02 août 2016 ~ 0 Commentaire

jacques halbronn Les astrologues du xxIe siècle et le grand malentendu du symbolisme

Les astrologues du xxIe siècle et le grand malentendu du symbolisme

par  jacques  halbronn

 

On nous enseigne en ethnométhodologie ( cf le Que sais-je?) à distinguer entre ce que les gens font et ce que les gens disent, racontent sur ce qu’ils font; (cf notre DESS en ethnométhodologie Le milieu astrologique, ses structures et ses membres, paris VIII, 1995)

C’est ainsi qu’un observateur profane pourrait croire que les astrologues attachent la plus grande importance d’une part à l’astronomie, de l’autre à la mythologie; Or, il apparait que ce ne sont là que des références qui sont mises en avant, un arbre qui cache la forêt.

Certes, les astrologues usent -il du langage « symbolique » mais c’est aussi bien le cas des astronomes qui eux aussi parlent de saturne et de Neptune, du taureau et du verseau. Et de fait les astrologues se servent-ils d’ouvrages astronomiques pour dresser leurs divers « thèmes »  et cartes du ciel (en anglais charts); Mais en soi le thème n’offre strictement aucun intérêt du point de vue de l’astronome même quand il est calculé correctement pas plus d’ailleurs que les aspects que soulignent les astrologues et qui ne veulent rien dire pour un astronome, à l’exception de quelques cas comme les conjonctions et oppositons des luminaires sans parler de touit ce qui touche aux éclipses (nœuds de la lune). Autrement dit, ce n’est pas parce que les calculs sont valables astronomiquement qu’ils ont une quelconque valeur au regard de l’approche astronomique du ciel;

Ce n’est là nullement  un reproche mais un constat qui montre que l’astrologie a depuis longtemps pris ses distances par rapport aux exigences de l’astronomie. Mais il plait aux astrologues d’insister sur  l’existence d’une relation entre ces deux disciplines;

Le même type d’observation peut s’effectuer en ce qui concerne le symbolisme; En dehors de chercheurs comme Luc Bigé (dont l’enseignement est notamment promu par Baglis TV (Frank   Agier), qui fonde totalement son discours astrologique sur la mythologie- Il â  d’ailleurs fondé une Université du Symbole- la plupart des astrologues ne se servent de ces termes qu’en tant que contenants bien plus qu’au prisme de leur contenu.

quand un astrologue parle d’un signe, cela renvoie en effet à ce qu’on appelle une triplicité (feu, terre, air, eau) et à une quadruplicité (cardinaux, fixes, mutables, en rapport avec  le découpage des 4  saisons) mais aussi à des planétes en domicile ou en exaltation dans ce signe.

C’est ainsi que le signe n’est pas perçu comme un facteur isolé, mais rattaché à plusieurs paramétres qu’il partage avec un ou plusieurs signes, tant et si bien que le symbolisme propre au signe n’est plus qu’un support.

Certes, dans les ouvrages  astrologiques  consacrés aux 12 signes ou à un signe en particulier, l’on trouve le plus souvent un chapitre consacré au nom du signe (cf notre ouvrage Le grand signe du Sagittaire, avec  Solange Dessagne, Paris, Tchou, 1981 et la série chez Solar) mais le signe n’est généralement perçu qu’au prisme des facteurs qui lui sont assignés: quelle saison, quel élément, quelle planéte;

C’est ainsi -comme nous l’avons montré récemment dans un précédent texte- que la symbolique du signe des Gémeaux est recouverte par le dispositif des maitrises (dignités), ce qui explique qu’on en fasse un signe mercurien alors que son symbolisme est à l’évidence vénusien; De même les ‘ rapports du signe à l’Elément  importent plus que la symbolique propre au signe: que l’on pense au verseau, classé comme signe d’air et non d’eau ou au scorpion qui a plus à voir avec la terre, le sable, qu’avec l’eau à la différence du crabe (cancer);

Lorsque les astrologues sont invités à parler des rapports entre les signes du zodiaque et les 4 saisons, ils ne sont pas spécialement à leur aise non plus; On a donc là une troisiéme connexion qui n’est pas pleinement assumée;  En effet, de quelle façon le symbole du signe a-t-il quoi que ce soit à voir avec la saison dans laquelle il se trouve,? quel rapport entre le sagittaire sur le plan symbolique et l’automne?  l’on nous décrira certes ce signe comme automnal mais on ne nous expliquera pas pour autant à quoi son symbolisme l’est.

Il est vrai que le zodiaque nous est parvenu dans un certain état de délabrement et cela expliquerait pourquoi les astrologues ne s’ y référent que par des biais! On rappellera en passant que l’automne est le temps où l’on tue le cochon, et que cela exige un instrument assez aiguisé, ce que représente en quelque sorte la fléche (tant celle de l’archer (en latin sagitarius) que le dard du scorpion (l’homme scorpion étant une manière ancienne de désigner l’archer).

Quant au rapport des Quatre Eléments avec les saisons, on signalera, au vu de l’iconographie des mois de l’année qui a servi à constituer le Zodiaque tel qu’il fut projeté au ciel, que le feu n’est guère utile en Eté alors qu’il l’est en hiver. Le rapport entre le feu et l’été s’explique en raison de la chaleur mais il est décalé au regard de la vie sociale, à la façon dont les gens traversent les saisons;

Revenons un instant sur la dialectique mars -vénus, elle fait peut être sens dans le cadre d’un dispositif purement géométrique des domiciles planétaires, mais elle n’est nullement pertinente du point de vue du cycle des saisons; on a déjà signalé la dimension vénusienne des gémeaux et celle martienne du sagittaire – qui lui fait face mais cela ne correspond pas au discours astrologique qui y voit une polarité Mercure-Jupiter ( en tant qu’ astre domicilié dans le sagitttaire) On notera d’ailleurs cette ambiguité  qui fait que le nom des planétes est aussi le nom de dieux;

Mais là encore, rappelons que seule quelqes uns des dieux du Panthéon furent utilisés  – on ne parle pas ici de l’époque moderne- par l’astronomie et partant par l’astrologie, ce qui montre que les rapports entre Astrologie- Mythologie ne sont pas si marqués qu’on veut bien nous le dire quand on pense qu’un dieu comme Hadès-Pluton est resté extérieur au discours astrologique jusqu’en 1930, lorsque les astronomes durent choisir un nom pour la nouvelle « planéte » découverte par Tombaugh, depuis son obserbatoire arizonien.

En conclusion, l’on notera que l’astrologie a sa façon bien à elle de se structurer et de créer du sens et que cela ne dépend qu’accessoirement  de l’astronomie, de la mythologie, des représentations des saisons dans les almanachs;

Certains astrologues ont pris un peu trop au sérieux de telles relations; On songe à Jean-Pierre Nicola dont le systéme « RET’ est en quelque sorte calqué sur un découpage du systéme solaire, et qui cherche donc à démontrer que la vie des hommes est le reflet de celle des astres; On a déjà évoque le cas des astrologues symbolistes qui vont fouiller dans les fables mythologiques dans l’espoir de ressourcer l’astrologie;

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

02 08 16

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