09 juin 2016 ~ 0 Commentaire

Jacques Halbronn Phénoménologie de la création et nouvelles combinatoires

Phénoménologie de la création et nouvelles combinatoires

par  Jacques  Halbrpnn

 

 

Quand on interroge les gens sur ce qu’il faut entendre par création, on tombe nécessairement sur quelques clichés, ce qui montre que cette question reste encore assez mal traitée puisqu’elle n’a pas fourni de nouvelles grilles pour être abordée. En effet, quand le public  ne sait que répondre sur un certain sujet, il se réfugie dans une sémantique régressive liée à l’apprentissage du langage. Cela montre qu’on ne l’a pas équipé d’un bagage valable et d’outils opérationnels.

On proposera ici d’associer création et recherche de nouveaux agencements. Sans l’exploration de nouvelles combinatoires, toute production est condamnée à une certaine médiocrité et cela vaut tant dans le domaine artistique, scientifique que politique.

Le but de la création est lié à la nécessité pour chaque génération d’être à la hauteur des générations précédentes, à savoir relever de nouveaux défis car quel sens y aurait-il à relever des défis qui auraient déjà été assumés tant par les créateurs que par ceux qui sont à leur écoute?

A chaque génération revient la mission de se confronter à de nouvelles difficultés, soit en ajoutant de nouvelles données, soit en en soustrayant, en faisant « sans » . Ces données ne sont pas nécessairement nouvelles en soi mais elles le sont dans le cadre de la combinatoire que l’on aura posée. Le seul fait de rapprocher des éléments qui auparavant été séparées constituera bel et bien une « nouvelle donne ». La création serait ainsi liée à l’élaboration de rapprochements, de cohabitations inédites, sinon inouies. Autrement dit, si l’on n’a pas fait varier certains paramétres, certaines composantes, le jeu  créatif  n’en vaudra pas la chandelle, la « peine ».

Nous avons récemment mis en avant la question de la dynamique « impériale ». Qu’est ce qu’un empire sinon -du moins à nos yeux- un projet de réunir (d’unifier, de faire « un ») des facteurs précédemment separés, pouvant avoir été jusqu’alors jugés incompatibles entre eux? Le génie d’un homme politique, d’un chercheur, d’un artiste sera dès lors défini comme l’aptitude à constituer de nouvelles connexions,  du « jamais vu ». Le manque de géniie, a contrario, sera d’échouer en une telle entreprise de mise en rapport – on connait la formule « cela n’a pas de rapport »-  soit en ne la tentant pas, soit en s’y prenant mal.

Nous dirons, de façon quelque peu provocatrice, qu’il s’agit de faire aussi bien que nos prédécesseurs mais par d’autres moyens puisque à l’évidence il ne s’agit pas pour autant de les copier mais éventuellement de les imiter non pas dans les solutions qu’ils ont trouvées mais dans l’affrontement de nouvelles problématiques ou en reprenant  là où ils auront butté.

Nous proposons ainsi d’aborder le probléme de la création en amont et non en aval en proposant de ne retenir que les entreprises innovantes en ce qu’elles proposent de nouveaux enjeux, en redistribuant en quelque sorte les cartes.

Si l’on prend le cas de la  composition musicale, on  éliminerait ainsi d’office dans le cadre d’un ministère de la Création toute production dont le projet ne viserait pas explicitement à  générer de nouveaux agencements; des rapprochements qui n’auront pas été « adressés » jusqu’à présent  étant entendu que l’historien se devra de resituer toute  création dans  le contexte créatif qui a été le sein, à telle époque. Or, l’on sait quelle est la place des historiens pour apprécier la qualité de créativité  de tel ou tel, sa dimension plus ou moins révolutionnaire, au sens d’un changement de ce qui est mis en jeu.  Ceux qui se contentent de revenir sur des problématiques déjà abordées ne feront qu’oeuvre médiocre au regard de la créativité, quand bien même  leur production pourrait par ailleurs séduire.  On ne peut en effet exclure qu’un imitateur puisse faire mieux qu’un initiateur mais pour l’historien, il ne saurait être un personnage de premier plan. Beaucoup d’appelés et peu d’élus. En ce qui concerne notamment les femmes, la questiion n’est pas qu’on ne les aurait pas laisser produire mais qu’elles n’auraient pas appréhendé corresctement les exigences et les conditions d’une création authentique et il n’est nullement certain que cela ait changé en quoi que ce soit depuis, prenant ainsi une voie de garage, se condamnant à faire de la figuration.

La notion d’empire nous apparait épistémologiquement valoir pour tous les domaines de l’activité humaine et passe inévitablement par  quelque forme de « challenge », de pari. Ainsi, le probléme de l’immigration n’est-il pas un défi pour des gouvernants français plus ou moins inspirés?  Il ne s’agit pas de se reposer sur le travail réalisé par  les précédentes générations mais de démontrer que nous sommes capables de résoudre des problémes de difficulté comparable. Il faut faire au moins aussi bien mais avec d’autres moyens et d’autres données à intégrer. Un physicien du XXIe siècle ne va pas prétendre refaire le travail d’un Newton mais faire en son siècle  ce que Newton a fait dans le sien, toutes proportions gardées, rebus sic stantibus. Un compositeur français  ne pas refaire aujourd’hui ce que firent Debussy ou Ravel il y a un siècle environ et pour cela, il faudra qu’il fasse bouger les lignes, se lancer de nouveaux défis pour être à leur hauteur et non en recourant aux mêmes moyens, ce qui ne ferait guère sens au prisme de la créativité. Il s’agit de renouveler le genre tout en restant fidéle à une certaine exigence de qualité, produire la même admiration aujourd’hui qu’hier quant à la performance ainsi accomplie et cela sans triche.  Marcher sur les traces des Anciens mais non dans leurs pas.

De telles combinatoires peuvent s’assimiler à de nouvelles allainces, à des alliages  étonnants et c’est ainsi que le pacte germano-soviétique- à la fiin des années trente  du sièclle dernier- e fut-il un coup de génie pour les dirigeants allemands, tant il pouvait sembler au départ improbable au regard de l’entente ancienne de la Russie avec la France.

Cela dit, il nous faut resituer la présente analyse « phénoménoloique » dans une anthropologie plus complexe liée à  notre « théologie ».  Face au processus de création, il y a celui de cyclicité avec ce que cela peut présenter de redondance, de répétition et l’on sait que dans certains domaines,  l’innovation n’est pas de mise. C’est ainsi que notre anatomie n’a pas changé sur  les derniers millénaires. On basculerait autrement dans le « transhumanisme ».  Le probléme des femmes – quitte à être traité de misogyne – face à la création tient précisément au fait qu’elles sont les garantes d’une certaine constance avec ce que cela implique de prévisibilité. Comment pourraient-elles donc se préter à autre chose qu’à un simulacre de création? On voit donc   à quel point il serait puéril de s’en tenir à des explications du type « empêchement ». Ce sont elles -mêmes qui se seront en quelque sorte censurées  face à une entreprise de création ne correspondant pas à leur « génie ».,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

09 06 12

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