04 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

Jacques Halbronn Thérapie communautaire et astrologie

Thérapie communautaire et astrologie

par  Jacques  Halbronn

Par thérapie communautaire ou thérapie d’appartenance, nous entendons un traitement qui

doit conduire le thérapeute à ancrer le patient dans un lien social objectif avec tel ou tel

groupe dont il fait objectivement partie.

Cela implique de faire l’inventaire des différentes allégeances qui font partie de l’Histoire de la personne et de comprendre ce qui a pu faire qu’elle décroche avec l’une d’entre elles. Il s’agit

aussi d’éviter que la personne soit tentée de s’exercer  à des appartenances qui ne  la

concernent pas, qui relévent du fantasme, du mimétisme, ce qui génére un déplacement

identitaire dans l’espace.

On aura compris que nous accordons quelque importance au principe de réalité et notamment de réalité sociale. Nous avons d’ailleurs copieusement écrit sur la « psychanalyse de

l’étranger » (cf sur le site hommes-et-faits  notamment)

Est-ce à dire que nous réprouvons les conversions? On peut assurément adhèrer à un

groupe auquel au départ nous n’appartenions pas, si tant est que le groupe existe sur

une telle base d’adhésion; Autre chose est de tenter de se greffer sur un groupe qui est fondfé

sur des critères objectifs d’appartenance.

Quid de l’astrologie’? Il nous semble que la croyance en l’astrologie repose largement sur

un processus d’appartenance. On est bélier, on est scorpion, on est verseau etc et l’on

appartient ici à une certaine « famille » psychologique. Cette astrologie dite populaire nous

semble faire  bien plus sens que celle plus savante relative au thème natal, bien plus

individuel et elle est bien plus répandue, ce qui est important chez ceux qui considérent que

l’astrologie existe en tant que phénoméne culturel, comme Franck Nguyen.  Pour notre part,

nous trouvons assez vains les propos qui dénigrent cette astrologie des 12 signes au prétexte

qu’elle n’épuise pas la réalité astronomique. Or, nous pensons que l’astrologie s’est

constituée sur des choix parmi toutes les configurations possibles (compossibles) et cette astrologie « médiatisée » a au moins le mérite de la simplicité. André Barbault a vendu des millions d’exemplaires des livrets zodiacaux parus au Seuil en 1957 et nous mêmes avons participé

à de telles entreprises tant chez Sand-Tchou que chez Solar. Et il en est de même de Jean-Pierre Nicola. Bien des astrologues semblent écartelés d’ailleurs entre astrologie individuelle

et astrologie des familles zodiacales. De fait , cette astrologie zodiacale est probablement plus

proche de l’astrologie originelle, avec un marqueur unique désignant successivement tel ou

tel  point de l’écliptique. (cf nos travaux sur l’Astrologie alpha-oméga, avec Saturne et non le Soleil comme marqueur). En ce qui concerne les typologies zodiacales, elles aussi ne sont

pas sans évoquer les travaux statistiques de Gauquelin sur les catégories professionnelles;

C’est dire que cette astrologie zodiacale est forte de certaines réminiscences alors que l’astrologie du thème natal renvoie à une proto-astrologie antérieure à une astronomie ayant

décrypté le puzzle céleste des planétes et des étoiles et ayant déterminé la durée des cycles

planétaires,  d’où son penchant pour les directions et les progressions qu’un Dane Rudhyar

aura perpétuées, au lieu d’adopter Saturne et son cycle de 30 ans.

La question qui se pose au regard de cette thérapie d’appartenance que nous avons esquissée

et mise en pratique: est ce que l’astrologie fournit réellement un cadre dans lequel un

individu peut assumer son besoin conscient ou inconscient d’appartenance par delà la question

de l’appartenance au milieu astrologique, ce qui est aussi une option et qui implique un

plus fort investisssement.

Il n’en reste pas moins que dans bien des cas, l’attirance pour l’astrologie nous apparait

comme une fuite en avant, en rupture avec son milieu  social, même si l’on peut déclarer que l’on est objectivement né sous tel ou tel signe. Il est clair que le client est en demande d’appartenance et contrairement à ce qu’imaginent tant d’astrologues, il ne cherche nullement

à s’isoler en tant qu’individu unique. En réalité,  l’individuation ne fait sens qu’au sein d’un groupe. Paradoxalement, c’est au milieu de ses semblables que le besoin d’affirmer son individualité, sa personnalité sera le plus pressant.

Il reste qu’il y a quelque chose d’abstrait à se déclarer appartenir à une famille dont on ne

fréquente pas les membres, comme une famille zodiacale. La thérapie communautaire

ne saurait éluder le probléme du rapport au passé de la personne, de son besoin de

ressourcement, de réconciliation, éventuellement. Et en ce sens, la demande d’astrologie nous

semble bien devoir être considérée comme un symptome d’une crise d’appartenance.

Nous avons déjà émis l’idée que la demande d’astrologie, par elle-même est révélatrice de certains problèmes, par delà toute question d’examen du thème natal.

Nous avons en 1993 développé (dans la seconde édition de nos Clefs pour l’Astrologie, Paris Seghers) la notion de « cosmothérapie », qui consiste à traiter la démarche même vers

l’astrologue- ce qui reléve d’un transfert dont le praticien ne saurait être la victime par

un contre-transfert,- comme un tremplin pour aider la personne. L’astrologie ne serait alors

 

dans ce cas qu’un moyen et non pas une fin. Or, actuellement, au regard de l’image de  l’astrologie, c’est sur ce créneau qu’il convient de se positionner, par delà tout caractère scientifique de l’astrologie, si ce n’est dans l’imaginaire du client mais pas forcément dans

celui de l’astrologue. A l’avenir, il est clair que pour nous, l’astrologie a d’autres perspectives en

vue, au regard d’une approche cyclique mais nous nous limitons ici  à l’idée d’améliorer

la pratique actuelle, dans le contexte qui est actuellement le sien.

Il importe, en conclusion, de rappeler notre conception du communautarisme, terme souvent

mal vécu. Nous ne croyons guère en un modèle social unique et à des valeurs universelles.

Nous pensons que chaque groupe développe des modes de fonctionnement  qui lui sont propres et qu’il na pas à chercher à imposer à un autre groupe. Nous pensons aussi qu’il

est assez vain et appauvrissant de changer de groupe mais une solution nous semble

consister à regrouper les immigrés selon leur passé identitaire et donc de les laisser

maintenir leurs pratiques au sein de leur communauté, où qu’elle se trouve.

Les contacts entre communautés doivent être gérés par les instances dirigeantes de chaque

communauté et plus généralement par le biais des élites.  Ajoutons que pour nous, les hommes et les femmes appartiennent à des communautés différentes, avec des valeurs et des critères extrêmement distincts. Ce qui implique des contacts intercommunautaires relativement limités dans le temps. Dans la pratique urbaine, on observe que les communautés se croisent, se

côtoient, partagent quelques codes de base mais ne se fréquentent guère. Quant à la

structure familiale, elle ne  fait pas exception, elle est un carrefour entre communautés d’âge,de sexe, de profession, ni plus ni moins. Chaque  groupe la constituant  vit largement de façon

autonome et le partage reste l’exception. Bien entendu,  les hommes et les femmes doivent se fréquenter pour enfanter mais l’on sait que techniquement cela prend très peu de temps en teres de contact.

Toute société regroupe donc un certain nombre de communautés et peut en accueillir de

nouvelles, ce qui conduit à la notion d’empire capable de faire cohabiter des entités très

diverses, sur un espace qui peut être très vaste, ce qui permet son expansion, du fait des

conquêtes ou des migrations.  A l’inverse, une société qui se voudrait trop unitaire ne serait

pas en mesure de s’agrandir et serait victime de ses contradictions dès lors que confrontée- pour toutes sortes de raisons- à des apports allogènes, ce qui la conduire à des mesures souvent inappropriées, ce qui fait penser au supplice de Procuste, un bandit de grands chemins plaçant ses victimes sur des « lits » soit trop petits (mutilations), soit trop grands (écartélement

Selon nous, la thérapie d’appartenance permet à la personne de renouer avec un

principe de réalité, à faire l’inventaire de ses « talents », des avantage dont elle dispose

de fait, plutôt que de rechercher le dépaysement. Cela dit, selon nos observations, les femmes

trouvent dans le déplacement un stimulant -et d’ailleurs la pratique ancestrale de l’exogamie

fait foi; Il semble donc qu’elle aient une faculté remarquable pour se reconnaitre en un groupe

qui leur est au départ étranger. On en conclura donc que notre thérapie s’adresse avant

tout à la population masculine, tant il est vrai, comme on l’a dit, que les valeurs différent

profondément d’un groupe à un autre et cela vaut don à l’évidence pour les symptômes.

Ce qui peut apparaître  comme pathologique chez un homme pourra être considéré comme

normal chez une femme et vice versa. En fait, il semblerait que la consultation

individuelle soit plus appropriée pour les femmes et pour ceux qui justement ne s’épanouissent pas en termes d’appartenance et qui ont besoin de se recentrer sur leur propre

microcosme.

La thérapie d’appartenance permet de repérer un certain nombre de traumatismes liés à des ruptures non pas tant avec une personne qu’avec un milieu/ Traumatismes donc de départ, de renvoi, de mise à l’écart, de rejet identitaire ire qui auront marqué, ponctué notre existence et auront pu conduire à une forme d’isolement et donc de manque de repéres mais aussi de déni d’appartenance : on ne veut pas être mis dans le même « sac » que ceux ou celles qui par ailleurs nous ressemblent et auxquels nous ressemblons.  L’altérité doit selon nous être assumée au sein du groupe comme c’est le cas dans les Dix Commandements, elle ne vise pas l’étranger car on n’a besoin d’être autre que par rapport à ceux avec lesqiuels on  risquerait d’être confondu. Celui avec lequel on ne nous confond n’a pas à devenir autre, il l’est de facto, en tant qu’étranger La thérapie d’appartenance est donc sous tendus par l’idée selon laquelle nous n’existons qu’en tant que membre d’un ensemble donné. La notion de liberte ne fait sens qu’au prisme des rapports intercommunautaires et non interindividuels.

 

 

 

Bibliographie:

Nicolas Duruz  Psychothérapie ou psychothérapies. Prolégomènes à une analyse comparaive

Ed Delachaux & Niestlé, Lausanne, 1994

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

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