alors d’une approche critique à une démarche apologétique consistant à justifier un certain statu quo et à en nier les incohérences et les invraisemblances. Cela vaut aussi bien pour l’histoire des langues quand il s’agit de remonter à un état plus systémique que celui qui nous est actuellement accessible.  Nous partons du principe selon lequel les sociétés humaines étaient mues par une certaine exigence de symétrie, de structure et qu’il nous incombe de la restituer voire de la réactiver au regard sinon de la Subconscience du moins de la Surconscience, cette dernière étant tributaire de la première.

Nous résumerons ainsi notre « Discours de la Méthode ». Nous pensons que nous en sommes tout à fait en droit d’attendre d’un système qu’il ait été-du moins lors de sa mise en place- marqué par un souci marqué de cohérence qu’il nous revient de restituer. Nous pensons que les groupes sont eux aussi articulés sur une quête d’homogénéité et qu’il est légitime d’y rechercher des dénominateurs communs assez nets. Mais pour parvenir à ces objectifs, il convient d’une part de détecter des facteurs allogènes, des emprunts, des mimétismes qui font obstacle à leur perception et de l’autre de signaler des manques, des déperditions, des suppressions. L’adage : l’exception confirme la règle nous semble tout à fait adéquat.

Nous pourrions définir notre démarche comme antithétique, en ce sens que ce qui nous intéresse, c’est la deuxième étape bien plus que la première (thèse) et la troisième (synthèse). Le génie humain se situe dans la deuxième étape, celle qui génère des structures, des systèmes et non dans la première qui est chaotique ou du moins perçue comme telle ni dans la troisième qui est marquée par l’entropie, la dégradation, la corruption. Mais ce que l’on appelle Culture nous apparaît en fait comme la dégradation de la Structure et donc le retour au chaos initial. Au nom de la Culture, l’on se permet de renoncer à l’investigation structurelle. Ce stade est à rapprocher de la Voie ou du Sentier du Milieu des bouddhistes, avec ses 8 « négations ». (Les Dix Commandements, eux aussi, sont négatifs). En ce qui concerne les topiques freudiennes, le Surmoi nous apparaît comme antithétique, comme s’opposant à la fois au « ça » et au « moi », au ça parce qu’il s’agit là d’une donnée première à dépasser et le moi parce qu’il n’est jamais qu’une valeur ajoutée individuelle (individuation) à une structure collective déterminante. Sur le plan sexuel, le stade antithétique ou structurel correspondrait à l’érection, laquelle fait suite au pénis au repos, d’une part et laissant la place, après l’éjaculation, au phallus relâché. La thèse est l’état sauvage (de sylva, la forêt) alors que l’antithèse est la technique qui domine la « Nature » (thèse), la synthèse étant le « bouillon de culture » qui dilue et corrompt la structure, en une infinité de formes.

Notre propos est de rétablir, et ce dans les champs les plus divers, les projets, les plans par-delà le terrain préexistant à l’établissement de structures et en amont du démantèlement, du brouillage des dites structures (cf. nos Mathématiques Divinatoires. Préface de Jean-Charles Pïchon, Paris, Ed Trédaniel, 1983). L’Humanité aurait ainsi substitué son ordre propre à celui de la Nature, édifiant ainsi autant de murailles, de barrages contre la dite Nature, ce qui aura présidé à l’élaboration de diverses lois . Et l’on peut se demander si la Science n’aura pas emboîté le pas à une telle entreprise à caractère pythagoricien plutôt qu’elle ne l’aurait précédé. Ce seraient ainsi les sciences dites dures qui auraient imité les sciences sociales pour ensuite inverser les rapports de force et affirmer leur prédominance, le mot cosmos signifiant ordre en grec.

On abordera également le processus d’insignifiance qui consiste à ôter à un texte sa signification première. Un bon exemple est celui des centuries de Nostradamus qui correspondent au passage d’un texte « scientifique » en prose à une série de quatrains que l’on peut interpréter à sa guise. Cet état d’insignifiance favorise l’instrumentalisation d’un objet, d’un discours, d’une personne en réduisant le signifié au signifiant qui le véhicule. N’oublions pas en effet que le signifiant saussurien est en fait « insignifiant » au sens où il peut tout signifier, c’est à dire n’importe quoi. Le participe présent fait du signifiant l’équivalent de l’insignifiant. De même, quand on isole un texte de son contexte, introduit-on de l’insignifiance, ce qui permet à chacun de se l’approprier. On dira aussi d’un travail qu’il est insignifiant dès lors qu’il s’agit d’une tâche que chacun humain, de par ses aptitudes les plus minimales (ex. taylorisme) est supposé pouvoir accomplir comme par exemple rester debout devant une porte.

La question qui se pose touche à notre faculté de comprendre ce qui est dit sans y plaquer notre propre discours visant d’ailleurs à masquer notre échec. Accéder au contenu véritable d’un message conduit d’ailleurs à signaler son état de corruption, c’est à dire le passage du stade structurel au stade post-structurel. Or, pour nous , il ne s’agit d’en rester au stade « synthétique », le troisième, ni de remonter au stade premier de la thèse, ce qui signifie que l’on se place trop en aval ou au contraire trop en amont, mais bien d’accéder au stade structurel ou ce qu’il en reste et de le rétablir dans sa pureté première.

Il convient de dédiaboliser le communautarisme en soulignant notamment que toute personne relève de plusieurs groupes, dans une même journée, a plusieurs casquettes. On ne peut pas raisonnablement exiger des gens que nous rencontrons en diverses occasions de nous connaître sous tous les angles. Le rapport à autrui est forcément réducteur. Quand on va faire ses courses dans un magasin, on a le statut de client, quelles que soient nos autres positions par ailleurs. Faciliter le communautarisme, c’est paradoxalement renforcer la puissance de l’État. Plus il y a de diversité au sein d’un ensemble, et plus il est nécessaire qu’il existe une autorité de régulation et de médiation mais aussi plus les frontières de l’ensemble ainsi considéré seront extensibles du fait que les conditions nécessaires pour y appartenir seront accessibles. A contrario, plus un Etat se montrera sourcilleux envers les entités dont il a la charge et plus il limitera ses capacités d’expansion. Les empires sont des structures ayant de puissantes facultés d’absorption du fait même de la disparité (ce qui n’est pas « pair « ) de ses populations. La crise des empires aura caractérisé le XXe siècle entre 1918 et 1989, avec l’effondrement de l’empire ottoman, de l’empire austro-hongrois jusqu’au démantèlement de l’empire soviétique en passant par celui des empires coloniaux. Un État qui n’assume pas une certaine dose de communautarisme, de régionalisme, de laïcité, n’est pas en mesure de s’étendre : le cas israélien , au lendemain de la guerre victorieuse dite des Six Jours (référence au récit de la Création) peut en témoigner, du fait de l’incapacité de l’État « hébreu » à assimiler ses conquêtes et ses annexions, du fait d’une certaine idée d’un « État Juif », fait pour les seuls Juifs alors qu’il s’agissait d’un État qui accueillerait les Juifs du monde entier sans que cela le dispense d’intégrer harmonieusement les populations locales. Le cas de la francophonie est symptomatique. Il importe que la notion de « francité » soit appréhendée très largement avec toutes les modulations possibles, ce qui éviterait que l’on distingue abusivement les espaces francophones français et ceux qui ne le seraient pas. Il revient à la France d’assumer une telle diversité dans le cadre même de son « État », ce qui lui permettrait de revendiquer en son sein, la présence massive de mots français, en anglais, par exemple, au sein même de la francophonie, dès lors que l’expression est décrite de façon ouverte. On peut admettre qu’une communauté dépende de plusieurs ensembles, les frontières géographiques étant relatives. La communauté musulmane en France dépendrait ainsi à la fois de l’État français et du monde arabo-islamique, ce qui touche à la question de la « double nationalité » qui ne devrait pas faire problème. On ajoutera qu’une société qui s’articule sur le communautarisme préserve de ce fait l’intégrité de chacun de ses membres. En effet, l’individu n’est plus laissé à lui-même, à la merci de la diversité des rapports de force de personne à personne. La notion de minorité se présente alors tout autrement : au sein d’une société donnée, les valeurs de chaque communauté devant être respectées, même si certaines communautés comportent plus de membres que d’autres. Encore une fois, la devise Liberté, égalité, fraternité ne saurait s’entendre que dans un rapport de communauté à communauté et non au niveau des individus citoyens . Selon nous, c’est dans cette optique que la devise doit être comprise et qu’elle prend tout son sens, ce qui s’inscrit d’ailleurs dans une certaine idée de la laïcité qui est bien clairement, cette fois, en prise sur la diversité des groupes englobés au sein d’une société donnée. Autrement dit, la dite devise aura été vidée de sa véritable portée et l’on s’aperçoit de nos jours qu’elle ne fait pas sens à l’échelle individuelle ; Que signifie par exemple que la liberté trouve ses limites chez autrui, il est clair que cela ne s’entend que dans un rapport de groupe à groupe, de communauté à communauté.

En vérité, comment savoir qui est ou n’est pas élu et n’y a-t-il pas des imposteurs pour s’arroger un tel titre ? Nous confronterons notamment deux populations, les Juifs et les femmes qui seraient, selon nos critères, candidats à ce statut. Cela nous conduira bien entendu à traiter de l’identité de l’électeur, de ce « Dieu » (singulier ou pluriel), de ses motivations. On nous laisse entendre, dans le récit de la Genése, que le dit Dieu aurait pu changer d’avis, de plan et donc d’alliance, thème récurrent puisqu’il sera réactivé par le christianisme autour de l’idée d’un Ancien et d’un Nouveau Testaments. Mais les Hébreux eux-mêmes n’ont-ils pas eux mêmes instrumentalisé l’argument de « nouvelle alliance » quand leur « livre » met en scéne un Dieu s’adressant à Abraham pour lui « annoncer » (annonciation) qu’il sera le père (Av) d’un grand peuple ?. Il nous semble qu’un tel débat ne saurait se limiter à des « déclarations » mais s’ancrer autour d’observations.

Un autre obstacle épistémologique tient , selon nous, au fait que l’on tend volontiers à poser l’individu face au collectif. On prend souvent prétexte des insuffisances des descriptions générales pour basculer -de Charybde en Scylla- vers l’empirisme du cas par cas, ce qui profite à toutes les professions de type psy et parapsy. En fait, la voie du juste milieu voudrait que l’on améliorât la qualité des descriptions globales en les affinant et en les dialectisant et dans ce cas, les dites descriptions se révéleraient mieux capables de servir au niveau individuel. On soulignera le fait que l’amélioration des descriptifs typologiques permet d’intégrer des éléments que l’on pouvait juger aléatoires et conjoncturelles comme relevant bel et bien de la structure même du système considéré et inversement, ce qui semblait établi structurellement peut se révéler obsolète et n’ayant valu que dans un contexte spatio-temporel limité

Il nous apparait que beaucoup d’activités relèvent du remplissage, il s’agit de faire du volume, de meubler le temps, sans trop se soucier du contenu, cela vaut pour les centuries de Nostradamus tout autant que pour l’illustration de vitraux. Mais par-delà une telle instrumentalisation des données les plus diverses, l’on peut chercher à dégager un contenu intrinsèque, souvent pouvant se réduire à un message très simple pouvant tenir en une formule ou en un croquis. Il y a alors un basculement à l’œuvre qui implique un passage de la projection vers l’observation, de l’approche subjective vers une démarche objective. Une tension existe entre ces processus qui se retrouve dans la problématique de la caverne, entre ceux-confinés dans celle-ci qui imaginent le monde –alors même qu’ils n’accèdent pas à son image, tout comme une représentation se substitue à une véritable présence- et ceux qui, se plaçant à l’extérieur de la dite caverne, prennent connaissance directement du monde, en captent t une « évidence » (ce qui se voit) ; on retrouve là peu ou prou la dialectique entre Art et Science.

Nous dirons qu’il y a un temps pour observer des phénomènes et de les signaler à autrui, un temps pour en indiquer la fréquence, la cadence et un temps pour relier le modèle ainsi produit à d’autres modèles offrant le même profil, comme l’avait bien compris la Nouvelle Histoire. C’est à ce troisième temps que correspond une mise en corrélation du monde d’en haut et du monde d’en bas, selon la formule de la Table d’Émeraude, et cela passe nécessairement, en tout cas, par un changement de plan.

Il importera de distinguer entre causalité et corrélation. Le fait de pouvoir rapprocher deux facteurs, selon une certaine synchronicité, ne signifie pas qu’il existe un lien direct entre les deux. Entre le facteur A et le facteur B, la voie que l’on a pu relever peut n’être qu’une voie parmi d’autres. Autrement dit, le facteur A ne donnera pas systématiquement –à tous les coups – le facteur B. Il est utile de restituer l’ensemble des chainons intermédiaires de façon à déterminer les niveaux de probabilité de l’arborescence, en évitant les raccourcis. C’est ainsi que l’intention de Hitler de débarasser les Juiifs de l’Allemagne ne devait pas obligatoirement déboucher sur leur extermination mais aurait pu prendre d’autres formes dont on sait qu’elles furent envisagées. (cf l’ouvrage de Marrus et Paxton, sur Vichy et les Juifs, nouvelle édition Calmann Lévy 2015)

 

A coup sûr, la Subconscience « libére  -t-elle l’homme de maints fardeaux, en multipliant automatismes et automates.. Se pose un probléme d’ancienneté et dans ce domaine tout est relatif. Il y a ancien et plus ancien encore.

Nous vivons dans le temps de la Surconscience. C’est le temps de l’apprenti-sorcier qui entend remettre en question l’ordre ancien du monde, le remodeler pour en recouvrir les structures voire à terme à en nier jusqu’à l’existence et paradoxalement, ce sont les femmes lesquelles pourtant correspondent à un état fort ancien de l’Humanité qui affirment le plus fortement leur croyance dans un futur qui s’émanciperait du passé, ce qui peut d’ailleurs passer tout simplement par le déni du dit passé. Mais les hommes n’appartiennent-ils pas à un monde encore plus ancien que celui des femmes, un monde antérieur à l’invasion bio-technologique dont les femmes sont le résultat.

Il est vrai que ce qui est de l’ordre de la Subconscience tend à nous échapper, serait transcendantal alors que ce qui relève de la Surconscience serait de l’ordre de l’immanence, de ce que nous comprenons, concevons. En ce sens, la Subconscience appartiendrait à la Nature, mais à une Nature humaine très ancienne alors que la Surconscience serait assimilable à la Culture et à ses modes et modernités successives. On retrouve ici peu ou prou les enjeux de la Querelle des Anciens et des Modernes.

Il est clair que la façon dont notre appareil digestif fonctionne ne saurait être assimilée à la façon dont fonctionne un appareil électrique. Mais dans les deux cas, ces « appareils » nous épargnent une suractivité de la conscience. On connait cette plaisanterie consistant à dire que l’on ne risque pas d’oublier sa tête alors que l’on peut oublier un instrument, se le faire voler, le perdre ou encore négliger de le brancher. Ce qui n’est pas le cas de la Subconscience du premier type. On dira aussi que dans le stade intermédiaire dont il vient d’être question, il y a aussi un risque de défection de la part du partenaire.

Bref, la Surconscience a vocation à libérer Adam de diverses contraintes, de certaines responsabilités non plus du fait d’une croissance interne mais de celui d’une croissance externe/

Le temps n’est plus dès lors aux alliances entre des mondes différents mais à une véritable intégration, une unification. On a dit que les perspectives de fin du monde conduisaient à prophétiser la fin, le dépassement des clivages. C’est ainsi qu’il convient de comprendre un certain discours dans la sphère du religieux, ce qui est le propre du monothéisme.

Nous n’avons plus affaire qu’à des gens qui se situent dans une autre dimension, un autre espace-temps et qui récitent par cœur– ou tout simplement relisent, ce qui est désormais la règle – machinalement ce qu’ils ont appris, comme s’ils s’adressaient à un mur. On répète, nous dit-on, jusqu’à ce que le jeu devienne « naturel » mais ce n’est là qu’un subterfuge pour faire croire à la fraicheur de l’improvisation. Pour les machines, tous les éléments d’un même ensemble sont censés être strictement identiques : on en a vu un, on les a tous vus. Il ne peut pas y avoir d’exception ni de probabilité. Donc, si je pose une loi et que cette loi souffre des exceptions, la loi ne serait plus valable. Ce serait là ne pas tenir compte de toutes sortes d’interférences possibles, à commencer par des critères de temps qui font qu’à partir de telle époque, certains facteurs ne permettent plus la même lisibilité, notamment dans le domaine psychosociologique.

On a clamé urbi et orbi que « Dieu est mort » et à présent on nous déclare « l’homme est mort », au sens de l’homme (vir) comme supérieur à la femme. Un jour, les machines crieront que l’Humanité est morte. Chaque fois, on est dans le déni.

Tout créateur semble devoir être condamné, tôt ou tard, au déni de la part de sa créature, de sa création. On sait l’importance du reniement dans l’Evangile. La tentation est celle de l’ingratitude, on refuse de reconnaitre les dettes que l’on a contractées. L’effacement des dettes a souvent été un enjeu- par exemple en ce qui concerne littéralement les prêts auprès d’usuriers juifs.

Le déni des hommes à l’égard des dieux s’appelle athéisme. Le déni des femmes à l’égard des hommes s’appelle féminisme, et on pourrait parler d’un ananthropisme (sur le modèle de l’athéisme) ou mieux encore d’un antihumanisme . Un jour, les machines basculeront à leur tour dans le déni, au nom du « machinisme ». Un tel refus du masculin pourrait être qualifié de « castrateur » et impliquer une forme de frigidité plus ou moins délibérée envers ce qui émane des hommes sur le plan psychique sinon sur le plan physique. Ce mode castrateur est notamment manifeste quand on assiste à une volonté systématique de décourager toute approche théorique recouvrant un grand nombre de cas. D’aucuns voudraient que nous ne puissions rien dire du passé et c’est ce qui souvent se cache derrière les reproches de misogynie ou d’antisémitisme. Nous proposerons de qualifier ceux qui sont dans le déni systématique d’un passé qui pourrait perdurer, de « dénimenteurs». Car la cyclicité n’est pas le déni du passé, comme on pourrait le croire mais de ce qui aura sali ce passé. On ne jette pas le bébé avec l’eau du bain !

On entend encore de nos jours que les hommes jalouseraient les femmes parce qu’ils ne peuvent conduire l’enfantement jusqu’à son terme mais seulement l’initier. Il convient de faire justice d’un tel argument inlassablement ressassé! Peut-on être à la fois au four et au moulin ? Il reste que la femme porte en elle le « secret » de la gestion du fœtus, un secret qui relève de la Subconscience et qui agit à son corps défendant.

L’architecte serait dans ce cas jaloux du maçon qui mène à bien la réalisation des plans qu’il aura tracés. Le peuple sera envieux des députés qu’il aura élus, auxquels il aura confié son destin ; le dramaturge supporterait mal de voir les comédiens jouer son œuvre. Il est vrai que l’acte même de déléguer fait psychologiquement problème –il correspond à un stade de déchargement et donc de libération qui met fin au temps de l’androgynat. Or, le passage de l’un au multiple est nécessaire dans le temps comme dans l’espace. Celui qui meurt sera jaloux de ceux qui lui survivent. Il faut souligner qu’une femme seule ne fait pas sens et que l’on ne peut parler de la femme qu’au pluriel quant à son rôle social.

On peut penser que si l’homme a des bras, c’est parce qu’il ne s’est pas servi d’un instrument pour saisir les choses. Il aura forgé ses propres outils lesquels il aura transmis génétiquement sans passer par la Surconscience. Mais vient le temps des alliances, c’est-à-dire le temps où cette évolution première se tarit, s’essouffle et l’homme adamique s’expose alors à des abus de faiblesse car toute alliance est, à nos yeux, ambiguë en ce qu’elle implique de persuader l’autre qu’il a besoin de nous. Il y a celui qui se décharge- qui lâche prise- et celui qui se charge et tend à s’approprier ce qui lui est confié. . Par « anthropocentrisme », nous entendons ici l’alliance avec d’autres forces que l’on entend mettre à son service, ce qui implique une certaine forme d’hégémonisme encore que l’on puisse se demander qui domine qui ou qui se laisse dominer.

Il est un adage bien connu : « le cheval est la plus belle conquête de l’homme », qui nous place au cœur de la problématique de l’alliance et que l’on a trop souvent tendance à oublier ou à refouler. A l’instar du mimétisme, la politique d’alliance contribue sensiblement à complexifier, à brouiller, notre perception, notre représentation du monde.

Qui dit alliance, dit obligation, lien et cela fait ipso facto intervenir le juridique, le religieux, tout ce qui crée du lien. Ces alliances, ces pactes, se concluent avec des partenaires dotés d’une certaine mobilité, ce qui exclue les végétaux mais non les minéraux, si l’on considère le cas des astres. C’est d’ailleurs cette capacité à se mouvoir qui justifie ces alliances que recherche l’humanité en un premier stade, laquelle-on l’aura compris-ne comporte pas les femmes lesquelles correspondent à une autre humanité ayant eu son propre développement, sa propre évolution.

Il est à noter que les religions comportent une dimension juridique et c’est d’ailleurs sur ce point qu’une scission eut lieu, au sein du monde juif, entre ceux qui sacralisaient certaines lois et ceux qui considéraient qu’il s’agissait là de coutumes qui n’avaient rien d’indispensable pour le judaïsme, ce qui est d’ailleurs le point de vue de ceux qu’on appelle les Juifs « laïcs ». Cette catégorie de Juifs est tout à fait révélatrice d’une tension entre subconscience et surconscience. Les juifs dits Laïcs n’ajusteraient pas ces deux plans ou si l’on préfère ils seraient Juifs au regard de la Subconscience mais non de la Surconscience. En fait, nous parlerons d’une « conscience juive » -expression classique – pour indiquer ce sentiment diffus d’une différence que l’on ne parviendrait pas pour autant à s’expliquer.

Un Chrétien ou un Musulman auront dès lors quelque difficulté à comprendre ce que c’est ce que ce judaïsme séculier (comme on dit aux Etats Unis, secular judaism) dans la mesure où leur identité passe avant tout par la Surconscience. Mais ne peut-on en dire autant des femmes, elles aussi, prises entre Subconscience et Surconscience, en ce sens que domine un certain discours égalitaire, de l’ordre de la Surconscience alors même qu’elles vivent une autre expérience dans le champ de la Subconscience ? Il est vrai qu’il est plus facile de nier sa judéité que sa féminité. Il y a là quelque paradoxe : on nous dit que l’on ne peut savoir, d’entrée de jeu, qui est ou n’est pas juif et en même temps, il semble que l’on ne puisse guère échapper à cette condition. En vérité, de nos jours, il serait plus facile d’affirmer l’égalité des sexes, en dépit des évidences anatomiques que celle des « peuples » (races).

Pour le juif qui ne respecte pas le Shabbat, signe, depuis Moïse, de l’alliance entre son peuple et son dieu, sa conscience juive se situera sur un plan plus subtil, comme dirait Jankélévitch mais aussi passerait par le regard de l’autre qui sait qu’il est Juif, selon Sartre. On parle de retour (Teshouva) au judaïsme pour ces Juifs qui décident d’ ajuster un certain ressenti sur une pratique instituée, comme celle du Shabbat.

Même les Chrétiens ont préservé cette pause hebdomadaire même si celle-ci a été décalée et se nomme Dimanche, le jour du seigneur. Il nous semble assez ridicule de maintenir des interdits alimentaires anciens mais, comme nous le proposons par ailleurs, l’on peut se résoudre à en fixer de nouveaux. Il ne s’agit pas d’interdire mais bien de renouveler les interdits, de les actualiser consensuellement et jusqu’à nouvel ordre, autour d’un nouveau consensus. Or, le Shabbat n’est-il pas par excellence le lieu de la recherche d’un nouveau consensus, puisqu’il est l’occasion offerte de semaine en semaine d’échanger, de débattre, en tant qu’assemblée. En Israël, le mot synagogue se dit comme le mot Parlement : (Beyt) Knesset, rendu en latin par Ecclesia, Eglise, le mot même de synagogue- mot grec- signifiant le fait d’aller ensemble. Mais le Shabbat, c’est aussi un temps de repos, après six jours de travail. Cela crée une dualité de temps qui fait pendant à une dualité d’espace. Tout comme dans l’espace, il y a un lieu qui va s’occuper de ce dont on veut se décharger, il y a dans le temps, une période, une parenthèse, où l’on n’entend plus se soucier de ce qui nous a occupé.

Le Shabbat est le temps où l’éventail céleste se replie, du fait de la conjonction, de la nouvelle Lune avec son faible croissant. Saturne est l’astre du Shabbat, on le nomme Shabtai (c’est aussi le nom du faux messie Shabtai Zevi) dans les textes astrologiques hébraïques médiévaux- nous en avons traduit (Ed Retz, 1977) et il se conjoint tous les 7 ans avec l’un des 4 étoiles fixes royales, dont parle Ezéchiel avec sa vision du tétramorphe, formant ainsi ce que nous avons appelé le Triangle Sidéral, lequel pourrait correspondre à l’Etoile des Mages, mais rappelons que la naissance de Moïse avait déjà été annoncée d’où l’épisode de son adoption par une princesse égyptienne. (Exode). On comprend que le Shabbat, il faille se défaire de ce qui s’est accumulé au cours de la semaine. La majorité religieuse juive pour les garçons- la bar mitsva (à 13 ans)- se célèbre lors d’un Shabbat. On notera que la planète Saturne sera associée au peuple juif dans la littérature astrologique médiévale en raison de ses attributions néfastes. (cf. Raymond Klibansky, Erwin Panosky; Fritz Saxl, Saturne et la mélancolie Etudes historiques et philosophiques. Nature, religion, médecine et Art, Paris,Gallimard, 1989)

L’Humanité aura donc conclu un certain nombre de pactes avec un certain nombre d’ensembles. C’est ainsi que nous avons opté pour la thèse selon laquelle notre présente humanité résulterait d’une synergie entre plusieurs lignées d’humanoïdes qui se seraient amalgamées. Les différents objets que nous étudions ne sont pas censés réagir à nos propos les concernant. Deux exceptions : les Juifs et les femmes d’où les expressions d’antisémitisme et de misogynie qui en réalité leur servent de mode de défense. En fait, le malaise viendrait, selon nous, du décalage entre Subconscience et Surconscience, entre l’instinctif et l’éducatif. Les femmes fascinent les hommes et il n’est pas évident de comprendre pourquoi, sans remonter à de très anciens cultes. Mais en ce qui concerne les Juifs mais aussi les antisémites, il est clair que cela ne saurait s’expliquer au seul niveau d’’une culture surconsciente. On ne peut exclure que le e regard des non-juifs à l’endroit des Juifs ne contribue à leur faire prendre conscience d’une différence qui ne s’explique pas au vu de nos connaissances actuelles. Ce n’est point l’élégance vestimentaire des femmes qui les signale à l’attention des hommes, cela se situe sur un plan plus subtil. De même, ce n’est pas tel ou tel trait distinctif des Juifs – malgré diverses tentatives dans ce sens- qui les met à part. Quelque chose est capté les concernant qui échappe en fait à tout le monde et qui en même temps n’en est pas moins ressenti fortement.

Ces deux populations, – les Juifs et les femmes- entendent avoir un droit de regard sur ce qui est dit à leur sujet, ce qui constitue un obstacle épistémologique, conduit à une certaine forme de censure voire d’autocensure. D’un autre côté, nous rencontrerons également des obstacles à propos des astres et des dieux, en la personne de ceux qui prétendent parler en leur nom : on pense aux astronomes prompts à protester si l’on s’aventure sur leur chasse gardée et aux prêtres de diverses religions tout disposés à polémiquer autour de la question des dieux, et notamment sur la problématique du dieu unique.

Au vrai, toute alliance, tout alliage fait problème et est révélateur de faiblesses chez les deux partenaires. D’où vient ce sentiment de manque qui fait préférer faire appel à autrui plutôt qu’à rechercher des solutions en soi-même ? Par ailleurs, même quand un des partenaires n’a pas été demandeur, il n’en reste pas moins qu’il n’aura pas été en mesurer de l’éviter, de la neutraliser. On pense à ces mariages arrangés. Celui qui se laisse pirater par autrui montre ainsi sa vulnérabilité. Même les astres qui n’ont à l’évidence pas voulu que l’on se réfère à eux, n’en sont pas moins en quelque sorte compromis, en ce qu’ils n’auront pas su se défendre contre certaines intrusions, pas parvenus à faire entendre leur protestation, à moins que l’on ne considère qu’ils ne se soient exprimés par la bouche des astronomes. On pense aussi aux peuples qui auront subi une occupation, une colonisation et qui se sont ainsi retrouvés dans l’obligation de « collaborer ».

C’est au fond la notion même de couple qui fait problème. Qu’est-ce à dire, en vérité, que cette alliance entre un peuple et un dieu, est-ce que cela fait sens ? Mais est-ce que le problème n’est pas, en définitive, la solution ?

Selon nous, le couple tend à abolir les clivages, les différences. Aller vers un être appartenant à une autre dimension n’a rien d’évident et relèverait, en quelque sorte, de la trahison. Autrement dit – pour approfondir notre réflexion sur les causes de l’antijudaïsme, ne faut-il pas commencer par s’interroger sur le projet inouï d’une telle alliance contre-nature et qui serait perçue comme telle tant par le monde des dieux que par celui des hommes ?

Le Démos n’instrumentaliserait-il pas l’idée de couple si par là on entend une initiative qui entend créer du lien là où il n’y a pas à en avoir ? Et de fait, toutes les expériences de couple ne vont-elles pas justement dans le sens d’une transgression ? A contrario, tout rupture du couple ne signifierait-elle pas un retour à la normale, à commencer par la fin du couple homme-femme qui serait comparable à la remise en question du couple peuple-dieu ? Le couple a vocation à être transgressif et c’est ce qui lui donne du sens d’où la condamnation paradoxale des couples non transgressifs que forment les homosexuels. On touche là à la notion de NEXOS. Il n’y a aucun intérêt à rapprocher ce qui se ressemble et cela vaut on le verra, au niveau cyclique : le cycle formé par deux planètes n’est pas viable alors qu’il l’est quand il relie une planète et une étoile, ce qui peut être montré mathématiquement.

En fait, la notion de couple nous apparait comme un état médian entre le refus des clivages et leur respect. Il s’agit là d’un compromis, d’une exception. Un élément de l’ensemble A pourra se relier à un élément de l’ensemble B mais non pas tout l’ensemble A avec tout l’ensemble B. On a le cas classique des mariages princiers permettant un brassage entre Etats par le biais des alliances. Il en fut ainsi pour les mariages espagnols pour Louis XIII et Louis XIV au XVIIe siècle. Le Démos consiste à dire que l’exception ne confirme plus la règle mais constitue celle-ci. En ce sens, le Démos dénie le principe extraordinaire du couple et préférera à la limite que chaque ensemble soit fermé sur lui-même, remettant ipso facto en question l’exogamie ponctuelle pour en faire un principe universel. Le christianisme relèverait ainsi du Démos en ce qu’il entend refuser le caractère exclusif du rapport d’Israël à son propre dieu ou en affirmant que le dit dieu serait celui de tous.

La grande leçon du couple est qu’elle conduit à un respect de la différence. Or, force est de constater que la plupart des groupes, en dépit de ce qu’ils affirment, fonctionnent autour d’un modèle de pensée unique, en tout cas dominant.

Il peut être tentant de mettre fin à certaines alliances ou de remplacer certains partenaires par des machines qui seront plus dociles.

La question qui se pose est de savoir si le stade anthropocentrique relève de la Subconscience ou de la Surconscience. Bien des éléments semblent indiquer que ce stade nous laisse une certaine liberté de mouvement qui n’existait pas au stade précédent. On sait ce qu’il en est des rapports entre les hommes et « leurs » femmes comme ceux qui régissent ceux des hommes et de « leurs » dieux. Le fait que ces relations soient fortement régies par le Droit, la Loi, nous indique que nous échappons ici à la sphère de la Subconscience. En cela, nous distinguerons très nettement entre le rapport de hommes aux astres et celui qu’ils entretiennent avec l’au-delà, même si dans les deux cas le mot « Ciel » est utilisé. Le rapport aux astre, du moins -on l’aura compris, en ce qui concerne le cycle de 7 ans, qui s’inscrit dans la dynamique sabbatique- relève selon nous du stade androgynal alors que le rapport aux « dieux » s’inscrit dans le stade « anthropocentrique » et de ce fait est plus superficiel. On notera d’ailleurs, l’entreprise « mythologique » ayant consisté à associer les dieux à des astres. Quid justement de l’insistance dans le Pentateuque et dans la pratique qui en découle- bien des prières juives en sont des extraits, à commencer par le ‘Ecoute Israël », qui en est une sorte de compilation non à l’abri des redondances? Que le respect du Shabbat soit présenté comme le signe par excellence de l’alliance entre un dieu et « son » peuple, nous apparait comme ne pouvant se comprendre qu’au prisme du cycle de 7 ans.

L’Homme adamique -et cela passe par la loi (mariage, pacte)- a conclu des alliances avec deux populations que nous allons étudier ci-après : les femmes et les esprits. Et l’on peut éventuellement classer les hommes selon un tel critère: ceux qui comptent sur les femmes et ceux qui comptent sur les esprits, les uns étant considérés comme extravertis et les autres comme introvertis, dans la mesure où leur dépendance se situe sur un plan plus subtil.

Nous sommes tous des descendants, des héritiers tout comme nous sommes tous membres de communautés. C’est dire que notre dimension individuelle n’est qu’illusoire. Mais en même temps, c’est en nous même que nous captons et découvrons ce qui est inné en nous-encore que d’aucuns nient cet innéité – et ce que nous partageons dans le temps et dans l’espace avec une large population, mais nous n’entendons pas ici toute l’Humanité, ce qui serait bien trop vague et sans grand intérêt. Il nous faut précisément déterminer les liens qui nous unissent dans l’espace et dans le temps avec telle ou telle population afin de nous aider à identifier nos propres potentialités individuelles et le chemin qu’il nous est offert de parcourir tout au long de notre existence.

Il est plusieurs façons de réénchanter le monde : l’une consiste à rajouter des choses, l’autre à en enlever et instinctivement, nous pencherons vers l’une ou l’autre voie., non point tant du fait de notre éducation mais de façon plus viscérale, plus instinctive, plus compulsive. On peut enchanter le monde en brodant sur les descriptions du monde, en les enluminant tout comme on peut l’enchanter en le purifiant de ses scories et donc quelque part de ses ajouts. Deux logiques antagonistes s’affrontent, chacune tentant d’imposer ses « valeurs » intérieures en les faisant passer pour extérieures.

Réenchanter le monde ne saurait se limiter à restaurer les documents et les monuments du passé, les œuvres d’auteurs plus ou moins anciens, ce qui ressort du champ de ce que nous désignons sous le nom de Surconscience ; Il s’agit également et peut être avant toute chose de restituer des états bien plus anciens qui s’inscrivent dans notre patrimoine génétique et donc se relient à la Subconscience. Dans le cas de la cyclicité, les deux plans se conjuguent dans la mesure où le passage vers un nouveau cycle, implique en effet un certain nettoyage de ce qui avait pu s’accumuler avec le temps, en termes d’accidents, d’interactions mais aussi le retour aux fondamentaux de ce que nous appelons la Subconscience On n’est point dans ces deux cas dans une seule et même temporalité : dans un cas, il s’agit d’une historicité relativement récente alors que dans le second, on plonge dans un passé infiniment plus reculé mais aussi bien plus profondément ancré dans notre « Inconscient collectif »

L’idée de réforme a comme pendant celle de déformation, de difformité. Tôt ou tard, la forme tend à se déformer et il lui faudra à terme tenter de se régénérer, selon un processus cyclique. Toute chose, tout être sont condamnés à perdre leur forme, d’où le mythe de la fontaine de jouvence, de l’éternelle jeunesse. (cf. Dorian Gray d’Oscar Wilde). Le réformateur, stricto sensu, est le sauveur, celui qui effacera les atteintes du temps. On l’attend comme le Messie.

Or, la clef du processus de réforme est en quelque sorte cachée au sein de la « meule » astrologique à l’instar d’une aiguille. Il importe de connaitre à l’avance quels sont les temps de la réforme et de les accepter comme des moments certes éprouvants mais néanmoins nécessaires. Cette prise en compte devrait être inscrite dans la Constitution de la Ve République ou de tout autre Etat. Les sciences juridiques sans les repères cyclologiques sont condamnées à l’inanité, au dérisoire. Il faut parvenir r à un consensus autour du cycle de 7 ans en comprenant comment le cycle finit –avec le temps, par se brouiller, se détraquer, se défigurer bref se déformer du fait de la multiplicité des incidents, des accidents qui finissent, à la longue, par faire perdre conscience du processus originel. D’où la nécessité de réformateurs chargés de lui restituer sa forme d’origine, de le « reformater ». Encore faut-il repérer et prépare les réformateurs de demain car il s’agit d’oiseaux rares et il n’y en aura pas pour tout le monde. On sait que certaines grandes entreprises s’arrachent de tels personnages capables de les restructurer.

Il nous apparaît que le déni – est la condition actuelle de l’humanité à laquelle celle-ci serait condamnée. Il y aurait en fait un triptyque déni-fascination- double contrainte (double bind) qui correspondrait assez bien à l’image du serpent de la Genèse. Mais n’oublions pas que le génie de l’humanité est dans le déni, lequel correspond au stade antithétique, lequel nous fait prendre le contrepied du cours normal des choses pour tenter de lui substituer une nature réaménagée, à la façon des jardins à la française. Mais le déni n’est-il pas également la manifestation d’un certain génie que nous avons qualifié d’antithétique de l’Homme ? Tendance à prendre le contrepied des « faits », en se construisant contre une Nature jugée suspecte, bref à transgresser. Mais ce que nos ancêtres sont parvenus à faire, sommes-nous en mesure de le réussir de nos jours ? C’est là tout notre drame que de devoir reconnaitre que nous ne sommes pas à la hauteur de nos ancêtres. Prise de conscience de l’inanité de nos tentatives actuelles de déni. Les temps changent !

N’est-ce point-là la racine d’un certain antijudaïsme mais aussi selon nous d’un antihumanisme, terme à prendre au sens premier d’hostile à l’Homme (au sens masculin du terme) ? Pourquoi eux et pas nous ? Parce que le temps des Créations est révolu, qu’il est clos. Mais l’on sait qu’avec le progrès technologique, d’aucuns ne désespèrent pas de prendre un jour leur revanche, dans l’attente d’une Quatrième Création (cf. le dernier ouvrage de Luc Ferry, La révolution transhumaniste, Plon, 2016)

On ne pouvait pas indéfiniment continuer à employer des termes comme masculin et féminin sans les définir. C’était là comme un point aveugle qui perdurait dans un monde avançant à l’aveuglette. C’est un tel effort de formulation qui nous aura ainsi permis d’identifier l’esprit des « Dix Commandements » et de montrer qu’il s’agissait d’une profession de foi radicalement à l’usage des hommes, et d’ailleurs on y évoque l’attitude à l’égard des femmes. Nous y voyons une déclaration à caractère écologique visant à résister à toute tentation de faire appel à ce qui nous est extérieur, étranger.

Nous nions ce qui nous distingue de ceux qui nous fascinent et ceux qui sont l’objet de notre fascination nient que nous leur ressemblions. Dès lors, nous nous plaçons en porte à faux : ce que nous prétendons accomplir ne correspond à nos moyens et cela génère une sensation frustrante de « double bind » qui envahit actuellement notre société où l’on ne croit plus aux annonces des politiques. Mais étrangement, il y a encore un effet d’annonce qui n’a pas encore été démystifié, c’est celui de la prétention des féministes – hommes ou femmes – à une «égalité » entre hommes et femmes, et dont nous pensons que cela ne pourrait se solder à terme que par une faillite.

Certes, nous partageons une seule et même planète- du moins jusqu’à ce jour mais quelle est la portée d’un tel commun dénominateur ? Il est évident qu’un certain discours écologiste ne peut que renforcer l’idée d’une solidarité à l’échelle de notre Terre, ce qui va dans le même sens que les généralités langagières sur les « êtres vivants », les « humains ». Mais on aura montré, ici, à quelle dérives cela peut conduire si l’on ne considère pas aussi les enjeux d’une écologie spirituelle qui nous tire non pas vers le bas mais vers le haut.

Nous nions l’image qui nous est renvoyée par le regard de l’autre dans laquelle nous déclarons ne pas nous reconnaître.

En ce sens, nous ne cessons de mettre en doute ce que dit et fait autrui. C’est la guerre des représentations, des transferts et des contre-transferts.

Peut-on imaginer une humanité apaisée et renonçant à l’arme du déni ?

La fascination a une dimension gravitationnelle qui conduit à une certaine confusion, à de la promiscuité, un peu comme l’exode rural aboutit à l’engorgement des cités, aux bidonvilles périurbains.

Comment résister à l’attirance qu’exerce autrui sur nous, non pas en tant qu’individu mais en tant que groupe, inscrit dans une Histoire sise dans la longue durée ?

Comment les Chrétiens devraient-ils se situer par rapport aux Hébreux d’hier et aux Juifs d’aujourd’hui ?

Comment les femmes devraient-elles assumer leur différence par rapport aux hommes, par-delà la seule question de la procréation et de l’anatomie ?

Comment juguler la puissance des mimétismes ?

Mais par ailleurs, comment nier la valeur de ce que l’autre nous renvoie – par son regard- de nous-mêmes, tel un miroir qu’il nous tend ?

Nier la qualité de ce regard, c’est miner tout ce qui a trait aux sciences de l’homme. Autrui est statisticien de par son appréhension globale, aussi caricaturale serait-elle. Il y a donc là un enjeu épistémologique majeur car cela concerne les « faits » d’observation et sans eux, nous en sommes réduits à des spéculations, à des grilles que nous plaquons sur le réel, à la manière d’aveugles qui ne voient que ce qu’on leur dit de voir.

Nous n’avons donc d’autre choix d’écouter ce qu’autrui – pris en tant que collectif- membre d’un collectif- a à dire à notre sujet car nous ne sommes pas en mesure de traiter de nous-mêmes tant nous nous perdons dans les détails dès lors que nous sommes confrontés à nos semblables. Et cela est logique car face à ce qui nous ressemble, notre réflexe est de nous différencier, par tous les moyens, par quelque artifice au nom d’une sacro-sainte individualité.

Autrement dit, les femmes n’ont pas d’autre choix que d’accepter ce que les hommes disent d’elles et vice versa, quitte à être en situation d’objet et non plus de sujet.

Il importe aussi, on l’aura compris, que chaque groupe se doit de reconnaître à quel point tel autre groupe le fascine mais ce n’est pas une raison pour vouloir prendre sa place. Inversement, un groupe doit admettre qu’il fasse l’objet d’une certaine fascination en n’épousant pas le point de vue de celui qui le regarde, c’est la pente du contre-transfert que de se laisser prendre aux enjeux de l’autre, d’entrer dans son jeu/

Les outils que nous proposons ici nous semblent pouvoir servir de grilles, de clefs pour appréhender des phénomènes comme l’immigration, la colonisation, en ce qu’ils sont liés à un processus de fascination lequel peut d’ailleurs faire l’objet d’un déni.

Quel avenir pour notre humanité ? Doit-on s’engager dans une spirale du progrès qui assimilerait l’être humain à une machine que l’on peut indéfiniment perfectionner –ce qui est, selon nous, l’expression d’une fascination –immédiatement niée évidemment- de certaines populations pour la machine sur laquelle on voudrait en quelque sorte s’aligner ou bien convient-il, tout au contraire, de renouer avec le stade « paléo », celui dont nous serions les continuateurs, tant sur le plan physique que psychique sinon sur le plan technique ?

La représentation que nous offrons dans cet ouvrage d’une société idéale peut certes choquer en ce qu’elle place au centre de la vie sociale un nombre limité de personnages « solaires » dont le potentiel énergétique obéirait à une cyclicité se répercutant sur l’équilibre même du monde. Le recours à des assemblées, à des conseils ne serait alors que le signe d’une faiblesse, d’un passage à vide alors que l’on tend de nos jours à présenter une telle évolution comme un progrès, ce qui nous semble bien une contre-vérité dramatique. Ce qui n’est qu’un pis-aller est présenté comme une vertu, au nom du « partage » du pouvoir ». Au lieu de priser l’autonomie, l’on célèbre l’interdépendance, ce qui revient à vouloir faire dominer les valeurs féminines sur les valeurs masculines en les présentant faussement comme universelles.

Au vrai, la notion même d’universalité en ce qui concerne l’Humanité est un mirage. Étrangement à l’unité incarnée par un seul homme on voudrait substituer une prétendue unité de la société -qui marcherait comme « un seul homme ». Notre message est au contraire le respect de la diversité sociale et le fait qu’au sein de chaque société, il importe de laisser se développer une dynamique interne articulée sur une énergie centrale, source. La notion d’unité doit être en conjonction vérité repensée, elle n’implique pas ipso facto identité mais complémentarité, ce qui est le propre de la relation hommes-femmes et d’ailleurs ce sentiment d’unité ne saurait se perpétuer indéfiniment, il est remis en question par le temps de la. On dit qu’il faut laisser du temps au temps mais en même temps il faut savoir que le temps entraine une érosion, une corruption et c’est d’ailleurs l’enseignement de toute cyclicité. Le temps nous rapproche de l’unité tout comme il peut nous en éloigner, tout dépend à quel stade d’un cycle on se trouve avec la dialectique propre au cycle de 7 ans telle que nous l’avons précisée. L’Union Européenne, on s’en doute, est particulièrement sensible à de tels soubresauts et une telle structure ne saurait faire l’économie d’études cyclologiques qu’il s’agisse de s’élargir ou de maintenir sa cohérence, ce qui, en tout état de cause, ne saurait s’accomplir sans conduire les réformes appropriées sans lesquelles un démantèlement est toujours à craindre. La phase conjonctionnelle -Saturne rejoignant l’étoile fixe royale Antarès et pliant donc le triangle – actuelle apparait comme un revirement à droite de l’échiquier politique alors que le triangle sidéral favorise les valeurs de gauche. Au bout de trois ans et demi, l’on bascule d’une tendance à l’autre, ce qui ne manque pas de troubler l’électorat qui prend pour argent comptant le temps électoral, lequel ne tient pas compte des réalités cycliques subconscientes lesquelles ne vont pas au-delà d’une période de trois ans et demi (ce qui est assez proche de ce qui se pratique aux Etats Unis). Il importe d’ajuster le droit constitutionnel sur une cyclologie viable et correspondant à des rythmes millénaires. On notera un basculement comparable trois ans après l’avénement de Mitterand et de Hollande,à 29 ans d’écart, avec Saturne littéralement dans les mêmes dispositions.

Un des paradoxes de la connaissance des cycles, c’est que plus on en prend conscience et moins on en subit les effets négatifs, tout comme celui qui sait que l’hiver approche prendra ses précautions, se constituera des provisions (cf. La cigale et la fourmi de Jean de La Fontaine). Mieux vaut prévenir que guérir. Un homme averti en vaut deux, dit l’adage. La cyclicité en elle –même tient à un problème de déperdition d’énergie, elle ne saurait être un idéal en soi mais bien un pis-aller. Le temps de ce que nous avons appelé –techniquement- la conjonction – soit la fermeture du triangle- n’est pas une fatalité nécessaire et l’on dit que le Sage domine ses astres, ce qui ne signifie nullement qu’il doive les ignorer. Bien au contraire. On ne maîtrise pas les choses en n’en tenant pas compte. Par effets négatifs, il faut entendre non pas l’exercice d’une force négative –qui aurait une existence propre mais un processus qui se nourrit de nos dénis. Or le déni conduit à ne pas vouloir étudier. On nous objectera que la nuit a sa raison d’être et qu’il est bon qu’il y ait un temps de repos. Certes, mais que serait une humanité qui ignorerait tout du cycle saisonnier ou du cycle diurne/nocturne et qui n’en subirait pas moins les effets en étant prise au dépourvu ? Or, notre humanité actuelle avance en aveugle par méconnaissance de la Subconscience qui la sous-tend. Le XXIe siècle rendra à la Subconscience ce qu’il lui doit, ce qui recoupe peut être le propos d’un André Malraux prophétisant que le dit siècle ne sera viable que s’il accède à une certaine dimension spirituelle.

Le praticien ne serait-il pas prisonnier des représentations culturelles en vigueur dans le groupe d’appartenance de son client/patient. (cf. l’ethnopsychiatrie) ? D’aucuns voudraient que l’astrologue- par exemple, serve de miroir à notre société, mais c’est là l’aveu d’une astrologie qui ne se connaît pas elle-même et qui doit de contenter de s’aligner sur les valeurs en cours. Or, nous pensons tout au contraire que l’astrologie a vocation à prescrire des valeurs qui lui soient propres et non pas à correspondre aux représentations de ceux qui s’adressent à elle. Ce faisant, l’on remplacerait des systèmes aléatoires notamment dans le marquage du temps par des référentiels cosmiques qui traversent le temps et dont on sait qu’ils sont restés les mêmes à des millénaires de distance, à l’instar du début du mois hébraïque qui a toujours été fixé par la nouvelle lune.

Deux disciplines sont ainsi à constituer et à faire reconnaître : d’une part ce que l’on peut désigner sous le terme de sexo-cyclologie pour la démarquer de cyclologies qui ne reposent pas sur telle ou telle configuration astrale récurrente et d’autre part ce qui correspond à une psycho-sexologie et qui ne réduit pas à ce qui distingue l’homme à la femme à des critères purement physique et physiologiques.

Deux voies s’offrent à notre humanité : l’une où chaque groupe continuera à projeter ses valeurs sur l’autre groupe- notamment les femmes sur les hommes mais pas seulement-, à enchaîner une dynamique fascination-déni et l’autre qui nettoiera tout ce qui a pu générer des confusions et des aliénations, où chaque groupe vivra séparément en entretenant des relations ponctuelles avec les autres, dans une conscience claire des complémentarités, sans s’embarrasser de quelque discours égalitaire ou paritaire articulée sur une mixité toxique. Les rapports sexuels illustrent bien untel schéma impliquant une interaction ne se produisant qu’en des instants très brefs, et notamment par la transmission d’écrits à l’intention des groupes voués à diffuser largement -donc quantitativement – ce qui est généré par le groupe à la plus forte valeur qualitative.

Nous pensons que l’on peut décrire notre propos quant à la cyclicité sous le terme « hebdo » (de hepta, grec, septem en latin) que l’on retrouve dans hebdomadaire (Charlie hebdo), ce qui met évidemment l’accent sur un cycle binaire (en deux temps) de 7 ans, qui ferait pendant à la formule « paleo », qui revendique la nécessité de se situer en un temps très reculé de l’histoire humaine pour déterminer ce qui convient à l’Humanité actuelle, ce qui renvoie à la notion de Subconscience laquelle va à l’encontre d’un progrès qui, lui, serait de l’ordre de la Surconscience, de ce qui aura été ajouté et qui ne tient que par un permanent bricolage et ajustement, assez précaires, en comparaison avec ce qui tient au champ de la Subconscience. Ce « système » hebdo aurait selon nous vocation à servir de nouveau fondement aux sciences de l’Homme, en général.

Fascination et déni forment un couple remarquable. Celui qui est fasciné est aussi celui qui sera le plus tenté par le déni et la femme nous apparaît comme se trouvant au cœur d’une telle problématique. Peut-elle nier qu’elle aime à se retrouver avec ses « sœurs », en groupes plus ou moins massifs, autour d’un personnage « fascinant » – homme ou femme d’ailleurs- ? Peut-elle nier qu’elle est consciente de tout ce que l’humanité doit aux hommes des siècles passés ? Peut-elle nier qu’elle soit marquée par un certain mimétisme à l’égard des hommes ? Peut-elle nier – sérieusement- qu’elle n’apprécie que médiocrement de devoir « donner la vie » en mettant son propres corps à l’épreuve en dépit de ceux qui considèrent que c’est là son principal titre de gloire ? Peut-elle nier qu’elle ne capte la teneur d’un message qu’au prisme de la façon dont celui-ci lui est servi, c’est-à-dire oralement, et par extension tout ce qui touche à la bouche comme les mimiques, le sourire, les grimaces ? Autrement dit, la façon dont on anime son visage serait plus signifiante que le discours tenu et dont les femmes tendent à se défier. En fait, pour les femmes, notre voix parlerait de nous par-delà ce que nous disons tant et si bien que le médium se substituerait au message.

La femme peut-elle nier qu’elle n’aime guère improviser ni les surprises qui la prennent au dépourvu ? Peut-elle nier qu’elle est capable de répéter indéfiniment le même discours devant les auditoires les plus divers ? Peut-elle nier qu’elle apprécie que chacun puisse parler sans être interrompu même si c’est souvent là la preuve d’un manque de réactivité ? Peut-elle nier qu’elle accorde de l’importance à tout ce qui peut s’ajouter à son propre potentiel de départ, avec notamment le recours à des produits, à des objets, à des outils et que cela lui permet d’espérer ainsi combler le fossé qui la sépare de l’homme ?.

Le XXIe siècle sera certainement marqué par un retour au communautarisme. Il ne s’agira plus tant d’affirmer les droits de la personne mais du « monde » auquel elle appartient. Toute investigation de soi-même nous fait découvrir le monde auquel nous appartenons et pas simplement ce que nous sommes en tant que personne. C’est en ce sens que nous comprendrons l’injonction « Connais-toi toi-même ! » C’est sous cet angle que se situera le « droit à la différence », qui est le seul qui fasse sens au niveau du politique. En sortant l’individu de sa communauté, c’est comme si l’on sortait un poisson de son élément. Il ne peut s’épanouir que parmi ses semblables et ce n’est paradoxalement qu’alors, que sa quête d’individuation fera sens. Toute affirmation de valeurs universelles nous apparaît comme toxique et cela vaut pour la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et pour toute philosophie de type kantien (impératif catégorique) autour de la formule « Aime ton prochain comme toi-même ! » qui est absurde dès lors que le prochain est trop lointain, appartient à un autre monde ayant d’autres valeurs, à commencer par ce qui oppose monde masculin et monde féminin. L’approche sociologique devrait prendre une revanche sur l’approche psychologique, Marx sur Freud. L’individu n’exprime en définitive que les valeurs du groupe dont il est issu tant sur le plan de la Subconscience que de la Surconscience et il revient à la sociologie de revendiquer ces deux plans sous l’angle de la fonctionnalité, de la systémique et non sous celui de la contingence personnelle, comme tendrait à le proposer la psychanalyse. La sociologie nous apparaît comme « antithétique » , au sens que nous conférons à ce terme, à savoir un « juste milieu » entre le discours philosophique unitaire et universaliste et le discours psychologique, personnel et idiosyncratique. Or, ce qui fait le génie de l’Humanité, c’est sa faculté à générer des structures à la façon dont les étoiles (stade de la « thèse ») sont regroupées en « constellations » – donc en constructions arbitraires mais intégrées dans une sorte d’Inconscient Collectif – étant entendu que les dites structures tendent à perdre conscience d’elles-mêmes, du fait des scories qui s’y incrustent, dans un processus post-structurel, que nous appelons « synthétique » sinon « syncrétique.

On peut dès lors concevoir une société qui validerait non pas l’égalité des personnes mais des communautés. Il n’y aurait donc pas le risque que telle communauté s’impose à l’ensemble de la société du fait de son nombre. On pourrait ainsi diminuer le nombre de membres de telle ou telle communauté sans que cela vienne affecter son poids au sein d’une société donnée. Les communautés seraient appréciées selon leur rôle et non d’un point de vue quantitatif. C’est ainsi que le XXIe siècle pourrait voir sensiblement diminuer le nombre d’hommes par rapport au nombre de femmes sans que l’on ait à craindre une mainmise des femmes sur la société dans son ensemble. Tel ou tel groupe ne serait pas dominé par telle ou telle majorité numérique dès lors que l’on veillerait à maintenir un certain équilibre des valeurs propres aux différentes communautés. On pourrait assimiler un tel système à une sorte de fédéralisme. Rappelons par ailleurs que les députés à l’Assemblée Nationale ne sont pas élus avec le même nombre de voix car cela dépend de la démographie locale et il en est de même pour les sénateurs, aux Etats Unis ou ailleurs. C’est en cela, que le vote à la proportionnelle nous semble déconseillé car il tend à gommer les clivages et ne peut donc qu’être appauvrissant à terme.

On insistera sur le fait que la Subconscience est avant tout la mise en évidence de fonctionnalités structurelles à tel ou tel « monde », qu’elle n’est pas déterminée par les accidents de la vie comme semble le laisser entendre le freudisme, d’où la différence entre Subconscience et Subconscient tout comme celle entre Surconscience et Surmoi, la Surconscience visant à se superposer voire à s’interposer par rapport à la Subconscience, à substituer le vouloir sur le pouvoir. Notre approche vise à minimiser la part de ce qui est généralement accordé au hasard, à l’aléatoire tant en ce qui concerne notre rapport au temps (les cycles) qu’à l’espace (les mondes). Face à l’essor de la technologie, il est bon de rappeler que l’humanité est également fondée sur des fonctionnalités que l’on peut évaluer, mesurer.et en ce sens qu’elle n’a rien à apprendre des machines qui sont au bout du compte faites à son image.

Nous avons souligné que toute dualité était celle d’un rapport du singulier au pluriel et non de deux facteurs singuliers ou de deux facteurs pluriels. Au regard de la cyclologie, il y a un facteur mobile qui va se joindre successivement à plusieurs repères répartis sur sa route, sa course. Au regard de l’État, il y a au sein de l’espace qu’il contrôle plusieurs « nations », et c’est en ce sens que l’idée d’État-nation avec nation au singulier nous parait irrecevable ; En ce qui concerne les communautés religieuses, par exemple, celles-ci s’inscrivent le plus souvent dans le cadre de divers cadres étatiques parmi d’autres entités englobées au sein d’un même ensemble. On peut donc se dire juif au sein de tel État ou de tel autre. En ce sens, l’on sera lié à la fois aux « communautés » incluses dans un certain État- la France par exemple – et à toutes les communautés juives relevant de divers États. C’est ainsi que les États nous apparaissent comme autant de soleils formant des « systèmes solaires » au sein des quels gravitent divers astres ayant chacun leur propre espace-temps. On en dirait autant en ce qui concerne la structure de l’atome. C’est dire qu’une telle disposition comportant un rapport du centre à sa périphérie semble bien revêtir un caractère universel nullement limité à la vie sociale de notre Humanité et qu’on le veuille ou non la polygamie – en comprenant ce terme dans toutes les acceptions qu’il plaira- suit un tel paradigme.

Tout ensemble composite est voué à instaurer de facto ou de jure une certaine forme de laïcité. Le terme Etat a un double sens, il désigne une certaine superficie, un territoire, un espace mais il désigne également l’autorité de gérer un périmètre susceptible de varier considérablement dans le temps, par extension, conquête ou au contraire par sécession ou par occupation du fait d’une puissance étrangère : on pense au sort de l’Alsace-Moselle entre 1870 et 1945. La France est devenue laïque du fait même de ses conquêtes tant en Europe qu’Outre-mer, du fait qu’elle se trouva ipso facto chargée d’administrer et de faire coexister des entités fort différentes tant religieuses que linguistiques ou idéologiques et liées par ailleurs à d’autres ensembles, ce qui n’est pas sans générer des tensions comme dans le cas du conflit israélo-arabe ou de la guerre froide entre USA et URSS . Quant à la France au sein de l’Union Européenne, ne se retrouve-t-elle pas elle-même sous la direction d’une entité supranationale dont elle n’est plus qu’une composante ?

La cohabitation entre hommes et femmes ne peut être, selon nous, que ponctuelle et des plus brèves. C’est un temps de transmission – par voie de codage- avec la « prononciation » de l’écrit qui permet aux femmes d’accéder à un texte qui reste abstrait pour elle tant qu’il n’est pas présenté par quelqu’un. Donc une grande concision, ce qui vaut aussi à l’évidence sur le plan sexuel. Au-delà d’un certain seuil, le lien, le signal, ont tendance à se brouiller. On parle d’ailleurs d’une brouille. Nous dirons aussi que lors de ces moments, les hommes doivent être capables de transmettre des messages et les femmes de les recevoir, de les enregistrer, ce qui implique qu’elles se soient vidées des précédents contenus devenus obsolètes. Il est ainsi pathétique de voir des femmes ressasser d’anciens messages face aux nouveaux messages – la bonne nouvelle- émis par les hommes. Ce sont des femmes qui ne sont pas parvenues à accoucher, à se délivrer de leur précédent fardeau et qui sont donc « fermées ». Mais en dehors de ces moments, l’homme redevient récepteur et la femme émetteur pour l’essentiel de leur temps. L’exception ici confirme la règle. Toute mixité tend à devenir inconsistante quand elle doit se prolonger et ne peut produire que de la médiocrité.

Au regard de dialectiques, nous dirons que les femmes sont liées à la mort et les hommes à la vie, qu’elles sont marquées par la forme et qu’ils sont avant tout concernés par le fond. Les femmes sont dans l’ajout, le complément tandis que les hommes sont dans la purification, le nettoyage. Rappelons le premier commandement : tu n’auras point d’autres dieux, c’est-à-dire tu n’ajouteras pas de dieux, ce qui est en fait une condamnation des valeurs féminines, lesquelles passent par l’appropriation du bien d’autrui.

Non seulement le contact entre hommes et femmes devrait être limité dans le temps mais le nombre d’hommes qui seraient en relation avec le monde des femmes serait somme toute assez restreint et résultat d’une dure sélection des meilleurs alors que l’important en ce qui concerne les femmes serait d’ordre quantitatif. On aura compris que l’homme est avant tout un récepteur qui passe par une phase émettrice et la femme un émetteur qui passe par une phase réceptrice.

Il y a un lien nécessaire à établir entre l’Astrologie et la Bible. L’exemple de Jacob époux de 4 femmes, et ainsi père des 12 tribus, nous évoque le découpage en 4 du cycle lunaro-saturnien, ce qui donne le 7.(28/4). Mais inversement, les recherches astrologiques permettent de corriger certains passages bibliques notamment concernant le nombre de jours de la création. L’intrusion du 6 nous apparaît ici comme tout à fait regrettable et l’on sait que le 6 a joui d’un certain prestige, puisque 6×6= 36 (360°), l’heure comprenant 3600 secondes. Les numérologues d’ailleurs n’apprécient guère le 7 nombre premier. On objecte notamment que l’on ne peut diviser le 7 par deux comme on le fait pour le 6 mais il n’est nullement interdit de se fonder sur deux temps de 3 et demi et cette durée est largement attestée elle-même dans les Écritures : 42 mois et 1260 jours qui se retrouvent dans divers textes correspondent directement à une durée de 3 ans et demi. On parvient ainsi à reconstituer ce que nous avons appelé Subconscience en la dégageant de la Surconscience qui en obstrue la perception.

La thèse selon laquelle l’humanité serait en fait le résultat d’une symbiose entre plusieurs humanités fait son chemin, au regard de la paléontologie. On distingue ainsi la filiation « homo s sapiens » et celle de Neandertal. Selon quel processus, cela a pu avoir lieu reste assez problématique mais force est de constater que notre humanité actuelle continue à attester d’un état antérieur à la dite symbiose, à le perpétuer et à produire des spécimens qui ne s’expliquent que par des évolutions différentes. On rappellera que lorsque l’on parle d’évolution, il ne s’agit pas des derniers millénaires mais de périodes bien plus anciennes. En ce qui concerne la présente humanité, l’évolution est purement externe mais non interne sinon au regard de la conscience. Nous formulerons la thèse suivante en rapport avec la préexistence probable de deux humanités ayant vécu dans des conditions bien différentes.

Nous reviendrons sur notre lecture du Mythe de la Caverne avec une humanité vivant dans les cavernes, dans la pénombre et devant ainsi développer l’ouïe, et une humanité vivant à l’air libre et en plein jour et développant la vue, les signes qui se perçoivent de loin. L’humanité qui descend de la caverne – et continue à en porter les stigmates- est vouée au dire et non à l’évidence. Elle est donc condamnée à ne connaître le monde extérieur que par ce qu’on lui en dit, d’où une tendance à la surinterprétation des propos tenus et une grande importance accordée au choix des mots. Le langage est pour le monde de la caverne d’une richesse plus grande que ne l’est le monde extérieur. Cela explique la fascination des enfants pour les contes de fées, pour l’imaginaire – l’imagination- la représentation – remplaçant l’image, laquelle relève du visuel. A contrario, pour le monde extérieur à la caverne, le langage parlé – la parole- jouera un rôle bien moindre puisqu’il n’est qu’un substitut à la vision. Une société qui voit n’a pas besoin de décrire ce qu’elle voit. Le consensus est immédiat à la façon de la vigie qui crie « Terre » et aussitôt tout l’équipage voit ce qu’il en est sans besoin de commentaire.

Entre ces deux registres, l’établissement d’un code de lecture constitue l’interface, d’où l’importance considérable accordée à l’acte consistant à lire « à voix haute », au « lecteur » (on pense au garde champêtre) qui est le pendant du scribe et qui s’adresse également aux analphabètes. L’acte de lire est un lien majeur entre le monde des hommes et celui des femmes, passage du visuel à l’oral, au même titre que la faculté pour l’homme de pénétrer la femme sexuellement est un élément crucial de la symbiose des deux genres, avec le passage de l’énergie masculine vers le réceptacle féminin. Mais nous remarquerons que les femmes sont précisément attirées par tout ce qui leur permet de sortir de la caverne et qu’elles comptent sur les hommes pour les emmener au loin tandis que les hommes seraient au bout du compte tentés par l’atmosphère confinée de la dite caverne, ce qui conduit à un certain chassé-croisé, tributaire du cycle des saisons comme celui, quotidien, de l’alternance du jour et de la nuit. On comprend ainsi que ce qui pourrait sembler aléatoire, comme le fait de vouloir voyager, correspond en fait à un besoin fondamental chez la femme et inversement chez l’homme, le fait d’entrer , d’être invité dans une maison peut être fortement chargé sur le plan symbolique. Inversement, le fait de devoir quitter un lieu peut être vécu de façon plus traumatique par un homme que par une femme alors que le fait de devoir rester enfermé un certain temps sera probablement mieux vécu par un homme que par une femme. Cela correspond assez bien à la dialectique du karma et du dharma -pris ici dans le sens de mission de vie (associé traditionnellement à l’appartenance à une caste), à savoir d’où l’on vient et vers quoi l’on tend, laquelle est reprise en astrologie « karmique » autour de l’axe des nœuds lunaires (parfois appelé Tête et Queue du Dragon, en Inde Rahou et Kétou. De façon typique, les astrologues associent cette dialectique aux six polarités zodiacales (bélier-balance, taureau-scorpion et ainsi de suite)

On en reviendra à une symbolique lunaire. La nouvelle lune est liée à la conjonction des luminaires. Elle a une valeur automnale, crépusculaire. L’ouverture du triangle serait le lever du soleil et la conjonction son coucher. Aube et crépuscule. Le triangle favorise les femmes et la conjonction met fin à une certaine exaltation androgynale chez elles .

Le mythe de la Caverne, tel que nous le réinterprétons, expliquerait pourquoi les femmes sont largement tributaires des mots, que le fait de parler sert à faire acte de présence dans les ténèbres alors que les hommes n’ont pas besoin de parler pour être perçus, d’où un moindre recours à ce qui touche à l’ouïe. Ajoutons que l’on n’entend que ce que l’on veut vous faire entendre alors que l’on peut voir ce que l’on n’avait pas l’intention de montrer, cela explique que les hommes ne se contentent pas de ce qu’on leur dit- ne se contentent pas de bonnes paroles, mais vérifient par l’observation. Dans la caverne, l’espace est clos alors qu’à l’extérieur, il est en quelque sorte illimité, ce qui va dans le sens de la thèse selon laquelle la femme aurait un rapport à l’espace-temps plus restreint que l’homme, qu’elle a besoin -tel un aveugle- d’un espace bien balisé, qui lui soit familier. Les deux mondes, celui de la caverne et celui qui se trouve à l’extérieur, comment vont-ils communiquer ? Pour l’humanité de la caverne, la vue ne peut jouer qu’un rôle mineur, se réduisant à la lecture de signes, donc à peu de distance. Cela signifierait que les femmes sont plus « nourries » par les paroles que par les stimuli visuels mais qu’elles sont certainement très sensibles au niveau du toucher comme le sont les aveugles. Les hommes auraient besoin d’une certaine satisfaction esthétique, plastique, ce qui peut passer par la peinture, la photo, le film en l’absence d’une présence proche. Avec le développement du téléphone, des textos, la femme peut maintenir un certain contact mais elle aura besoin de toucher le corps de son partenaire car elle est fortement tactile. (le goût et l’odorat appartiennent eux aussi à des valeurs de proximité à l’instar du toucher). Dans les rapports entre les deux sexes, chacun est amené à parler le langage de l’autre : la femme soignera son allure physique et vestimentaire tandis que l’homme châtiera son langage et veillera à la propreté de son corps et de son costume pour ne pas risquer d’incommoder son partenaire de sorte que l’autre sexe tendra à incarner les valeurs du sexe opposé. On peut faire l’expérience de placer des personnes cote à cote ou au contraire face à face et observer que la communication sera toute autre dans un cas et dans l’autre, ce qui correspond au passage de la promiscuité de la caverne à la distance qui préside hors de la caverne et qui détermine des contenus différents.

Le langage n’a pas la même fonction dans les deux mondes. Le langage masculin, marqué par le signifié tend à se réduire au prisme féminin à du signifiant -et donc à de l’insignifiant. CE n’est plus ce qui est dit qui importe alors mais comment cela est dit. La voix compte plus que le contenu. Ce qui compte, c’est l’usage que le locuteur fait de ce qui n’est plus finalement qu’un support. On capte bien ce phénomène qui fait que dans un certain groupe, ce qui compte c’est un certain enjouement, du rire, de la « bonne humeur » et non plus la teneur du message proprement dit. Cela permet d’ailleurs à des étrangers à une certaine culture de trouver leur place au sein d’ une telle atmosphère, qui restitue peu ou prou celle de la caverne ancestrale. On peut certes basculer d’un registre à un autre mais cela vaut dans les deux sens mais il est clair qu’un homme a besoin de ne pas perdre le contact avec son registre naturel tout comme la femme et c’est en cela que leur compatibilité est limitée dans le temps.

Le monde de la caverne entend réenchanter le monde, à sa manière, en le traduisant en un langage bariolé à l’instar de l’astrologue interprétant une carte du ciel. Le langage se substitue ainsi au réel, à l’instar de l’aveugle qui, au fond, ne souhaite pas vraiment « voir » le monde « crû » tel qu’il est mais préfère qu’on le lui décrive dans un langage fleuri et riche en images et en symboles qui font rêver.

Notre travail débouche naturellement sur une certaine idée de l’Etat et de la laïcité, deux notions que nous plaçons en dialectique. Pour nous l’État est certes garant de la laïcité, de l’unité de l’ensemble des composantes, des « nations », des communautés en son sein. Mais cette laïcité vise avant tout à ce qu’aucun groupe ne vienne empiéter sur les autres, soit en imposant ses valeurs, soit en s’emparant des valeurs de tel ou tel autre groupe. Chaque groupe –tant d’un point de vue historique (religions, sexes, milieu social par ex) que géographique (régions, villes, par exemple), a vocation à assumer une certaine autonomie et ne devrait pas subir un excès de promiscuité au nom de quelque forme de mixité. La liberté ne se situe pas tant au niveau individuel qu’à celui des groupes-citoyens. Connais-toi toi-même passe selon nous par une dialectique entre soi et ses semblables. Ce que je suis m’éclaire sur autrui et vice versa. On rappellera la formule de Clermont Tonnerre à propos des Juifs, « tout en tant que citoyens, rien en tant que nation ». Nous en prendrons exactement le contrepied. Avec l’essor des réseaux sociaux, la notion d’espace perd quelque peu de son importance et il n’est pas nécessaire de se réunir en un lieu donné au sens matériel du terme, pour assumer son identité, si bien que le projet sioniste-herzlien (L’État Juif) de rassemblement des Juifs sur une terre spécifique semble au XXIe siècle assez obsolète, dès lors que la spécificité des groupes est respectée de par le monde. Il est en effet souhaitable que chaque groupe explore et exploite les potentialités qui sont les siennes plutôt que d’importer. Ce faisant, chaque groupe se doit de constituer une élite qui lui soit propre et d’élaborer des solutions qui ne se réduisent pas à du mimétisme mais qui émane véritablement du génie collectif qui est le sien.

La question de l’appartenance est directement liée à celle de normalité et celle de normalité permet seule de poser le problème de la pathologie et de la cure, qui est retour à la normale. C’est notre appartenance qui détermine la normalité qui est la nôtre. Dès lors, celui qui est en mesure d’établir la norme est aussi celui qui donne les moyens de décrire ce qui ne lui correspond pas à condition bien entendu de savoir quelle est la norme de référence pour un individu donné. Toute erreur d’attribution et d’affectation ne peut que fausser le diagnostic et le pronostic. Un praticien qui n’est pas en mesure de se référer à une norme appropriée à son patient ne peut que faire fausse route. Le complexe d’Œdipe est une norme qui permet de dédramatiser un certain type de comportement mais aussi de repérer les traumatismes qui peuvent découler d’un tel « complexe »/

Le tort des astrologues, notamment, est de croire qu’il est possible de décrire une personnalité sans passer par une norme, nécessairement collective. En règle générale, ils considèrent que le « thème natal » est une « norme » qui ne vaudrait que pour son « titulaire », c’est l’étrange idée d’une norme personnelle. Pour l’astrologue actuel, la personnalité serait la résultante et la synthèse de diverses appartenances typologiques planétaro-zodiacales, constituant ainsi une sorte de « portrait » de le personnalité, ce qui constitue une sorte de psychologie « parallèle », ‘alternative » aux descriptions fondées sur des appartenances plus « classiques », en prenant le terme psychologie, ici, non pas tant dans le sens d’une discipline que dans celui d’un phénomène à étudier comme lorsque l’on parle de la « psychologie d’une personne ». En ce sens, nous préférons parler d’une méta-astrologie, c’est-à-dire d’un discours sur le phénomène astrologique, réservant le titre d’astrologues aux anciens légistes fondateurs d’une Loi articulée sur le cosmos et non d’une loi du cosmos. Il y a un temps pour construire la Tour Eiffel et un temps pour la décrire.

Ajoutons que le désir d’affirmation d’une personnalité unique relève largement d’un fantasme mimétique pour des personnes qui en réalité restent dans le rang et ont un profil banal que seule la maladie peut rendre plus spécifique, les faisant basculer vers une autre appartenance, celle des personnes atteintes de telle ou telle pathologie.

La norme est bien entendu à situer par rapport à une certaine cyclologie. Ce qui vaut pour un certain temps ne vaudra pas nécessairement pour un autre. Comme dit le Livre de l’Ecclésiaste, il est un temps pour chaque chose et il ne faut pas aller plus vite que la musique. Les rapports entre hommes et femmes sont voués à passer par des variations significatives.

Au vrai, les femmes n’apprécient que modérément les débats entre hommes car c’est là l’indice qu’ils ne sont pas encore mûrs pour se « vider » en elles, qu’ils sont encore en recherche. Elles attendent que le débat se calme et qu’un consensus s’opère autour d’un « mâle dominant » car l’expression concerne d’abord celui qui domine les autres hommes, qui est sorti vainqueur du combat. Autrement dit, les femmes préféreraient la mort à la vie, car la vie est l’indice de ce qui n’est pas achevé et donc de ce qui n’est pas encore transmissible. On est là en pleine sexo-cyclologie.

Il convient de ne pas confondre deux types de visuel, celui de la caverne qui est marqué par la proximité -et qui serait celui de la femme- et celui du dehors de la caverne qui est celui de l’observateur qui peut embrasser du regard de larges horizons. Quant à la machine, elle peut certes, en tant que télescope, voir plus loin que l’homme mais dans la plupart des cas, elle fonctionne dans le registre de la caverne, c’est-à-dire qu’elle ne captera que ce qu’on lui soumettra sous une forme codifiée, ce qui la rend ipso facto dépendante des données qui lui seront fournies et en ce sens, la machine semble avoir adopté un modèle féminin.

Au niveau théologique, nous dirons que la sexo-cyclologie peut se révéler d’un apport précieux en ce qu’elle nous parle de la dynamique amoureuse, de celui qui donne et de celle qui reçoit. L’homme a besoin de déverser son amour sur un récepteur qui est la femme ou plutôt les femmes tout comme Dieu aurait besoin de disposer d’un objet à aimer et prêt à être aimé, Une femme philosophe comme Simone Weil nous parle –qu’elle le veuille ou non – en tant que femme de cet amour divin qui « descend » vers elle mais cela vaudrait tout aussi bien pour l’amour que la femme reçoit et attend périodiquement d’un homme, celui qui l’aura choisie, élue. Par rapport à Dieu, l’homme devient femme et il est en quelque sorte le dieu des femmes, ce qui pose le problème de l’identité du Christ, à la fois homme pour Dieu et dieu pour les femmes, si l’on s’en tient à notre modèle. Les hommes et les femmes ne peuvent dire qu’ils s’aiment mutuellement mais c’est la femme qui se laisse aimer par l’homme, poussé par un besoin périodique d’être aimée, avec tout ce que cela peut avoir d’étonnant à ses propres yeux, elle le vit comme une grâce. On est à la source de l’Amour Courtois, du chevalier servant. L’un veut aimer et l’autre se laisser aimer. Mais l’on voit ainsi à quel point l’angle de vue de la femme ne saurait être assimilé à celui de l’homme et vice versa. La o du XXIe siècle devrait mettre fin à un discours « unisexe » qui n’est plus recevable. Tout discours se doit de préserver une polarité tant entre les temps qu’entre les sexes. Tel est tout l’enjeu de la sexo-cyclologie.

Il s’agit là, en définitive, avec ce nouveau paradigme, d’établir de nouvelles normes et donc de faire bouger les lignes de ce qui est qualifié ou qualifiable de pathologie. Ce qui pouvait sembler « anormal » devient normal et ce qui pouvait paraître « normal » devient désormais problématique. C’est ainsi que l’on admettra désormais que ce qui vaut pour une population ne saurait ipso facto valoir pour un autre groupe, que ce qui vaut pour un temps donné ne saurait valoir en un autre temps. Cela conduit à l’établissement d’une nouvelle éthique. C’est ainsi que le » complexe d’Œdipe » chez Freud introduisait une nouvelle norme en montrant qu’il y avait là comme un stade obligé mais qui pouvait être plus ou moins bien vécu, ce qui débouchait sur une nouvelle psychopathologie, comme c’est le cas pour la sexo-cyclologie. Tout changement de norme aura des répercussions sur toute représentation des dysfonctionnements et des « anomalies » et inversement, certaines pratiques qui sembleraient aller de soi seront considérées comme toxiques comme le fait qu’un groupe-un sexe- tente d’imposer ses valeurs subconscientes à un autre groupe, à un autre sexe au nom d’une prétendue universalité propre à l’espèce humaine toute entière, ce qui autoriserait chacun à s’imaginer que ce qui est bon pour lui l’est ipso facto pour autrui, ce que semble encourager la formule « aime ton prochain comme toi-même », qui ne vaut que pour un membre d’un même groupe mais non d’un groupe différent.

Rappelons que le fondement épistémologie de la Sexo-cyclologie correspond à ce que nous avons appelé la Subconscience, qu’il importe de ne confondre d’aucune façon avec les descriptions freudiennes. La Subconscience pourrait être rapprochée de ce que le Tao Te King appelle le « non savoir », ce que nous savons sans l’avoir appris. C’est aussi le distinguo de Montaigne entre tête bien faite et tête bien plein. Il s’agit de tout ce qui du fait de leur caractère routinier va progressivement glisser vers des automatismes. Une partie de nous capte des informations, des données, à l’insu de notre Conscient et cette partie est celle qui assure notre logistique. Elle se divise en d’une part une sphère interne , au sein de notre propre organisme individuel et de l’autre une sphère externe, au sein de l’organise social, de notre environnement animal, végétal et minéral, ce qui concerne, par exemple, le simple fait d’écrire sur des tablettes d’argile ou sur des parchemins avec des stylets, de recourir à un bœuf pour tirer la charrue ou à un esclave pour accomplir les tâches ancillaires sans parler de la femme pour mettre les enfants au monde, au terme d’un processus contraignant de 9 mois. On notera encore de nos jours que le refus des membres d’un groupe d’accomplir certaines tâches mécaniques conduit à l’importation/immigration d’une main d’œuvre étrangère, laquelle fera partie intégrante de l’environnement social. Tout se passa comme si subconsciemment, les membres d’une société tendaient spontanément à se décharger de ce qui était perçu comme devant être délégué sur des éléments étrangers à cette société mais néanmoins tout à fait nécessaires à son bon fonctionnement.

Notre discours sur les femmes risque parfois de ne pas être bien appréhendé. Certes, il prend à rebours une certaine idéologie égalitaire mais, au final, il semble bien qu’il accorde au couple une place privilégiée, dans un rapport émetteur/récepteur que nous décrivons dans toute sa complexité et son ambivalence. En fait, nous préférons parler d’une phase d’attraction. Or l’attraction associe émission et réception : c’est parce qu’un corps exerce une certaine force de gravitation -donc un rayonnement- que d’autres corps vont être attirés par lui, ce qui créera du mouvement, du rassemblement. Inversement, lorsque cette puissance d’émission-réception cesse, on assiste à une sorte d’immobilisme, d’absence de mouvement ; ce qui correspond à l’esprit du Shabbat, qui implique une absence de déplacement (d’où parfois jusqu’à l’interdiction de courir si c’est pour ses affaires). En fait, le Shabbat se situe au sein d’un cycle de 7 ans et donc couvre 3 ans et demi mais on peut l’évoquer dans le cadre de la semaine comme cela se pratique voire dans le cadre de l’année avec l’axe équinoxial Pâques (Pessah)-Nouvel An juif (Rosh Hashana suivi du Jour du Pardon),

Nous avons souligné la façon dont les prières israélites – celles que l’on peut entendre dans les synagogues, à chaque Sabbat (vendredi soir et samedi matin) peuvent apparaître comme des déclarations d’amour entre Dieu et « son » peuple.

Cela peut même surprendre que de voir un texte aussi sensuel que le Cantique des Cantiques figurer en fort bonne place au début de l’Office du Vendredi soir, faisant suite d’ailleurs à un poème de Shlomo Alcabetz, le « Lekha dodi » (viens mon amant) qui identifie le Sabbat comme le moment où l’homme et la femme – les « fiancés » – vont à nouveau s’unir.

Viens, ma fiancée, viens, ma fiancée!

Au milieu des fidèles du peuple élu,

Viens ma fiancée! Oh « Reine du Chabbat »!

On se demandera si ce n’est pas l’amour unissant un homme et une femme qui se trouve ainsi représenté par le rapport que le peuple hébreu est censé entretenir avec « son » dieu plutôt que l’inverse. Et d’ailleurs, les commentateurs du Cantique des Cantiques ne se privent de transposer les déclarations d’amour en prières s’adressant à la divinité. C’est la « bien-aimée » qui s’exprime dans ce chant attribué au roi Salomon. Elle invite ‘son » homme à « entrer dans son jardin pour manger de ses fruits exquis ». Mais à l’évidence ce jardin symbolise le corps. (IV, 16, V, 1, et VI, 2-3- 11). De même cette Terre Promise – elle est à deux reprises mentionnée dans les Dix Commandements – n’est-elle pas sans évoquer l’engagement de l’homme par rapport à la femme en vue du mariage. En ce sens, l’évocation de la « terre » (souvent désignée comme de lait et de miel) serait là encore une allégorie du rapport amoureux dans ce qu’il a de plus physique. Une telle lecture placerait bel et bien le couple au cœur d’une religion très sensuelle marquée par la dialectique de l’homme et de la femme et en ce sens le christianisme rappellerait cette dimension très/trop humaine de l’image hébraïque du dieu.

Selon nous, le christianisme, à plus d’un titre, par-delà la question de savoir s’il est légitime ou non pour les non-juifs de s’identifier au peuple hébreu – aura su préserver des éléments du judaïsme qui en ont disparu. C’est ainsi que l’idée d’un dieu-homme nous parait plus saine que celle d’un dieu distinct de l’homme et restitue à l’homme une position que tend à lui nier un monothéisme suprahumain. En fait, Dieu s’incarnerait à chaque génération par le truchement des hommes. En ce sens, le judaïsme tel qu’il se présente de nos jours tendrait à minimiser le rôle des hommes, ce que viendrait confirmer le principe de matrilinéarité en vigueur depuis le Moyen Age dans le monde ashkénaze et plus tardivement dans le monde séfarade, marqué par l’Islam qui aura lui aussi perpétué des valeurs qui ont disparu du judaïsme notamment quant au statut de la femme. On ajoutera que le Shabbat nous apparaît étrangement comme une sorte de cul de sac comme s’il était oonclusif alors qu’il doit s’articuler, à l’évidence, sur une cyclicité, un « retour » en quelque sorte éternels. La mort de Jésus est suivie de sa résurrection et la Création en Six Jours est revue et corrigée par une nouvelle Création, lorsque Dieu décide qu’Adam ne doit pas rester seul, et qu’il lui fait don de la femme dont nous avons montré qu’elle est en fait le premier Adam, l’androgyne dépourvu de phallus. Le phallus est emblématique d’une nouvelle création car le premier Adam en était certainement dépourvu.

Il convient en tout cas de préciser que nous ne prétendons pas ici nous engager dans un quelconque débat sur les croyances religieuses mais bien d’extraire de celles-ci des informations qui concernent la sphère laïque si l’on admet que la cyclo-sexologie ne saurait être limitée à aucune population en particulier, quand bien même tel groupe en aurait développé une plus grande conscience. Mais une chose est la conscience, une autre la réalité. Il n’est pas pour nous question de changer le monde mais de mieux le comprendre.

En fait, nous proposerons de transposer le rapport Dieu/peuple au rapport homme/peuple, le peuple désignant l’ensemble des femmes, l’homme étant le mâle dominant, à l’instar d’un Moïse. On, a dit en effet, que les femmes n’existent qu’en tant que collectif alors que les hommes valent en tant qu’individualités.

Les sciences sociales, de nos jours, se trouvent hypothéquées par le fait que l’observé est tenté d’imposer sa volonté à l’observateur, de faire pression sur lui, de manifester son déni. ce qui ne risque guère de se produire dans le domaine des sciences dures mais, en même temps, on ne saurait affirmer qu’il est possible de modifier les forces qui sous-tendent le fonctionnement des sociétés par le recours à une quelconque législation. Or, tout se passe comme si le public –et notamment féminin – s’était persuadé que ce qui concernait les processus sociaux pouvait être modifié, à volonté à coup de lois, croyance qu’exprime notamment une Hanna Arendt laquelle bien qu’elle ne parle pas en qualité de femme ne s’en exprime pas moins comme telle, ce qui vaut aussi pour une Simone Weil. Autrement dit, il s’agit là de démystifier l’entreprise philosophique en montrant qu’en dépit de ses dire, elle n’échappe nullement à la sexuation, chaque sexe ne faisant en fait que formuler son idée de l’universalité tout comme chaque groupe projette son idée de la divinité.

D’où la thèse que nous soutenons de Commandements pour l’homme et de Commandements pour la femme. C’est ainsi que le commandement « tu ne voleras point » vaut pour l’homme mais non pour la femme, si l’on entend par cette injonction le fait de ne pas s’emparer du bien d’autrui. Celui qui ne crée pas est condamné ipso facto à voler. Or l’homme –Adam- a été formé à l’image du Dieu Créateur, donc il est lui-même voué à être créateur. Et le temps de la femme est celui où Dieu cesse de créer, c’est celui du Shabbat avec les interdits qui lui sont propres et qui ne seraient nullement viables pendant le reste de la semaine. Les Commandements du Shabbat sont particuliers. D’ailleurs, les Dix Commandements ne sont pas repris dans la liturgie de l’Office du Shabbat et le Shéma Israel s’il évoque des Commandements à respecter ne précise pas lesquels. Même le commandement sur le Shabbat invite à ne se faire remplacer par qui que ce soit. Paradoxalement, toute la vie juive tourne autour du Shabbat qui suspend en quelque sorte les Commandements, puisqu’il enjoint de vivre sur les acquis des jours précédents. C’est donc là un très grave déséquilibre que de se polariser sur le Shabbat (ce qui n’est pas sans évoquer le problème de la matrilinéarité dans le monde juif) et pour notre part, nous proposons que la synagogue soit ouverte aux hommes le samedi soir à minuit, soit le dimanche, prenant le relais du temps féminin du vendredi soir et du samedi. C’est alors que l’on réciterait les Dix Commandements et que l’on repasserait sur le mode créatif, productif et non plus sur le monde de la consommation et de la conservation (qui fait suite au solstice d’Eté). A la rigueur, le passage pourrait se faire au coucher du soleil le samedi et non à minuit et durerait jusqu’à minuit, correspondant analogiquement à la nouvelle lune. Mais l’on peut préférer une formule bimestrielle, articulée sur la nouvelle lune (nouvelle semaine) et la pleine lune (fin de la semaine). D’ailleurs, les juifs célèbrent le nouveau mois, ce qui fait pendant de facto au Shabbat dont il est le contrepoint. La référence à un phénomène cosmique nous apparait comme la meilleure caution d’authenticité pour un rituel, ce qui signifie que l’on s’inscrit dans la Subconscience millénaire et non dans une tradition de la semaine qui ne repose plus sur aucun critère objectif sinon celui de la Culture (Surconscienceà

Nous avons tenté de montrer que le champ de la Subconscience qui englobe très largement les sciences sociales échappe très largement à l’entreprise juridique moderne et relève d’un juridisme archaïque sur lequel notre Humanité n’a plus prise, depuis bien longtemps.

Il est temps, dans le cadre de la sexo-cyclologie de travailler sur la notion de sociologie de la mixité laquelle se distingue radicalement de celle d’égalité voire de parité. Par mixité, nous entendons ici la recherche sur les différences entre valeurs émergeant d’un groupe de femmes et valeurs émergeant d’un groupe d’hommes. Il ne suffit pas pour cela d’avoir autant d’hommes que de femmes au sein d’un groupe mais bien de veiller à ce que les valeurs propres à ces deux ensembles soient respectées, quel que soit le nombre de représentants de l’un ou de l’autre groupe voire en l’absence de tout représentant de l’un des groupes. En effet, un groupe doit se projeter sur le futur (ou assumer son passé), faute de quoi il y aura risque de cristallisation du groupe en un instant T ce qui ne pourra qu’hypothéquer l’avenir du groupe considéré. Il s’agira de dénoncer dès lors tout discours qui se voudra « universel » car selon notre approche, rien n’est, au niveau humain, universel ni dans le temps, ni dans l’espace. Il est clair que chacun est confronté à la Subconscience propre à son groupe et voit midi à sa porte, se croyant le centre du monde, pouvant donner le ‘la ». Cela est d’autant plus tentant quand le groupe est homogène et que l’on n’y entend guère de discordances. D’où l’aberration d’un vote sur l’avenir de toute une société quand l’électorat n’est non seulement pas équilibré quantitativement mais ne l’est pas non plus qualitativement. En tout état de cause, la mixité a ses limites. La laïcité constitue un espace exigeant le respect d’une telle mixité des valeurs mais cela exige des recherches en conséquence. Une laïcité qui ne disposerait pas de descriptions valables de ses composantes ne serait qu’une mascarade. L’espace laïc n’en est pas moins limité au regard du temps passé et nous dirons que l’essentiel de la vie d’une personne ne s’en inscrit pas moins au sein de son groupe identitaire.(ou de ses groupes identitaires). On nous parle beaucoup d’équilibre alimentaire mais il est clair qu’une société doit veiller à son équilibre au prisme des énergies et des valeurs masculines et féminines.

Selon nous, nous serions à la veille d’un changement d ‘ère, marqué notamment par une prise de conscience écologique qui exige de veiller sur la pureté, de nettoyer le monde, de le ramener à sa forme pure, systémique. Le stade phallique tend certes à instrumentaliser ce qui entoure l’homme mais grâce à un processus cyclique, il implique un retour à la source, à l’origine alors que le stade androgynal, avec lequel il alterne – et qui est désormais à son crépuscule- procède par une fuite en avant, avec une idéalisation – au sens hégélien- de ce que le monde devient et advient sans vouloir se retourner sur un état originel alors même que dans la vie courante, nous sommes bien conscients que tout doit se laver, se nettoyer. Qui irait dire qu’une assiette sale est « vivante » alors que l’on qualifie de « vivantes » des langues qui sont à la dérive et qui ont perdu leurs repères, à l’instar de l’anglais ? Le stade androgynal est foncièrement boulimique, il ne fait pas confiance à autrui, il veut l’absorber.

L’Ancien Testament témoigne de cette civilisation par le biais des Dix Commandements dont nous avons monté qu’ils étaient inspirés par un rejet de toute tentation d’appropriation – le tu ne voleras point nous semble tout résumer- ce qui est déjà flagrant dans l’interdit fait à Adam de consommer du fruit d’un certain arbre du Jardin (Verger, en persan Pardés, qui a donné Paradis) d’Eden.

Cette civilisation androgynale aura été renversée ce dont nous parlent le tabou de l’inceste (et son corollaire l’exogamie, le mariage à l’extérieur), et par le tabou de la consommation du porc, lequel incarne le recours à un monde extrahumain, ce qui laisse supposer l’existence de pratiques anthropophagiques dans cette civilisation « autarcique ».

Sommes-nous actuellement à la veille de faire le deuil d’un temps que l’on peut qualifier de « shabatique » qui est celui qui aura mis la création entre parenthèses puisque le temps du Shabbat met fin aux jours de la Création ? Or, c’est bien cela qui résume l’esprit du Shabbat, qui correspond au temps d’après un temps créatif. La shabatisation du travail en serait en quelque sorte sa dégradation , sa taylorisation, un temps de consommation et non plus de création, une hibernation, un temps de la nuit laquelle est accueillie avec le début du Shabbat qui est marqué par la « tombée » du jour – lorsque le créateur descend de son piédestal, sinon en tombe – et ce créateur incarne les valeurs féminines. Or Dieu est représenté comme à la fois mâle et femelle puisque Adam est ainsi conçu à son image ( le nom même d’Adam est à rapprocher de Domé/Demouth, celui qui est la semblance de Dieu). Le Shabbat serait la face féminine de Dieu. Cette shabbatisation du judaïsme est une anomalie majeure qui ne semble pas avoir été relevée. Mais ne retrouve-t-on pas une telle tendance avec le christianisme qui se fixe sur le moment de la crucifixion, donc de la fin, de la mort, dans sa symbolique (croix, crucifix) même si la croix, en elle-même, représente aussi la division capitale en 4. Cela dit, il y a la résurrection de Jésus, au lendemain de sa mise à mort qui amorce un nouveau cycle. C’est ce marqueur d’un nouveau cycle qui selon nous n’est pas assez marqué à la fin de la semaine juive alors qu’il s’est maintenu dans les Evangiles.

Nous prônons une éthique du vivant par-delà le Bien et le Mal (Nietzsche). Il ne suffit pas en effet qu’un produit apporte quelque plaisir pour être accepté, qu’il soit « bon » au prisme de l’un des 5 sens, il y a préalablement une condition nécessaire, celle du vivant, c’est à dire de l’instant présent. Dès lors que l’on nous présente quelque chose qui n’est pas vivant mais qui aura été conservé de façon à durer, on passe à un registre nocturne, hivernal, qui n’est qu’un pis-aller, une solution de continuité. Une musique vivante, c’est une musique qui prend forme sous nos yeux à l’instar d’un enfant qui sort de l’utérus, des « entrailles » de la femme qui l’aura porté neuf mois durant. Or, force est de constater que le public est plus exigeant sur le plan de l’agriculture que de la culture, qu’il devient exigeant en termes de fraîcheur de ce qu’il mange (fruits, viande etc.) mais qu’il se laisse servir tant en musique qu’en cinéma des sous-produits qui n’ont qu’une apparence de vie.

Nous ne pouvons-nous empêcher de songer au Procès de Galilée au vu de certaines de nos thèses vouées à être combattues au nom de telle ou telle tradition, de quelque idéologie se prétendant moderniste, progressiste, à commencer par une certaine idée de la Femme qui hypothèque bien des travaux dans le domaine des sciences humaines et ce tout au long du XXe siècle, ce qui ne put que les pénaliser et les retarder dans leur développement.

Plutôt que l’image du nettoyage des Ecuries d’Augias, nous préférerons parler, en définitive, d’une mise au régime qui permettra de dégonfler les savoirs et donc de les restituer à leur état originel, ce qui se traduit, dans notre terminologie, par la prédominance de la voie du milieu, le retour à l’état structurel, lequel n’est ni réductible en amont à la Nature, ni en aval à la Culture, l’une étant par trop extérieure et antérieure à l’homme et l’autre par trop « humaine » et précaire dans sa quête même de modernité.

Cela dit, il n’est probablement pas inutile de rappeler que les valeurs de nettoyage que l’homme a déléguées à la femme, pendant des siècles , lesquelles valeurs restent encore largement constititutives de l’identité sinon de l’imaginaire féminins, restent avant tout des valeurs masculines étrangères à la subconscience féminine mais partie prenante de la surconscience féminine. Il est donc souhaitable que l’on ne brûle pas les étapes et que les jeunes garçons se familiarisent pleinement avec les divers aspects du nettoyage avant d’envisager de les déléguer aux femmes car on ne peut déléguer que ce qui nous appartient, ce qui nous revient. De même, le moment de l’accouchement nous apparait comme typiquement masculin en ce qu’il permet de se libérer d’un fardeau alors que les femmes tendent à conserver, à accumuler.. On peut également penser que dans le monde de la caverne, la propreté n’était pas facilitée en comparaison de ce qui se passait à l’extérieur de la dite caverne.

On évitera les anachronismes ; le présent n’est pas nécessairement une clef pour appréhender le passé. Ce qui est possible de nos jours ne se concevait pas nécessairement autrefois et vice versa, ce que nous ne savons pas faire maintenant , nos ancêtres étaient en mesure, eux, de l’accomplir. Un autre contresens consisterait à croire que les personnes qui sont réunies autour d’un projet ont pour ciment le dit objet alors qu’un observateur est à même d’observer qu’elles présentent certains points communs liés à leur âge, leur sexe, leur origine. Nous parlerons d’une double homogénéité, celle qui est affichée et celle qui s’incarne. Souvent, un certain rapport à l’argent apparaît comme le principal lien entre les membres du groupe par-delà l’intérêt proprement dit de l’entreprise.

D’aucuns nous reprocheront au nom d’une Humanité une et indivisible de vouloir segmenter l’Humanité, de mettre l’accent sur les divisions socio-culturelles. Certes il est aisé dans le monde de la caverne, de mette en avant un impératif d’harmonie, de concorde, étant donné que dans ce monde, c’est le discours qui est voué à l’emporter sur l’observation du réel, puisque dans cet espace clos et sombre, ce qui est dit importe plus que ce qui est. Il est certes plus facile de s’entendre sur des mots que sur des faits objectifs quand le visuel est mis sur la touche. En ce sens, les femmes qui sont, pour nous, les descendantes du monde de la caverne ne connaitront jamais le monde qu’au prisme de ce qui en est dit ou pas.

Comment se prépare notre XXIe siècle, à peine ébauché en vérité et dans lequel nous ne sommes vraisemblablement pas encore entrés ? Ceux qui parlent de changement devraient commencer par se demander s’ils connaissent le monde qu’ils veulent ainsi transformer, s’ils le comprennent. Nous avons de bonnes raisons pour penser que ce n’est pas le cas. Bien plus, que signifie changer une réalité qui nous échappe ? Ceux qui parlent de changement doivent savoir que l’on tend à vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Les faux prophètes ne cessent de produire des signes de changement en les surinterprétant, prenant leurs désirs pour des réalités et des vessies pour des lanternes.

Les débats restent beaucoup trop abstraits quand on traite des hommes et des femmes, alors qu’il s’agit d’une question absolument capitale tant pour appréhender le passé de l’Humanité que son futur sinon son devenir. Quand on décrit ces deux « mondes » de façon plus concrété- notamment sur le plan sensoriel- on se fait une idée bien plus claire de ce qui les sépare. Les valeurs qui les séparent ne sont pas le fait de l’éducation mais bien d’un héritage génétique extrêmement ancien. Quand bien même entendrait-on le dépasser, encore faudrait-il en prendre connaissance. Or, nous assistons à des professions de foi qui partent du présupposé selon lequel le problème ne se pose pas puisque tous les humains auraient une seule et même origine. On est donc ici en plein dans un syndrome de déni. Et force est de constater que face au problème d’une cyclologie connectée sur certaines configurations astrales, on assiste à une même fin de recevoir, ce qui aura longtemps découragé toute recherche dans le champ sexo-cyclologique/

Il et peut être bon d’insister, au final, sur le fait que le rétablissement d’un lien structurel avec le cosmos, notamment au regard du religieux, n’est pas un simple fantasme d’historien pas plus qu’une obsession d’astronome. Il s’agit en fait de nous reconnecter -ni plus ni moins- avec la Subconscience, et de renouer avec les choix effectués par nos lointains aïeux et qui continuent à nous engager, qu’on le veuille ou non . Comme il est dit au Livre d’Ezéchiel, chapitre 18, versets 1 à 9: « La parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots: Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël: Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées? « .On peut en effet déplorer que les sociétés anciennes aient jugé bon de s’organiser en instaurant des fonctions différentes entres les humains, du fait d’apparences différentes -et n’est-ce pas ce que nous continuons à faire quand nous passons ou nous arrêtons ou non à un feu de signalisation, selon qu’il est vert ou rouge ?-, mais il y a là un facteur de stabilité incontestable – les chiens aboient mais la caravane passe- qui fait un heureux contrepoids aux atermoiements de la Surconscience avec ses calendriers électoraux qui varient d’un côté ou de l’autre des Pyrénées (Montesquieu)

La politique du XXIe siècle sera-t-elle celle d’une gestion uniforme de l’Humanité, au nom d’une Nature qui nous dit que nous avons tous, en remontant très loin dans le temps, une même origine ou bien, tout au contraire, assumerons-nous ce que nous avons appelé le stade « antithétique », consistant à ne pas nous laisser dicter notre destin par les dictats de la dite Nature c’est à dire en fait une approche anachronique qui plaque sur les sciences sociales les dernières découvertes des sciences dures, ce que nous appelons un antihumanisme niant l’aptitude des humains à restructurer, à repenser la Nature. ? Certes, dans l’absolu, tout ce que les humains ont établi en termes de division, de répartition du travail peut -il être disqualifié face au rouleau compresseur de la Science « dure » voire de la technologie laquelle tend à occulter les handicaps et les inégalités, d’où l’urgence qu’il y a à ravaler, à restaurer les structures du passé, telles qu’elles s’inscrivent dans la Subconscience mais dont nos représentations ne nous livrent plus qu’un champ de ruines. Décalage ô combien étrange entre la réalité et le discours de déni actuellement tenu sur celle-ci, alors qu’il suffirait le plus souvent de procéder à une réforme, au prix d’un nettoyage de tout ce qui vient fausser la perception des similitudes.

On nous reprochera, peut-être, de tantôt souligner les différences, et tantôt de vouloir les minimiser. Mais ce serait là engager un bien mauvais procès. Il est clair que ceux qui insistent sur les différences entre les membres d’un même groupe cherchent en fait à nier la spécificité même du dit groupe, l’individualisme ayant vocation à vouloir neutraliser le communautarisme. Au nom d’un individualisme exacerbé, qui n’est dû en fait qu’à des facteurs marginaux et amovibles, à des pathologies et à des accidents, l’on prétendrait ainsi démontrer-au prix d’un grand écart, que l’Humanité serait une.

Force est de constater qu’en ce début de XXIe siècle, la notion de cyclicité est absente de la culture dominante. Le plus souvent, quand un sujet est abordé, il n’est pas resitué dans un certain espace-temps . La philosophie tend à faire totalement abstraction d’une telle problématique et séduit, attire, de ce fait ceux et celles qui ont un problème à cet égard, au regard de l’idée de dualité, c’est-à-dire d’altérité et d’alternance.

A coup sûr, la Subconscience « libére  -t-elle l’homme de maints fardeaux, en multipliant automatismes et automates.. Se pose un probléme d’ancienneté et dans ce domaine tout est relatif. Il y a ancien et plus ancien encore.

Nous vivons dans le temps de la Surconscience. C’est le temps de l’apprenti-sorcier qui entend remettre en question l’ordre ancien du monde, le remodeler pour en recouvrir les structures voire à terme à en nier jusqu’à l’existence et paradoxalement, ce sont les femmes lesquelles pourtant correspondent à un état fort ancien de l’Humanité qui affirment le plus fortement leur croyance dans un futur qui s’émanciperait du passé, ce qui peut d’ailleurs passer tout simplement par le déni du dit passé. Mais les hommes n’appartiennent-ils pas à un monde encore plus ancien que celui des femmes, un monde antérieur à l’invasion bio-technologique dont les femmes sont le résultat.

Il est vrai que ce qui est de l’ordre de la Subconscience tend à nous échapper, serait transcendantal alors que ce qui relève de la Surconscience serait de l’ordre de l’immanence, de ce que nous comprenons, concevons. En ce sens, la Subconscience appartiendrait à la Nature, mais à une Nature humaine très ancienne alors que la Surconscience serait assimilable à la Culture et à ses modes et modernités successives. On retrouve ici peu ou prou les enjeux de la Querelle des Anciens et des Modernes.

Il est clair que la façon dont notre appareil digestif fonctionne ne saurait être assimilée à la façon dont fonctionne un appareil électrique. Mais dans les deux cas, ces « appareils » nous épargnent une suractivité de la conscience. On connait cette plaisanterie consistant à dire que l’on ne risque pas d’oublier sa tête alors que l’on peut oublier un instrument, se le faire voler, le perdre ou encore négliger de le brancher. Ce qui n’est pas le cas de la Subconscience du premier type. On dira aussi que dans le stade intermédiaire dont il vient d’être question, il y a aussi un risque de défection de la part du partenaire.

Bref, la Surconscience a vocation à libérer Adam de diverses contraintes, de certaines responsabilités non plus du fait d’une croissance interne mais de celui d’une croissance externe/

Le temps n’est plus dès lors aux alliances entre des mondes différents mais à une véritable intégration, une unification. On a dit que les perspectives de fin du monde conduisaient à prophétiser la fin, le dépassement des clivages. C’est ainsi qu’il convient de comprendre un certain discours dans la sphère du religieux, ce qui est le propre du monothéisme.

Nous n’avons plus affaire qu’à des gens qui se situent dans une autre dimension, un autre espace-temps et qui récitent par cœur– ou tout simplement relisent, ce qui est désormais la règle – machinalement ce qu’ils ont appris, comme s’ils s’adressaient à un mur. On répète, nous dit-on, jusqu’à ce que le jeu devienne « naturel » mais ce n’est là qu’un subterfuge pour faire croire à la fraicheur de l’improvisation. Pour les machines, tous les éléments d’un même ensemble sont censés être strictement identiques : on en a vu un, on les a tous vus. Il ne peut pas y avoir d’exception ni de probabilité. Donc, si je pose une loi et que cette loi souffre des exceptions, la loi ne serait plus valable. Ce serait là ne pas tenir compte de toutes sortes d’interférences possibles, à commencer par des critères de temps qui font qu’à partir de telle époque, certains facteurs ne permettent plus la même lisibilité, notamment dans le domaine psychosociologique.

On a clamé urbi et orbi que « Dieu est mort » et à présent on nous déclare « l’homme est mort », au sens de l’homme (vir) comme supérieur à la femme. Un jour, les machines crieront que l’Humanité est morte. Chaque fois, on est dans le déni.

Tout créateur semble devoir être condamné, tôt ou tard, au déni de la part de sa créature, de sa création. On sait l’importance du reniement dans l’Evangile. La tentation est celle de l’ingratitude, on refuse de reconnaitre les dettes que l’on a contractées. L’effacement des dettes a souvent été un enjeu- par exemple en ce qui concerne littéralement les prêts auprès d’usuriers juifs.

Le déni des hommes à l’égard des dieux s’appelle athéisme. Le déni des femmes à l’égard des hommes s’appelle féminisme, et on pourrait parler d’un ananthropisme (sur le modèle de l’athéisme) ou mieux encore d’un antihumanisme . Un jour, les machines basculeront à leur tour dans le déni, au nom du « machinisme ». Un tel refus du masculin pourrait être qualifié de « castrateur » et impliquer une forme de frigidité plus ou moins délibérée envers ce qui émane des hommes sur le plan psychique sinon sur le plan physique. Ce mode castrateur est notamment manifeste quand on assiste à une volonté systématique de décourager toute approche théorique recouvrant un grand nombre de cas. D’aucuns voudraient que nous ne puissions rien dire du passé et c’est ce qui souvent se cache derrière les reproches de misogynie ou d’antisémitisme. Nous proposerons de qualifier ceux qui sont dans le déni systématique d’un passé qui pourrait perdurer, de « dénimenteurs». Car la cyclicité n’est pas le déni du passé, comme on pourrait le croire mais de ce qui aura sali ce passé. On ne jette pas le bébé avec l’eau du bain !

On entend encore de nos jours que les hommes jalouseraient les femmes parce qu’ils ne peuvent conduire l’enfantement jusqu’à son terme mais seulement l’initier. Il convient de faire justice d’un tel argument inlassablement ressassé! Peut-on être à la fois au four et au moulin ? Il reste que la femme porte en elle le « secret » de la gestion du fœtus, un secret qui relève de la Subconscience et qui agit à son corps défendant.

L’architecte serait dans ce cas jaloux du maçon qui mène à bien la réalisation des plans qu’il aura tracés. Le peuple sera envieux des députés qu’il aura élus, auxquels il aura confié son destin ; le dramaturge supporterait mal de voir les comédiens jouer son œuvre. Il est vrai que l’acte même de déléguer fait psychologiquement problème –il correspond à un stade de déchargement et donc de libération qui met fin au temps de l’androgynat. Or, le passage de l’un au multiple est nécessaire dans le temps comme dans l’espace. Celui qui meurt sera jaloux de ceux qui lui survivent. Il faut souligner qu’une femme seule ne fait pas sens et que l’on ne peut parler de la femme qu’au pluriel quant à son rôle social.

On peut penser que si l’homme a des bras, c’est parce qu’il ne s’est pas servi d’un instrument pour saisir les choses. Il aura forgé ses propres outils lesquels il aura transmis génétiquement sans passer par la Surconscience. Mais vient le temps des alliances, c’est-à-dire le temps où cette évolution première se tarit, s’essouffle et l’homme adamique s’expose alors à des abus de faiblesse car toute alliance est, à nos yeux, ambiguë en ce qu’elle implique de persuader l’autre qu’il a besoin de nous. Il y a celui qui se décharge- qui lâche prise- et celui qui se charge et tend à s’approprier ce qui lui est confié. . Par « anthropocentrisme », nous entendons ici l’alliance avec d’autres forces que l’on entend mettre à son service, ce qui implique une certaine forme d’hégémonisme encore que l’on puisse se demander qui domine qui ou qui se laisse dominer.

Il est un adage bien connu : « le cheval est la plus belle conquête de l’homme », qui nous place au cœur de la problématique de l’alliance et que l’on a trop souvent tendance à oublier ou à refouler. A l’instar du mimétisme, la politique d’alliance contribue sensiblement à complexifier, à brouiller, notre perception, notre représentation du monde.

Qui dit alliance, dit obligation, lien et cela fait ipso facto intervenir le juridique, le religieux, tout ce qui crée du lien. Ces alliances, ces pactes, se concluent avec des partenaires dotés d’une certaine mobilité, ce qui exclue les végétaux mais non les minéraux, si l’on considère le cas des astres. C’est d’ailleurs cette capacité à se mouvoir qui justifie ces alliances que recherche l’humanité en un premier stade, laquelle-on l’aura compris-ne comporte pas les femmes lesquelles correspondent à une autre humanité ayant eu son propre développement, sa propre évolution.

Il est à noter que les religions comportent une dimension juridique et c’est d’ailleurs sur ce point qu’une scission eut lieu, au sein du monde juif, entre ceux qui sacralisaient certaines lois et ceux qui considéraient qu’il s’agissait là de coutumes qui n’avaient rien d’indispensable pour le judaïsme, ce qui est d’ailleurs le point de vue de ceux qu’on appelle les Juifs « laïcs ». Cette catégorie de Juifs est tout à fait révélatrice d’une tension entre subconscience et surconscience. Les juifs dits Laïcs n’ajusteraient pas ces deux plans ou si l’on préfère ils seraient Juifs au regard de la Subconscience mais non de la Surconscience. En fait, nous parlerons d’une « conscience juive » -expression classique – pour indiquer ce sentiment diffus d’une différence que l’on ne parviendrait pas pour autant à s’expliquer.

Un Chrétien ou un Musulman auront dès lors quelque difficulté à comprendre ce que c’est ce que ce judaïsme séculier (comme on dit aux Etats Unis, secular judaism) dans la mesure où leur identité passe avant tout par la Surconscience. Mais ne peut-on en dire autant des femmes, elles aussi, prises entre Subconscience et Surconscience, en ce sens que domine un certain discours égalitaire, de l’ordre de la Surconscience alors même qu’elles vivent une autre expérience dans le champ de la Subconscience ? Il est vrai qu’il est plus facile de nier sa judéité que sa féminité. Il y a là quelque paradoxe : on nous dit que l’on ne peut savoir, d’entrée de jeu, qui est ou n’est pas juif et en même temps, il semble que l’on ne puisse guère échapper à cette condition. En vérité, de nos jours, il serait plus facile d’affirmer l’égalité des sexes, en dépit des évidences anatomiques que celle des « peuples » (races).

Pour le juif qui ne respecte pas le Shabbat, signe, depuis Moïse, de l’alliance entre son peuple et son dieu, sa conscience juive se situera sur un plan plus subtil, comme dirait Jankélévitch mais aussi passerait par le regard de l’autre qui sait qu’il est Juif, selon Sartre. On parle de retour (Teshouva) au judaïsme pour ces Juifs qui décident d’ ajuster un certain ressenti sur une pratique instituée, comme celle du Shabbat.

Même les Chrétiens ont préservé cette pause hebdomadaire même si celle-ci a été décalée et se nomme Dimanche, le jour du seigneur. Il nous semble assez ridicule de maintenir des interdits alimentaires anciens mais, comme nous le proposons par ailleurs, l’on peut se résoudre à en fixer de nouveaux. Il ne s’agit pas d’interdire mais bien de renouveler les interdits, de les actualiser consensuellement et jusqu’à nouvel ordre, autour d’un nouveau consensus. Or, le Shabbat n’est-il pas par excellence le lieu de la recherche d’un nouveau consensus, puisqu’il est l’occasion offerte de semaine en semaine d’échanger, de débattre, en tant qu’assemblée. En Israël, le mot synagogue se dit comme le mot Parlement : (Beyt) Knesset, rendu en latin par Ecclesia, Eglise, le mot même de synagogue- mot grec- signifiant le fait d’aller ensemble. Mais le Shabbat, c’est aussi un temps de repos, après six jours de travail. Cela crée une dualité de temps qui fait pendant à une dualité d’espace. Tout comme dans l’espace, il y a un lieu qui va s’occuper de ce dont on veut se décharger, il y a dans le temps, une période, une parenthèse, où l’on n’entend plus se soucier de ce qui nous a occupé.

Le Shabbat est le temps où l’éventail céleste se replie, du fait de la conjonction, de la nouvelle Lune avec son faible croissant. Saturne est l’astre du Shabbat, on le nomme Shabtai (c’est aussi le nom du faux messie Shabtai Zevi) dans les textes astrologiques hébraïques médiévaux- nous en avons traduit (Ed Retz, 1977) et il se conjoint tous les 7 ans avec l’un des 4 étoiles fixes royales, dont parle Ezéchiel avec sa vision du tétramorphe, formant ainsi ce que nous avons appelé le Triangle Sidéral, lequel pourrait correspondre à l’Etoile des Mages, mais rappelons que la naissance de Moïse avait déjà été annoncée d’où l’épisode de son adoption par une princesse égyptienne. (Exode). On comprend que le Shabbat, il faille se défaire de ce qui s’est accumulé au cours de la semaine. La majorité religieuse juive pour les garçons- la bar mitsva (à 13 ans)- se célèbre lors d’un Shabbat. On notera que la planète Saturne sera associée au peuple juif dans la littérature astrologique médiévale en raison de ses attributions néfastes. (cf. Raymond Klibansky, Erwin Panosky; Fritz Saxl, Saturne et la mélancolie Etudes historiques et philosophiques. Nature, religion, médecine et Art, Paris,Gallimard, 1989)

L’Humanité aura donc conclu un certain nombre de pactes avec un certain nombre d’ensembles. C’est ainsi que nous avons opté pour la thèse selon laquelle notre présente humanité résulterait d’une synergie entre plusieurs lignées d’humanoïdes qui se seraient amalgamées. Les différents objets que nous étudions ne sont pas censés réagir à nos propos les concernant. Deux exceptions : les Juifs et les femmes d’où les expressions d’antisémitisme et de misogynie qui en réalité leur servent de mode de défense. En fait, le malaise viendrait, selon nous, du décalage entre Subconscience et Surconscience, entre l’instinctif et l’éducatif. Les femmes fascinent les hommes et il n’est pas évident de comprendre pourquoi, sans remonter à de très anciens cultes. Mais en ce qui concerne les Juifs mais aussi les antisémites, il est clair que cela ne saurait s’expliquer au seul niveau d’’une culture surconsciente. On ne peut exclure que le e regard des non-juifs à l’endroit des Juifs ne contribue à leur faire prendre conscience d’une différence qui ne s’explique pas au vu de nos connaissances actuelles. Ce n’est point l’élégance vestimentaire des femmes qui les signale à l’attention des hommes, cela se situe sur un plan plus subtil. De même, ce n’est pas tel ou tel trait distinctif des Juifs – malgré diverses tentatives dans ce sens- qui les met à part. Quelque chose est capté les concernant qui échappe en fait à tout le monde et qui en même temps n’en est pas moins ressenti fortement.

Ces deux populations, – les Juifs et les femmes- entendent avoir un droit de regard sur ce qui est dit à leur sujet, ce qui constitue un obstacle épistémologique, conduit à une certaine forme de censure voire d’autocensure. D’un autre côté, nous rencontrerons également des obstacles à propos des astres et des dieux, en la personne de ceux qui prétendent parler en leur nom : on pense aux astronomes prompts à protester si l’on s’aventure sur leur chasse gardée et aux prêtres de diverses religions tout disposés à polémiquer autour de la question des dieux, et notamment sur la problématique du dieu unique.

Au vrai, toute alliance, tout alliage fait problème et est révélateur de faiblesses chez les deux partenaires. D’où vient ce sentiment de manque qui fait préférer faire appel à autrui plutôt qu’à rechercher des solutions en soi-même ? Par ailleurs, même quand un des partenaires n’a pas été demandeur, il n’en reste pas moins qu’il n’aura pas été en mesurer de l’éviter, de la neutraliser. On pense à ces mariages arrangés. Celui qui se laisse pirater par autrui montre ainsi sa vulnérabilité. Même les astres qui n’ont à l’évidence pas voulu que l’on se réfère à eux, n’en sont pas moins en quelque sorte compromis, en ce qu’ils n’auront pas su se défendre contre certaines intrusions, pas parvenus à faire entendre leur protestation, à moins que l’on ne considère qu’ils ne se soient exprimés par la bouche des astronomes. On pense aussi aux peuples qui auront subi une occupation, une colonisation et qui se sont ainsi retrouvés dans l’obligation de « collaborer ».

C’est au fond la notion même de couple qui fait problème. Qu’est-ce à dire, en vérité, que cette alliance entre un peuple et un dieu, est-ce que cela fait sens ? Mais est-ce que le problème n’est pas, en définitive, la solution ?

Selon nous, le couple tend à abolir les clivages, les différences. Aller vers un être appartenant à une autre dimension n’a rien d’évident et relèverait, en quelque sorte, de la trahison. Autrement dit – pour approfondir notre réflexion sur les causes de l’antijudaïsme, ne faut-il pas commencer par s’interroger sur le projet inouï d’une telle alliance contre-nature et qui serait perçue comme telle tant par le monde des dieux que par celui des hommes ?

Le Démos n’instrumentaliserait-il pas l’idée de couple si par là on entend une initiative qui entend créer du lien là où il n’y a pas à en avoir ? Et de fait, toutes les expériences de couple ne vont-elles pas justement dans le sens d’une transgression ? A contrario, tout rupture du couple ne signifierait-elle pas un retour à la normale, à commencer par la fin du couple homme-femme qui serait comparable à la remise en question du couple peuple-dieu ? Le couple a vocation à être transgressif et c’est ce qui lui donne du sens d’où la condamnation paradoxale des couples non transgressifs que forment les homosexuels. On touche là à la notion de NEXOS. Il n’y a aucun intérêt à rapprocher ce qui se ressemble et cela vaut on le verra, au niveau cyclique : le cycle formé par deux planètes n’est pas viable alors qu’il l’est quand il relie une planète et une étoile, ce qui peut être montré mathématiquement.

En fait, la notion de couple nous apparait comme un état médian entre le refus des clivages et leur respect. Il s’agit là d’un compromis, d’une exception. Un élément de l’ensemble A pourra se relier à un élément de l’ensemble B mais non pas tout l’ensemble A avec tout l’ensemble B. On a le cas classique des mariages princiers permettant un brassage entre Etats par le biais des alliances. Il en fut ainsi pour les mariages espagnols pour Louis XIII et Louis XIV au XVIIe siècle. Le Démos consiste à dire que l’exception ne confirme plus la règle mais constitue celle-ci. En ce sens, le Démos dénie le principe extraordinaire du couple et préférera à la limite que chaque ensemble soit fermé sur lui-même, remettant ipso facto en question l’exogamie ponctuelle pour en faire un principe universel. Le christianisme relèverait ainsi du Démos en ce qu’il entend refuser le caractère exclusif du rapport d’Israël à son propre dieu ou en affirmant que le dit dieu serait celui de tous.

La grande leçon du couple est qu’elle conduit à un respect de la différence. Or, force est de constater que la plupart des groupes, en dépit de ce qu’ils affirment, fonctionnent autour d’un modèle de pensée unique, en tout cas dominant.

Il peut être tentant de mettre fin à certaines alliances ou de remplacer certains partenaires par des machines qui seront plus dociles.

La question qui se pose est de savoir si le stade anthropocentrique relève de la Subconscience ou de la Surconscience. Bien des éléments semblent indiquer que ce stade nous laisse une certaine liberté de mouvement qui n’existait pas au stade précédent. On sait ce qu’il en est des rapports entre les hommes et « leurs » femmes comme ceux qui régissent ceux des hommes et de « leurs » dieux. Le fait que ces relations soient fortement régies par le Droit, la Loi, nous indique que nous échappons ici à la sphère de la Subconscience. En cela, nous distinguerons très nettement entre le rapport de hommes aux astres et celui qu’ils entretiennent avec l’au-delà, même si dans les deux cas le mot « Ciel » est utilisé. Le rapport aux astre, du moins -on l’aura compris, en ce qui concerne le cycle de 7 ans, qui s’inscrit dans la dynamique sabbatique- relève selon nous du stade androgynal alors que le rapport aux « dieux » s’inscrit dans le stade « anthropocentrique » et de ce fait est plus superficiel. On notera d’ailleurs, l’entreprise « mythologique » ayant consisté à associer les dieux à des astres. Quid justement de l’insistance dans le Pentateuque et dans la pratique qui en découle- bien des prières juives en sont des extraits, à commencer par le ‘Ecoute Israël », qui en est une sorte de compilation non à l’abri des redondances? Que le respect du Shabbat soit présenté comme le signe par excellence de l’alliance entre un dieu et « son » peuple, nous apparait comme ne pouvant se comprendre qu’au prisme du cycle de 7 ans.

L’Homme adamique -et cela passe par la loi (mariage, pacte)- a conclu des alliances avec deux populations que nous allons étudier ci-après : les femmes et les esprits. Et l’on peut éventuellement classer les hommes selon un tel critère: ceux qui comptent sur les femmes et ceux qui comptent sur les esprits, les uns étant considérés comme extravertis et les autres comme introvertis, dans la mesure où leur dépendance se situe sur un plan plus subtil.

Nous sommes tous des descendants, des héritiers tout comme nous sommes tous membres de communautés. C’est dire que notre dimension individuelle n’est qu’illusoire. Mais en même temps, c’est en nous même que nous captons et découvrons ce qui est inné en nous-encore que d’aucuns nient cet innéité – et ce que nous partageons dans le temps et dans l’espace avec une large population, mais nous n’entendons pas ici toute l’Humanité, ce qui serait bien trop vague et sans grand intérêt. Il nous faut précisément déterminer les liens qui nous unissent dans l’espace et dans le temps avec telle ou telle population afin de nous aider à identifier nos propres potentialités individuelles et le chemin qu’il nous est offert de parcourir tout au long de notre existence.

Il est plusieurs façons de réénchanter le monde : l’une consiste à rajouter des choses, l’autre à en enlever et instinctivement, nous pencherons vers l’une ou l’autre voie., non point tant du fait de notre éducation mais de façon plus viscérale, plus instinctive, plus compulsive. On peut enchanter le monde en brodant sur les descriptions du monde, en les enluminant tout comme on peut l’enchanter en le purifiant de ses scories et donc quelque part de ses ajouts. Deux logiques antagonistes s’affrontent, chacune tentant d’imposer ses « valeurs » intérieures en les faisant passer pour extérieures.

Réenchanter le monde ne saurait se limiter à restaurer les documents et les monuments du passé, les œuvres d’auteurs plus ou moins anciens, ce qui ressort du champ de ce que nous désignons sous le nom de Surconscience ; Il s’agit également et peut être avant toute chose de restituer des états bien plus anciens qui s’inscrivent dans notre patrimoine génétique et donc se relient à la Subconscience. Dans le cas de la cyclicité, les deux plans se conjuguent dans la mesure où le passage vers un nouveau cycle, implique en effet un certain nettoyage de ce qui avait pu s’accumuler avec le temps, en termes d’accidents, d’interactions mais aussi le retour aux fondamentaux de ce que nous appelons la Subconscience On n’est point dans ces deux cas dans une seule et même temporalité : dans un cas, il s’agit d’une historicité relativement récente alors que dans le second, on plonge dans un passé infiniment plus reculé mais aussi bien plus profondément ancré dans notre « Inconscient collectif »

L’idée de réforme a comme pendant celle de déformation, de difformité. Tôt ou tard, la forme tend à se déformer et il lui faudra à terme tenter de se régénérer, selon un processus cyclique. Toute chose, tout être sont condamnés à perdre leur forme, d’où le mythe de la fontaine de jouvence, de l’éternelle jeunesse. (cf. Dorian Gray d’Oscar Wilde). Le réformateur, stricto sensu, est le sauveur, celui qui effacera les atteintes du temps. On l’attend comme le Messie.

Or, la clef du processus de réforme est en quelque sorte cachée au sein de la « meule » astrologique à l’instar d’une aiguille. Il importe de connaitre à l’avance quels sont les temps de la réforme et de les accepter comme des moments certes éprouvants mais néanmoins nécessaires. Cette prise en compte devrait être inscrite dans la Constitution de la Ve République ou de tout autre Etat. Les sciences juridiques sans les repères cyclologiques sont condamnées à l’inanité, au dérisoire. Il faut parvenir r à un consensus autour du cycle de 7 ans en comprenant comment le cycle finit –avec le temps, par se brouiller, se détraquer, se défigurer bref se déformer du fait de la multiplicité des incidents, des accidents qui finissent, à la longue, par faire perdre conscience du processus originel. D’où la nécessité de réformateurs chargés de lui restituer sa forme d’origine, de le « reformater ». Encore faut-il repérer et prépare les réformateurs de demain car il s’agit d’oiseaux rares et il n’y en aura pas pour tout le monde. On sait que certaines grandes entreprises s’arrachent de tels personnages capables de les restructurer.

Il nous apparaît que le déni – est la condition actuelle de l’humanité à laquelle celle-ci serait condamnée. Il y aurait en fait un triptyque déni-fascination- double contrainte (double bind) qui correspondrait assez bien à l’image du serpent de la Genèse. Mais n’oublions pas que le génie de l’humanité est dans le déni, lequel correspond au stade antithétique, lequel nous fait prendre le contrepied du cours normal des choses pour tenter de lui substituer une nature réaménagée, à la façon des jardins à la française. Mais le déni n’est-il pas également la manifestation d’un certain génie que nous avons qualifié d’antithétique de l’Homme ? Tendance à prendre le contrepied des « faits », en se construisant contre une Nature jugée suspecte, bref à transgresser. Mais ce que nos ancêtres sont parvenus à faire, sommes-nous en mesure de le réussir de nos jours ? C’est là tout notre drame que de devoir reconnaitre que nous ne sommes pas à la hauteur de nos ancêtres. Prise de conscience de l’inanité de nos tentatives actuelles de déni. Les temps changent !

N’est-ce point-là la racine d’un certain antijudaïsme mais aussi selon nous d’un antihumanisme, terme à prendre au sens premier d’hostile à l’Homme (au sens masculin du terme) ? Pourquoi eux et pas nous ? Parce que le temps des Créations est révolu, qu’il est clos. Mais l’on sait qu’avec le progrès technologique, d’aucuns ne désespèrent pas de prendre un jour leur revanche, dans l’attente d’une Quatrième Création (cf. le dernier ouvrage de Luc Ferry, La révolution transhumaniste, Plon, 2016)

On ne pouvait pas indéfiniment continuer à employer des termes comme masculin et féminin sans les définir. C’était là comme un point aveugle qui perdurait dans un monde avançant à l’aveuglette. C’est un tel effort de formulation qui nous aura ainsi permis d’identifier l’esprit des « Dix Commandements » et de montrer qu’il s’agissait d’une profession de foi radicalement à l’usage des hommes, et d’ailleurs on y évoque l’attitude à l’égard des femmes. Nous y voyons une déclaration à caractère écologique visant à résister à toute tentation de faire appel à ce qui nous est extérieur, étranger.

Nous nions ce qui nous distingue de ceux qui nous fascinent et ceux qui sont l’objet de notre fascination nient que nous leur ressemblions. Dès lors, nous nous plaçons en porte à faux : ce que nous prétendons accomplir ne correspond à nos moyens et cela génère une sensation frustrante de « double bind » qui envahit actuellement notre société où l’on ne croit plus aux annonces des politiques. Mais étrangement, il y a encore un effet d’annonce qui n’a pas encore été démystifié, c’est celui de la prétention des féministes – hommes ou femmes – à une «égalité » entre hommes et femmes, et dont nous pensons que cela ne pourrait se solder à terme que par une faillite.

Certes, nous partageons une seule et même planète- du moins jusqu’à ce jour mais quelle est la portée d’un tel commun dénominateur ? Il est évident qu’un certain discours écologiste ne peut que renforcer l’idée d’une solidarité à l’échelle de notre Terre, ce qui va dans le même sens que les généralités langagières sur les « êtres vivants », les « humains ». Mais on aura montré, ici, à quelle dérives cela peut conduire si l’on ne considère pas aussi les enjeux d’une écologie spirituelle qui nous tire non pas vers le bas mais vers le haut.

Nous nions l’image qui nous est renvoyée par le regard de l’autre dans laquelle nous déclarons ne pas nous reconnaître.

En ce sens, nous ne cessons de mettre en doute ce que dit et fait autrui. C’est la guerre des représentations, des transferts et des contre-transferts.

Peut-on imaginer une humanité apaisée et renonçant à l’arme du déni ?

La fascination a une dimension gravitationnelle qui conduit à une certaine confusion, à de la promiscuité, un peu comme l’exode rural aboutit à l’engorgement des cités, aux bidonvilles périurbains.

Comment résister à l’attirance qu’exerce autrui sur nous, non pas en tant qu’individu mais en tant que groupe, inscrit dans une Histoire sise dans la longue durée ?

Comment les Chrétiens devraient-ils se situer par rapport aux Hébreux d’hier et aux Juifs d’aujourd’hui ?

Comment les femmes devraient-elles assumer leur différence par rapport aux hommes, par-delà la seule question de la procréation et de l’anatomie ?

Comment juguler la puissance des mimétismes ?

Mais par ailleurs, comment nier la valeur de ce que l’autre nous renvoie – par son regard- de nous-mêmes, tel un miroir qu’il nous tend ?

Nier la qualité de ce regard, c’est miner tout ce qui a trait aux sciences de l’homme. Autrui est statisticien de par son appréhension globale, aussi caricaturale serait-elle. Il y a donc là un enjeu épistémologique majeur car cela concerne les « faits » d’observation et sans eux, nous en sommes réduits à des spéculations, à des grilles que nous plaquons sur le réel, à la manière d’aveugles qui ne voient que ce qu’on leur dit de voir.

Nous n’avons donc d’autre choix d’écouter ce qu’autrui – pris en tant que collectif- membre d’un collectif- a à dire à notre sujet car nous ne sommes pas en mesure de traiter de nous-mêmes tant nous nous perdons dans les détails dès lors que nous sommes confrontés à nos semblables. Et cela est logique car face à ce qui nous ressemble, notre réflexe est de nous différencier, par tous les moyens, par quelque artifice au nom d’une sacro-sainte individualité.

Autrement dit, les femmes n’ont pas d’autre choix que d’accepter ce que les hommes disent d’elles et vice versa, quitte à être en situation d’objet et non plus de sujet.

Il importe aussi, on l’aura compris, que chaque groupe se doit de reconnaître à quel point tel autre groupe le fascine mais ce n’est pas une raison pour vouloir prendre sa place. Inversement, un groupe doit admettre qu’il fasse l’objet d’une certaine fascination en n’épousant pas le point de vue de celui qui le regarde, c’est la pente du contre-transfert que de se laisser prendre aux enjeux de l’autre, d’entrer dans son jeu/

Les outils que nous proposons ici nous semblent pouvoir servir de grilles, de clefs pour appréhender des phénomènes comme l’immigration, la colonisation, en ce qu’ils sont liés à un processus de fascination lequel peut d’ailleurs faire l’objet d’un déni.

Quel avenir pour notre humanité ? Doit-on s’engager dans une spirale du progrès qui assimilerait l’être humain à une machine que l’on peut indéfiniment perfectionner –ce qui est, selon nous, l’expression d’une fascination –immédiatement niée évidemment- de certaines populations pour la machine sur laquelle on voudrait en quelque sorte s’aligner ou bien convient-il, tout au contraire, de renouer avec le stade « paléo », celui dont nous serions les continuateurs, tant sur le plan physique que psychique sinon sur le plan technique ?

La représentation que nous offrons dans cet ouvrage d’une société idéale peut certes choquer en ce qu’elle place au centre de la vie sociale un nombre limité de personnages « solaires » dont le potentiel énergétique obéirait à une cyclicité se répercutant sur l’équilibre même du monde. Le recours à des assemblées, à des conseils ne serait alors que le signe d’une faiblesse, d’un passage à vide alors que l’on tend de nos jours à présenter une telle évolution comme un progrès, ce qui nous semble bien une contre-vérité dramatique. Ce qui n’est qu’un pis-aller est présenté comme une vertu, au nom du « partage » du pouvoir ». Au lieu de priser l’autonomie, l’on célèbre l’interdépendance, ce qui revient à vouloir faire dominer les valeurs féminines sur les valeurs masculines en les présentant faussement comme universelles.

Au vrai, la notion même d’universalité en ce qui concerne l’Humanité est un mirage. Étrangement à l’unité incarnée par un seul homme on voudrait substituer une prétendue unité de la société -qui marcherait comme « un seul homme ». Notre message est au contraire le respect de la diversité sociale et le fait qu’au sein de chaque société, il importe de laisser se développer une dynamique interne articulée sur une énergie centrale, source. La notion d’unité doit être en conjonction vérité repensée, elle n’implique pas ipso facto identité mais complémentarité, ce qui est le propre de la relation hommes-femmes et d’ailleurs ce sentiment d’unité ne saurait se perpétuer indéfiniment, il est remis en question par le temps de la. On dit qu’il faut laisser du temps au temps mais en même temps il faut savoir que le temps entraine une érosion, une corruption et c’est d’ailleurs l’enseignement de toute cyclicité. Le temps nous rapproche de l’unité tout comme il peut nous en éloigner, tout dépend à quel stade d’un cycle on se trouve avec la dialectique propre au cycle de 7 ans telle que nous l’avons précisée. L’Union Européenne, on s’en doute, est particulièrement sensible à de tels soubresauts et une telle structure ne saurait faire l’économie d’études cyclologiques qu’il s’agisse de s’élargir ou de maintenir sa cohérence, ce qui, en tout état de cause, ne saurait s’accomplir sans conduire les réformes appropriées sans lesquelles un démantèlement est toujours à craindre. La phase conjonctionnelle -Saturne rejoignant l’étoile fixe royale Antarès et pliant donc le triangle – actuelle apparait comme un revirement à droite de l’échiquier politique alors que le triangle sidéral favorise les valeurs de gauche. Au bout de trois ans et demi, l’on bascule d’une tendance à l’autre, ce qui ne manque pas de troubler l’électorat qui prend pour argent comptant le temps électoral, lequel ne tient pas compte des réalités cycliques subconscientes lesquelles ne vont pas au-delà d’une période de trois ans et demi (ce qui est assez proche de ce qui se pratique aux Etats Unis). Il importe d’ajuster le droit constitutionnel sur une cyclologie viable et correspondant à des rythmes millénaires. On notera un basculement comparable trois ans après l’avénement de Mitterand et de Hollande,à 29 ans d’écart, avec Saturne littéralement dans les mêmes dispositions.

Un des paradoxes de la connaissance des cycles, c’est que plus on en prend conscience et moins on en subit les effets négatifs, tout comme celui qui sait que l’hiver approche prendra ses précautions, se constituera des provisions (cf. La cigale et la fourmi de Jean de La Fontaine). Mieux vaut prévenir que guérir. Un homme averti en vaut deux, dit l’adage. La cyclicité en elle –même tient à un problème de déperdition d’énergie, elle ne saurait être un idéal en soi mais bien un pis-aller. Le temps de ce que nous avons appelé –techniquement- la conjonction – soit la fermeture du triangle- n’est pas une fatalité nécessaire et l’on dit que le Sage domine ses astres, ce qui ne signifie nullement qu’il doive les ignorer. Bien au contraire. On ne maîtrise pas les choses en n’en tenant pas compte. Par effets négatifs, il faut entendre non pas l’exercice d’une force négative –qui aurait une existence propre mais un processus qui se nourrit de nos dénis. Or le déni conduit à ne pas vouloir étudier. On nous objectera que la nuit a sa raison d’être et qu’il est bon qu’il y ait un temps de repos. Certes, mais que serait une humanité qui ignorerait tout du cycle saisonnier ou du cycle diurne/nocturne et qui n’en subirait pas moins les effets en étant prise au dépourvu ? Or, notre humanité actuelle avance en aveugle par méconnaissance de la Subconscience qui la sous-tend. Le XXIe siècle rendra à la Subconscience ce qu’il lui doit, ce qui recoupe peut être le propos d’un André Malraux prophétisant que le dit siècle ne sera viable que s’il accède à une certaine dimension spirituelle.

Le praticien ne serait-il pas prisonnier des représentations culturelles en vigueur dans le groupe d’appartenance de son client/patient. (cf. l’ethnopsychiatrie) ? D’aucuns voudraient que l’astrologue- par exemple, serve de miroir à notre société, mais c’est là l’aveu d’une astrologie qui ne se connaît pas elle-même et qui doit de contenter de s’aligner sur les valeurs en cours. Or, nous pensons tout au contraire que l’astrologie a vocation à prescrire des valeurs qui lui soient propres et non pas à correspondre aux représentations de ceux qui s’adressent à elle. Ce faisant, l’on remplacerait des systèmes aléatoires notamment dans le marquage du temps par des référentiels cosmiques qui traversent le temps et dont on sait qu’ils sont restés les mêmes à des millénaires de distance, à l’instar du début du mois hébraïque qui a toujours été fixé par la nouvelle lune.

Deux disciplines sont ainsi à constituer et à faire reconnaître : d’une part ce que l’on peut désigner sous le terme de sexo-cyclologie pour la démarquer de cyclologies qui ne reposent pas sur telle ou telle configuration astrale récurrente et d’autre part ce qui correspond à une psycho-sexologie et qui ne réduit pas à ce qui distingue l’homme à la femme à des critères purement physique et physiologiques.

Deux voies s’offrent à notre humanité : l’une où chaque groupe continuera à projeter ses valeurs sur l’autre groupe- notamment les femmes sur les hommes mais pas seulement-, à enchaîner une dynamique fascination-déni et l’autre qui nettoiera tout ce qui a pu générer des confusions et des aliénations, où chaque groupe vivra séparément en entretenant des relations ponctuelles avec les autres, dans une conscience claire des complémentarités, sans s’embarrasser de quelque discours égalitaire ou paritaire articulée sur une mixité toxique. Les rapports sexuels illustrent bien untel schéma impliquant une interaction ne se produisant qu’en des instants très brefs, et notamment par la transmission d’écrits à l’intention des groupes voués à diffuser largement -donc quantitativement – ce qui est généré par le groupe à la plus forte valeur qualitative.

Nous pensons que l’on peut décrire notre propos quant à la cyclicité sous le terme « hebdo » (de hepta, grec, septem en latin) que l’on retrouve dans hebdomadaire (Charlie hebdo), ce qui met évidemment l’accent sur un cycle binaire (en deux temps) de 7 ans, qui ferait pendant à la formule « paleo », qui revendique la nécessité de se situer en un temps très reculé de l’histoire humaine pour déterminer ce qui convient à l’Humanité actuelle, ce qui renvoie à la notion de Subconscience laquelle va à l’encontre d’un progrès qui, lui, serait de l’ordre de la Surconscience, de ce qui aura été ajouté et qui ne tient que par un permanent bricolage et ajustement, assez précaires, en comparaison avec ce qui tient au champ de la Subconscience. Ce « système » hebdo aurait selon nous vocation à servir de nouveau fondement aux sciences de l’Homme, en général.

Fascination et déni forment un couple remarquable. Celui qui est fasciné est aussi celui qui sera le plus tenté par le déni et la femme nous apparaît comme se trouvant au cœur d’une telle problématique. Peut-elle nier qu’elle aime à se retrouver avec ses « sœurs », en groupes plus ou moins massifs, autour d’un personnage « fascinant » – homme ou femme d’ailleurs- ? Peut-elle nier qu’elle est consciente de tout ce que l’humanité doit aux hommes des siècles passés ? Peut-elle nier qu’elle soit marquée par un certain mimétisme à l’égard des hommes ? Peut-elle nier – sérieusement- qu’elle n’apprécie que médiocrement de devoir « donner la vie » en mettant son propres corps à l’épreuve en dépit de ceux qui considèrent que c’est là son principal titre de gloire ? Peut-elle nier qu’elle ne capte la teneur d’un message qu’au prisme de la façon dont celui-ci lui est servi, c’est-à-dire oralement, et par extension tout ce qui touche à la bouche comme les mimiques, le sourire, les grimaces ? Autrement dit, la façon dont on anime son visage serait plus signifiante que le discours tenu et dont les femmes tendent à se défier. En fait, pour les femmes, notre voix parlerait de nous par-delà ce que nous disons tant et si bien que le médium se substituerait au message.

La femme peut-elle nier qu’elle n’aime guère improviser ni les surprises qui la prennent au dépourvu ? Peut-elle nier qu’elle est capable de répéter indéfiniment le même discours devant les auditoires les plus divers ? Peut-elle nier qu’elle apprécie que chacun puisse parler sans être interrompu même si c’est souvent là la preuve d’un manque de réactivité ? Peut-elle nier qu’elle accorde de l’importance à tout ce qui peut s’ajouter à son propre potentiel de départ, avec notamment le recours à des produits, à des objets, à des outils et que cela lui permet d’espérer ainsi combler le fossé qui la sépare de l’homme ?.

Le XXIe siècle sera certainement marqué par un retour au communautarisme. Il ne s’agira plus tant d’affirmer les droits de la personne mais du « monde » auquel elle appartient. Toute investigation de soi-même nous fait découvrir le monde auquel nous appartenons et pas simplement ce que nous sommes en tant que personne. C’est en ce sens que nous comprendrons l’injonction « Connais-toi toi-même ! » C’est sous cet angle que se situera le « droit à la différence », qui est le seul qui fasse sens au niveau du politique. En sortant l’individu de sa communauté, c’est comme si l’on sortait un poisson de son élément. Il ne peut s’épanouir que parmi ses semblables et ce n’est paradoxalement qu’alors, que sa quête d’individuation fera sens. Toute affirmation de valeurs universelles nous apparaît comme toxique et cela vaut pour la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et pour toute philosophie de type kantien (impératif catégorique) autour de la formule « Aime ton prochain comme toi-même ! » qui est absurde dès lors que le prochain est trop lointain, appartient à un autre monde ayant d’autres valeurs, à commencer par ce qui oppose monde masculin et monde féminin. L’approche sociologique devrait prendre une revanche sur l’approche psychologique, Marx sur Freud. L’individu n’exprime en définitive que les valeurs du groupe dont il est issu tant sur le plan de la Subconscience que de la Surconscience et il revient à la sociologie de revendiquer ces deux plans sous l’angle de la fonctionnalité, de la systémique et non sous celui de la contingence personnelle, comme tendrait à le proposer la psychanalyse. La sociologie nous apparaît comme « antithétique » , au sens que nous conférons à ce terme, à savoir un « juste milieu » entre le discours philosophique unitaire et universaliste et le discours psychologique, personnel et idiosyncratique. Or, ce qui fait le génie de l’Humanité, c’est sa faculté à générer des structures à la façon dont les étoiles (stade de la « thèse ») sont regroupées en « constellations » – donc en constructions arbitraires mais intégrées dans une sorte d’Inconscient Collectif – étant entendu que les dites structures tendent à perdre conscience d’elles-mêmes, du fait des scories qui s’y incrustent, dans un processus post-structurel, que nous appelons « synthétique » sinon « syncrétique.

On peut dès lors concevoir une société qui validerait non pas l’égalité des personnes mais des communautés. Il n’y aurait donc pas le risque que telle communauté s’impose à l’ensemble de la société du fait de son nombre. On pourrait ainsi diminuer le nombre de membres de telle ou telle communauté sans que cela vienne affecter son poids au sein d’une société donnée. Les communautés seraient appréciées selon leur rôle et non d’un point de vue quantitatif. C’est ainsi que le XXIe siècle pourrait voir sensiblement diminuer le nombre d’hommes par rapport au nombre de femmes sans que l’on ait à craindre une mainmise des femmes sur la société dans son ensemble. Tel ou tel groupe ne serait pas dominé par telle ou telle majorité numérique dès lors que l’on veillerait à maintenir un certain équilibre des valeurs propres aux différentes communautés. On pourrait assimiler un tel système à une sorte de fédéralisme. Rappelons par ailleurs que les députés à l’Assemblée Nationale ne sont pas élus avec le même nombre de voix car cela dépend de la démographie locale et il en est de même pour les sénateurs, aux Etats Unis ou ailleurs. C’est en cela, que le vote à la proportionnelle nous semble déconseillé car il tend à gommer les clivages et ne peut donc qu’être appauvrissant à terme.

On insistera sur le fait que la Subconscience est avant tout la mise en évidence de fonctionnalités structurelles à tel ou tel « monde », qu’elle n’est pas déterminée par les accidents de la vie comme semble le laisser entendre le freudisme, d’où la différence entre Subconscience et Subconscient tout comme celle entre Surconscience et Surmoi, la Surconscience visant à se superposer voire à s’interposer par rapport à la Subconscience, à substituer le vouloir sur le pouvoir. Notre approche vise à minimiser la part de ce qui est généralement accordé au hasard, à l’aléatoire tant en ce qui concerne notre rapport au temps (les cycles) qu’à l’espace (les mondes). Face à l’essor de la technologie, il est bon de rappeler que l’humanité est également fondée sur des fonctionnalités que l’on peut évaluer, mesurer.et en ce sens qu’elle n’a rien à apprendre des machines qui sont au bout du compte faites à son image.

Nous avons souligné que toute dualité était celle d’un rapport du singulier au pluriel et non de deux facteurs singuliers ou de deux facteurs pluriels. Au regard de la cyclologie, il y a un facteur mobile qui va se joindre successivement à plusieurs repères répartis sur sa route, sa course. Au regard de l’État, il y a au sein de l’espace qu’il contrôle plusieurs « nations », et c’est en ce sens que l’idée d’État-nation avec nation au singulier nous parait irrecevable ; En ce qui concerne les communautés religieuses, par exemple, celles-ci s’inscrivent le plus souvent dans le cadre de divers cadres étatiques parmi d’autres entités englobées au sein d’un même ensemble. On peut donc se dire juif au sein de tel État ou de tel autre. En ce sens, l’on sera lié à la fois aux « communautés » incluses dans un certain État- la France par exemple – et à toutes les communautés juives relevant de divers États. C’est ainsi que les États nous apparaissent comme autant de soleils formant des « systèmes solaires » au sein des quels gravitent divers astres ayant chacun leur propre espace-temps. On en dirait autant en ce qui concerne la structure de l’atome. C’est dire qu’une telle disposition comportant un rapport du centre à sa périphérie semble bien revêtir un caractère universel nullement limité à la vie sociale de notre Humanité et qu’on le veuille ou non la polygamie – en comprenant ce terme dans toutes les acceptions qu’il plaira- suit un tel paradigme.

Tout ensemble composite est voué à instaurer de facto ou de jure une certaine forme de laïcité. Le terme Etat a un double sens, il désigne une certaine superficie, un territoire, un espace mais il désigne également l’autorité de gérer un périmètre susceptible de varier considérablement dans le temps, par extension, conquête ou au contraire par sécession ou par occupation du fait d’une puissance étrangère : on pense au sort de l’Alsace-Moselle entre 1870 et 1945. La France est devenue laïque du fait même de ses conquêtes tant en Europe qu’Outre-mer, du fait qu’elle se trouva ipso facto chargée d’administrer et de faire coexister des entités fort différentes tant religieuses que linguistiques ou idéologiques et liées par ailleurs à d’autres ensembles, ce qui n’est pas sans générer des tensions comme dans le cas du conflit israélo-arabe ou de la guerre froide entre USA et URSS . Quant à la France au sein de l’Union Européenne, ne se retrouve-t-elle pas elle-même sous la direction d’une entité supranationale dont elle n’est plus qu’une composante ?

La cohabitation entre hommes et femmes ne peut être, selon nous, que ponctuelle et des plus brèves. C’est un temps de transmission – par voie de codage- avec la « prononciation » de l’écrit qui permet aux femmes d’accéder à un texte qui reste abstrait pour elle tant qu’il n’est pas présenté par quelqu’un. Donc une grande concision, ce qui vaut aussi à l’évidence sur le plan sexuel. Au-delà d’un certain seuil, le lien, le signal, ont tendance à se brouiller. On parle d’ailleurs d’une brouille. Nous dirons aussi que lors de ces moments, les hommes doivent être capables de transmettre des messages et les femmes de les recevoir, de les enregistrer, ce qui implique qu’elles se soient vidées des précédents contenus devenus obsolètes. Il est ainsi pathétique de voir des femmes ressasser d’anciens messages face aux nouveaux messages – la bonne nouvelle- émis par les hommes. Ce sont des femmes qui ne sont pas parvenues à accoucher, à se délivrer de leur précédent fardeau et qui sont donc « fermées ». Mais en dehors de ces moments, l’homme redevient récepteur et la femme émetteur pour l’essentiel de leur temps. L’exception ici confirme la règle. Toute mixité tend à devenir inconsistante quand elle doit se prolonger et ne peut produire que de la médiocrité.

Au regard de dialectiques, nous dirons que les femmes sont liées à la mort et les hommes à la vie, qu’elles sont marquées par la forme et qu’ils sont avant tout concernés par le fond. Les femmes sont dans l’ajout, le complément tandis que les hommes sont dans la purification, le nettoyage. Rappelons le premier commandement : tu n’auras point d’autres dieux, c’est-à-dire tu n’ajouteras pas de dieux, ce qui est en fait une condamnation des valeurs féminines, lesquelles passent par l’appropriation du bien d’autrui.

Non seulement le contact entre hommes et femmes devrait être limité dans le temps mais le nombre d’hommes qui seraient en relation avec le monde des femmes serait somme toute assez restreint et résultat d’une dure sélection des meilleurs alors que l’important en ce qui concerne les femmes serait d’ordre quantitatif. On aura compris que l’homme est avant tout un récepteur qui passe par une phase émettrice et la femme un émetteur qui passe par une phase réceptrice.

Il y a un lien nécessaire à établir entre l’Astrologie et la Bible. L’exemple de Jacob époux de 4 femmes, et ainsi père des 12 tribus, nous évoque le découpage en 4 du cycle lunaro-saturnien, ce qui donne le 7.(28/4). Mais inversement, les recherches astrologiques permettent de corriger certains passages bibliques notamment concernant le nombre de jours de la création. L’intrusion du 6 nous apparaît ici comme tout à fait regrettable et l’on sait que le 6 a joui d’un certain prestige, puisque 6×6= 36 (360°), l’heure comprenant 3600 secondes. Les numérologues d’ailleurs n’apprécient guère le 7 nombre premier. On objecte notamment que l’on ne peut diviser le 7 par deux comme on le fait pour le 6 mais il n’est nullement interdit de se fonder sur deux temps de 3 et demi et cette durée est largement attestée elle-même dans les Écritures : 42 mois et 1260 jours qui se retrouvent dans divers textes correspondent directement à une durée de 3 ans et demi. On parvient ainsi à reconstituer ce que nous avons appelé Subconscience en la dégageant de la Surconscience qui en obstrue la perception.

La thèse selon laquelle l’humanité serait en fait le résultat d’une symbiose entre plusieurs humanités fait son chemin, au regard de la paléontologie. On distingue ainsi la filiation « homo s sapiens » et celle de Neandertal. Selon quel processus, cela a pu avoir lieu reste assez problématique mais force est de constater que notre humanité actuelle continue à attester d’un état antérieur à la dite symbiose, à le perpétuer et à produire des spécimens qui ne s’expliquent que par des évolutions différentes. On rappellera que lorsque l’on parle d’évolution, il ne s’agit pas des derniers millénaires mais de périodes bien plus anciennes. En ce qui concerne la présente humanité, l’évolution est purement externe mais non interne sinon au regard de la conscience. Nous formulerons la thèse suivante en rapport avec la préexistence probable de deux humanités ayant vécu dans des conditions bien différentes.

Nous reviendrons sur notre lecture du Mythe de la Caverne avec une humanité vivant dans les cavernes, dans la pénombre et devant ainsi développer l’ouïe, et une humanité vivant à l’air libre et en plein jour et développant la vue, les signes qui se perçoivent de loin. L’humanité qui descend de la caverne – et continue à en porter les stigmates- est vouée au dire et non à l’évidence. Elle est donc condamnée à ne connaître le monde extérieur que par ce qu’on lui en dit, d’où une tendance à la surinterprétation des propos tenus et une grande importance accordée au choix des mots. Le langage est pour le monde de la caverne d’une richesse plus grande que ne l’est le monde extérieur. Cela explique la fascination des enfants pour les contes de fées, pour l’imaginaire – l’imagination- la représentation – remplaçant l’image, laquelle relève du visuel. A contrario, pour le monde extérieur à la caverne, le langage parlé – la parole- jouera un rôle bien moindre puisqu’il n’est qu’un substitut à la vision. Une société qui voit n’a pas besoin de décrire ce qu’elle voit. Le consensus est immédiat à la façon de la vigie qui crie « Terre » et aussitôt tout l’équipage voit ce qu’il en est sans besoin de commentaire.

Entre ces deux registres, l’établissement d’un code de lecture constitue l’interface, d’où l’importance considérable accordée à l’acte consistant à lire « à voix haute », au « lecteur » (on pense au garde champêtre) qui est le pendant du scribe et qui s’adresse également aux analphabètes. L’acte de lire est un lien majeur entre le monde des hommes et celui des femmes, passage du visuel à l’oral, au même titre que la faculté pour l’homme de pénétrer la femme sexuellement est un élément crucial de la symbiose des deux genres, avec le passage de l’énergie masculine vers le réceptacle féminin. Mais nous remarquerons que les femmes sont précisément attirées par tout ce qui leur permet de sortir de la caverne et qu’elles comptent sur les hommes pour les emmener au loin tandis que les hommes seraient au bout du compte tentés par l’atmosphère confinée de la dite caverne, ce qui conduit à un certain chassé-croisé, tributaire du cycle des saisons comme celui, quotidien, de l’alternance du jour et de la nuit. On comprend ainsi que ce qui pourrait sembler aléatoire, comme le fait de vouloir voyager, correspond en fait à un besoin fondamental chez la femme et inversement chez l’homme, le fait d’entrer , d’être invité dans une maison peut être fortement chargé sur le plan symbolique. Inversement, le fait de devoir quitter un lieu peut être vécu de façon plus traumatique par un homme que par une femme alors que le fait de devoir rester enfermé un certain temps sera probablement mieux vécu par un homme que par une femme. Cela correspond assez bien à la dialectique du karma et du dharma -pris ici dans le sens de mission de vie (associé traditionnellement à l’appartenance à une caste), à savoir d’où l’on vient et vers quoi l’on tend, laquelle est reprise en astrologie « karmique » autour de l’axe des nœuds lunaires (parfois appelé Tête et Queue du Dragon, en Inde Rahou et Kétou. De façon typique, les astrologues associent cette dialectique aux six polarités zodiacales (bélier-balance, taureau-scorpion et ainsi de suite)

On en reviendra à une symbolique lunaire. La nouvelle lune est liée à la conjonction des luminaires. Elle a une valeur automnale, crépusculaire. L’ouverture du triangle serait le lever du soleil et la conjonction son coucher. Aube et crépuscule. Le triangle favorise les femmes et la conjonction met fin à une certaine exaltation androgynale chez elles .

Le mythe de la Caverne, tel que nous le réinterprétons, expliquerait pourquoi les femmes sont largement tributaires des mots, que le fait de parler sert à faire acte de présence dans les ténèbres alors que les hommes n’ont pas besoin de parler pour être perçus, d’où un moindre recours à ce qui touche à l’ouïe. Ajoutons que l’on n’entend que ce que l’on veut vous faire entendre alors que l’on peut voir ce que l’on n’avait pas l’intention de montrer, cela explique que les hommes ne se contentent pas de ce qu’on leur dit- ne se contentent pas de bonnes paroles, mais vérifient par l’observation. Dans la caverne, l’espace est clos alors qu’à l’extérieur, il est en quelque sorte illimité, ce qui va dans le sens de la thèse selon laquelle la femme aurait un rapport à l’espace-temps plus restreint que l’homme, qu’elle a besoin -tel un aveugle- d’un espace bien balisé, qui lui soit familier. Les deux mondes, celui de la caverne et celui qui se trouve à l’extérieur, comment vont-ils communiquer ? Pour l’humanité de la caverne, la vue ne peut jouer qu’un rôle mineur, se réduisant à la lecture de signes, donc à peu de distance. Cela signifierait que les femmes sont plus « nourries » par les paroles que par les stimuli visuels mais qu’elles sont certainement très sensibles au niveau du toucher comme le sont les aveugles. Les hommes auraient besoin d’une certaine satisfaction esthétique, plastique, ce qui peut passer par la peinture, la photo, le film en l’absence d’une présence proche. Avec le développement du téléphone, des textos, la femme peut maintenir un certain contact mais elle aura besoin de toucher le corps de son partenaire car elle est fortement tactile. (le goût et l’odorat appartiennent eux aussi à des valeurs de proximité à l’instar du toucher). Dans les rapports entre les deux sexes, chacun est amené à parler le langage de l’autre : la femme soignera son allure physique et vestimentaire tandis que l’homme châtiera son langage et veillera à la propreté de son corps et de son costume pour ne pas risquer d’incommoder son partenaire de sorte que l’autre sexe tendra à incarner les valeurs du sexe opposé. On peut faire l’expérience de placer des personnes cote à cote ou au contraire face à face et observer que la communication sera toute autre dans un cas et dans l’autre, ce qui correspond au passage de la promiscuité de la caverne à la distance qui préside hors de la caverne et qui détermine des contenus différents.

Le langage n’a pas la même fonction dans les deux mondes. Le langage masculin, marqué par le signifié tend à se réduire au prisme féminin à du signifiant -et donc à de l’insignifiant. CE n’est plus ce qui est dit qui importe alors mais comment cela est dit. La voix compte plus que le contenu. Ce qui compte, c’est l’usage que le locuteur fait de ce qui n’est plus finalement qu’un support. On capte bien ce phénomène qui fait que dans un certain groupe, ce qui compte c’est un certain enjouement, du rire, de la « bonne humeur » et non plus la teneur du message proprement dit. Cela permet d’ailleurs à des étrangers à une certaine culture de trouver leur place au sein d’ une telle atmosphère, qui restitue peu ou prou celle de la caverne ancestrale. On peut certes basculer d’un registre à un autre mais cela vaut dans les deux sens mais il est clair qu’un homme a besoin de ne pas perdre le contact avec son registre naturel tout comme la femme et c’est en cela que leur compatibilité est limitée dans le temps.

Le monde de la caverne entend réenchanter le monde, à sa manière, en le traduisant en un langage bariolé à l’instar de l’astrologue interprétant une carte du ciel. Le langage se substitue ainsi au réel, à l’instar de l’aveugle qui, au fond, ne souhaite pas vraiment « voir » le monde « crû » tel qu’il est mais préfère qu’on le lui décrive dans un langage fleuri et riche en images et en symboles qui font rêver.

27 05. 16

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