24 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

Les sources non symboliques du discours astrologique. Nécessité d’une réflexion philosophique

Les sources non symboliques du discours astrologique. L’astrologue comme traducteur d’un jargon.

par  Jacques  Halbronn

Quand  Jean Pierre Nicola proposa il y a 50 ans son systéme RET, s’est-on demandé d’où iil avait sorti sa troika  Représentation, Existence, Transcendance?  Avait-il emprunté cette division par trois à quelque philosophe, à quelque anthropologue ou bien cela relevait-il directement de sa culture astrologique; de quelque transposition  issue du symbolisme mythologique ou zodiacal? Il semble que cela ait bluffé plus d’un astrologue que l’apparition d’un appareil conceptuel pouvant être compris sinon validé par des non astrologues.On est bien là aux antipodes du travail d’un Luc Bigé qui ne jure que par les légendes et les fables grecques.

Quand Michel Gauquelin  relie certaines planétes à certaines professions, là encore, il échappe quelque peu au matériau symbolique et se met en situation de dialoguer avec des non astrologues.

Quand André Barbault  se référe dans les années soixante, aux deux « guerres mondiales », il ne part évidemment pas d’une grille astrologique mais essaie de voir quelles sont les astralités qui se retrouveraient dans les deux cas. Rien à voir avec ces astrologues d’aujourd’hui qui plaquent les découpages zodiacaux des parcours planétaires sur notre société genre entrée de Pluton dans tel signe d’Uranus dans tel autre et tout à l’avenant.

On se demandera sur quels concepts extra-astrologiques -ou du moins non limités au jargon astrologique – entend s’articuler l’astropsychologie actuelle?  Il est vrai que l’usage de tel ou tel concept  risquerait fort d’appauvrir, d’assécher  un  discours astrologique tellement plus généreux avec ses 12 symboles zodiacaux et sa dizaine, au minimum, de dieux du Panthéon!

Mais au vrai quel est l’objet de l’astrologie, de quelles problématiques, de quelles dialectiques  traite-t-elle? En répondant clairement, l’asrrologie ne pourrait-elle en effet  engager un débat avec d’autres domaines qui recourent aux mêmes notions.Non, elle préfére se cantonner à des catégories qui lui soient propres.

En fait tout se passe comme si l’ouverture des années soixante avait laissé la place à un repli symbolique. Et d’ailleurs, l’ouverture des astrologues vers l’astronomie des trois derniers siècles  fut-elle bénéfique pour son image auprès des astronomes bien que ces derniers aient pris la peine de compléter la série  interrompue depuis des siècles,  des dieux dotés d’un astre..La génération actuelle est celle des déçus des ouvertures et des réformes. L’astrologie échaudée par des tentatives  de  transparence  qui l’ont fragilisée  et  en quelque sorte galvaudée, « bradée », s’est depuis un quart de siècle refermée sur elle-même, au point de trahir la raison d’être des colloques des années 70-80 qui était de faire se confronter les différents courants de la pensée et de la recherche astrologique pour ne plus faire entendre qu’un seul  son de cloche..Le consensus ancien prenait le dessus sur la dynamique des avant gardes et des dissidences..

Le débat ici n’est pas quelle technique utiliser mais quels questionnements appréhender? Passons sur ces astrologues bavards qui répondent que l’astrologie traite de tout et donc de n’importe quoi ou encore qu’elle est concernée par ce que dit la mythologie sur le monde en la reliant à l’astronomie. D’où ce triangle sacrosaint: astronomie-mythologie-astrologie dans lequel la plupart des astrologues vont se réfugier! Quid de ceux qui contestent à l’astrologie toute dynamique prévisionnelle, prédictive et qui rêvent d’une astrologie statique?

Or, il est clair que c’est par la prévision que l’on peut aborder les dialectiques, c’est à dire les dualités et vice versa. Autrement dit, comment peut-on prétendre prévoir si l’on n’a pas mis le doigt sur des tensions sociales, conceptuelles, ce qui passe par une succession de phases allant tantôt dans un sens, tantôt dans un autre selon un mouvement de balancier? Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, genre usine à gaz?

André Barbault avait  compris il y a un demi-siècle qu’il fallait lier l’astrologie à quelque forme de dualité et c’est tout le sens de son indice cyclique (de concentration planétaire) oscillant entre « guerre » et « paix »,  ou tension et détente. Mais était-ce là une problématique pertinente? On peut en douter et l’on comprend que de telles tentatives aient fait long  feu car il est évident que les causes suscitant tension ou détente sont innombrables!

Pour notre part, nous avons proposé d’autres formes de dualité, comme celle qui oppose le pouvoir du peuple au pouvoir autocratique, que l’on retrouve dans la Bible dans le rapport de Moïse et du peuple hébreu  jusqu’à notre histoire révolutionnaire qui vit le départ des souverains sous la pression populaire. Pas question de s’intéresser à des guerres mondiales qui ne correspondent qu’au XXe siècle -grossière erreur de méthode de Barbault- car il falllait traiter de phénoménes qui ont toujours existé et qui sont attestés sur des millénaires.

On en voit déjà faire la fine bouche face à un tel réductionnisme qui  bornerait l’astrologie à  une alternance, elle qui dispose d »‘un arsenal  tellement plus sophistiqué! Pourtant combien d’astrologues ne sont -ils pas tentés de résumer les positions planétaires du thème aux 4 Eléments, échappant ainsi à la pléthore, à l’inflation  d’un  symbolisme zodiacal à 12 entrées? Avec Nicola et son RET, c’est le symbolisme des planétes qui trouve sa « tripllcité » : RET.

Le nouveau clivage entre astrologues n’est plus comme il y a 60 ans entre physicistes et symbolistes, mais bien entre  astrologues réductionnistes, minimalistes d’un côté, puisant dans la modernité conceptuelle   et  astrologues  traditionalistes,  pris dans une anthropologie d »un autre âge    de l’autre. Ces derniers n’ont aucune sympathie pour les sciences humaines actuelles et préférent  adopter  des stéréotypes et des clichés  vieux de plusieurs millénaires.

Il importe de distinguer en effet l’ancienneté du phénoméne astrologique tel qu’il existe dans notre inconscient depuis des millénaires  par delà toute littérature astrologique et  les outils conceptuels nous permettant d’explorer un tel phénoméne et qui  sont ceux que nous sommes en mesure d’élaborer, nous ne visant pas ici les astrologues, on l’aura compris, mais tous ceux qui se sont efforcés de décrire nos sociétés et notre psychisme, de Marx à Freud, de Jung à Auguste Comte.

En fait, nous percevions en astrologie le même syndriome que pour les Centuries de Nostradamus, (cf notre post doctorat à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes,  en ligne sur le site de Mario Gregorio,  propheties.it)à savoir que plus le texte est obscur, plus cela laisse de marge à l’interpréte. L’astrologue  apprécie ce langage abscons du symbolisme parce qu’il peut ainsi ajuster aisément  un discours symbolique obscur (et on bascule assez  vite dans l’obscurantisme) avec une certaine appréhension personnelle du réel. C’est la valeur ajoutée de l’astrologue, dont Alain Arigjhi est si  friand et qui fait que plus  le matériau de base est douteux, plus  celui qui en fait quelque chose aura  eu du mérite. Les quatrains de Nostradamus doivent être traduits,  puisqu’ils sont écrits en français tout comme la Bible doit être traduite, ce qui permet au traducteur d’y placer insidieusement son propre commentaire en faisant croire que c’est dans le texte d’origine. Il y a ainsi des astrologues ventriloques qui généreusement prétent leur voix à l’astrologie pour lui faire dire des choses pertinentes et c’est un peu le but de l’enseignement astrologique actuel que de doter l’astrologue d’un bagage lui permettant de donner le change. Paradoxalement, plus l’astrologie se veut symboliste et plus ce sera le prétexte à plaquer sur elle des discours  venus d’ailleurs.. En fait, l’astrologie se voit ainsi mise sous tutelle et l’astrologue se subtitue à elle « pour son bien » . Cela fait penser  à un produit  qu’au lieu d’en améliorer la qualité, on se contente de l’assaisonner. L’astrologue fait ainsi sa petite cuisine et sert à son client un plat gouteux mais dont le rapport à l’astrologie est de plus en plus « symbolique » et purement décoratif. Et rappelons la formule italienne: tradutore, traditore. (le traducteur trahit son texte)

 

 

 

 

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JHB

24 07 16

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