29 novembre 2016 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn Etudes de sexo-cyclogie: le rapport à l’espace- temps selon le genre

Etudes de sexo-cyclologie ;  le rapport à l’espace- temps selon le genre

par  Jacques  Halbronn

Hommes et femmes ne vivent pas dans la même temporalité et ne sauraient donc être appréciés – estimés- selon les mêmes critères, notamment au regard du travail et du « salaire ». Il semble que ce soit là une pierre d’achoppement majeure dans le dialogue entre les deux sexes./

Nous pensons que le temps masculin  est bien plus concis, plus ponctuel que le temps féminin. Mais nous ne saurions dissocier ici espace et temps. Le temps  féminin est une extension du temps masculin.  Il part du temps masculin alors que le temps masculin ne part pas du temps féminin, il lui préexiste. De même l’employé dépend de l’employeur alors que l’employeur peut se passer de l’employé.

Nous dirons que le temps est une énergie renouvelable, puisqu’il est intimement lié à la vie. Si nous vivons, cela nous donne ipso facto du temps. Et la masse des gens sont payés au regard du temps passé, par delà la qualité de ce qu’ils produisent. Il s’agit dans bien des cas d’un seul acte de présence, pour une durée déterminée (Contrats à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI)/ Le « travail » est lié à une obligation de louer son temps.

Comment donc organiser la vie sociale sur des bases qualitatives et quantitatives aussi différentes sans que l’on parle de « deux poids deux mesures », et donc d’injustice?  L’on voit que la cohabitation entre les deux « genres »  apparait comme bien délicate à gérer dès lors que l’on se sert d’un  seul  et même code pour valider ce qui a été accompli; à savoir l’argent.

Nous dirons que le temps masculin est voué à être bien plus polyvalent que le temps féminin et n’est-ce pas le rôle du chef  que de superviser les activités les plus diverses, à l’instar du premier ministre par rapport à la pluralité de ses ministres? Cela nous raméne d’ailleurs à la polygamie, avec un seul homme capable d’employer un grand nombre de femmes.

Autrement dit, un homme ne doit pas être cantonné dans  une seule et même activité et doit développer les talents les plus divers, ce qui le place ipso facto en position supérieure dans tout organigramme. L’homme peut en peu de temps juger d’une situation et ensuite passer à autre chose. Ce qui serait de la dispersion pour une femme est dans l’ordre des choses pour un homme.

On notera d’ailleurs que dans les entreprises, l’espace des chefs est séparé de celui du personnel de base, souvent cela ne se situe pas au même étage de l’immeuble.En ce sens, l’homme est voué à déléguer dans les différents créneaux qui sont les siens, qu’il est parvenu à maîtriser.

Il est clair que la base féminine  est bien plus exposée à la concurrence de la machine que ne l’est le sommet de l’échelle socio-professionnelle.(cf notre article de 2003  » la zone tsélem »  sur le site hommes et faits.com)

Il est des périodes que nous appelons « conjonctionnelles » en sexo-cyclologie, où la base est fortement activée par l’élite et d’autres où elle est désactivée, l’élite n’ayant pas besoin de la base pour fonctionner tout comme l’homme peut vivre sans les machines, si ce n’est celle qu’il porte  en lui et qui sont organiques et non instrumentales. La loi du Shabbat correspond à ce temps de désactivation durant lequel les hommes doivent pouvoir se passer de la base (femmes, bétail machine) comme il est indiqué dans les Dix Commandements. Logiquement, pendant le Shabbat, on ne devrait utiliser aucun objet fabriqué. Or, cette régle n’est pas respectée puisque l’on déplace les « rouleaux de la Torah », que l’on se sert de « livres de prières ».

Ce rapport au livre ne  fait sens qu’à la sortie du  Shabbat et non en plein milieu du temps du Shabbat.

On aura compris que notre propos fait sens au niveau écologique dès lors que l’on ne se sert pas d’énergie non renouvelable, à savoir les objets mais uniquement du vivant qui est en nous.

En conclusion, les hommes sont potentiellement des êtres complets et ce n’est qu’en déléguant que l’on bascule dans la pluralité des activités,  chaque activité étant liée à un objet, à un appareil. L’humanité d’en haut n’a pas besoin de machines alors que l’humanité d’en bas ne fait sens que dans la mesure où elle  sert et se sert de la machine.

 

 

 

 

 

Annexe

La zone Tsélem Votez pour nous

Ou la convergence des clivages

Jacques Halbronn

 

 

 

Si l’on considère l’ensemble des clivages à caractère social qui nous interpellent  : entre l’homme et l’animal, l’homme et la machine, l’homme et la femme, la question des étrangers, des juifs, des personnes âgées, des malades mentaux etc., existe-t-il un espace de convergence ? Il nous semble que oui et nous l’avons désigné sous le nom de zone Tsélem. (dans l’Ancien Testament, il est dit que l’homme a été crée à l’image (tsélem) de Dieu). On usera de termes hébraïques : Tsélem (copie (tsiloum), ombre (tsel) et son opposé Maqor (origine, source).

Tsélem serait un lieu accessible par toutes sortes de populations mais c’est aussi un seuil au delà duquel on bascule vers ce que l’on pourrait appeler le domaine du “maître” et celui de l’”esclave”, du Créateur et de la Créature.

D’une certaine façon, cette zone Tsélem pourrait correspondre à un élément intermédiaire entre le corps et l’esprit, c’est pourquoi c’est un lieu de jonction et de rapprochement.

Dans le rapport de l’homme et la machine, le Tsélem est l’espace de l’activité humaine qui s’offre à la machine, qui lui est, à terme, accessible. La zone Tsélem est marquée par la contingence en ce que la machine n’agit que sous l’action de stimulations ou d’impulsions qui lui sont extérieures. Elle est en quelque sorte « programmée » pour gérer la contingence : s’il ne se passe rien, elle ne fait rien, elle n’a rien à faire qu’à attendre. Au hasard des contingences, son animation est très variable. La seule machine qui échappe à ce sort est celle qui marque le temps. En revanche, ce n’est pas le cas du réveil-matin qui sonne ou ne sonne pas selon son réglage. Longtemps, il a fallu « remonter » les montres, lesquelles s’arrêtaient, autrement, au bout d’un certain temps. D’ailleurs, les sonneries, en général, avant de s’automatiser, étaient actionnées, à chaque reprise, par les hommes : sans l’homme, il n’y avait pas de sonnerie.

La femme évolue énormément dans le champ Tsélem. Elle est extrêmement réactive à certains événements ou plutôt types d’événements auxquels elle assiste et qu’elle ne prend pas la peine de contextualiser. S’il fallait replacer chaque signe dans son contexte, la femme devrait rester le plus souvent dans l’expectative, donc dans un certain chômage technique. C’est pourquoi elle est à l’affût de tout ce qui peut lui donner prétexte à intervenir et s’insurge contre ce qui pourrait reporter une telle occasion.

Le champ Tsélem est un monde intermédiaire entre l’humain et le non humain (ce qui ne l’est pas encore ou qui ne l’est plus). L’enfant qui commence à grandir investit avec enthousiasme le Tsélem tout comme la vieille dame qui veut montrer qu’elle est encore vive. L’étranger qui souhaite montrer qu’il est déjà dans le coup, dans sa culture d’accueil, s’essaiera au Tsélem tout comme le malade mental qui cherchera à donner le change en montant sa maîtrise tsélémique. L’animal ne sera vraiment intégré dans le monde humain que s’il se rend utile au niveau du Tsélem, sous la conduite de l’homme qui le domestiquera, le dressera.

Les éléments les plus marquants de l’état de tsélem sont les suivants : l’aptitude à observer et à signaler ce qui se passe autour de soi, les changements qui se produisent, ce qui ne correspond pas à la norme, le fait d’assumer une fonction surmoïque en ce qui concerne des actes considérés comme répréhensibles chez autrui.

 

De nos jours, on n’a guère conscience, il nous semble, de la frontière qui sépare le champ du Tsélem de celui des activités spécifiquement humaines. Le Tsélem est en effet le lieu où l’Homme se décharge d’un certain nombre de corvées, à commencer par le fait de porter l’enfant des mois durant ou d’avoir précisément à l’initier au Tsélem.

Or, cette frontière est essentielle dans la mesure où elle signale ce qui sépare l’homme de la machine. Tôt ou tard, en effet, la machine investira pleinement le domaine du Tsélem.

Certes, la machine est la création de l’Homme encore que l’on puisse dire que l’Homme, tel que nous le connaissons, n’existe pas sans elle. Autrement dit, en créant la machine, l’Homme se serait ipso facto transformé en un Homo ex machina. La machine est aussi vieille que le monde, elle répond à un besoin d’organisation qui conduit l’Humanité à se structurer du fait même de la machine qu’il met en place.

Nous définirons l’idée de machine comme tout processus de fonctionalisation mettant fin à un état d’ indifférenciation. La sexuation serait à ce titre déjà liée au phénomène machine et elle n’a pas commencé avec l’Homme, elle conduit à conférer à certains êtres des tâches spécifiques qui libèrent les autres d’avoir à les assumer. D’une certaine façon, le vivant a pris exemple sur la nature et ses rythmes, en particulier sur les astres. Mais cette mise en relation – corrélation- ne se réduit nullement à subir ou à décoder des “influences” mais à conférer des significations à des configurations perceptibles, selon un encodage arbitraire car toute émission fait l’objet d’une sélection du fait du récepteur. Il n’y a pas d’émission totale, intégrale;. toute influence est nécessairement instrumentalisée.

En même temps, on peut dire que la machine revêt un caractère mimétique, ce qui peut sembler paradoxal dans la mesure où c’est l’Homme qui la produit : disons que par la machine, l’Homme s’imite lui-même avec plus ou moins de succès et ce faisant il se découvre, se déconstruit.

Nous avons défini le Tsélem comme le monde de la contingence. Pour éviter tout malentendu, précisons ce point : quelqu’un est programmé pour capter ou réagir à certaines informations mais cela n’empêche pas que son comportement n’impliquera pas pour autant de régularité puisqu’il dépendra de stimuli extérieurs dont l’occurrence est largement imprévisible.

A contrario, le monde au delà du Tsélem ne vivra pas au rythme des contingences et des accidents, nous entrons alors dans le monde de la nécessité. Non pas qu’à l’origine de la nécessité, il n’y ait du contingent mais par la suite celui-ci sera réduit à la portion congrue et on ne s’y laissera point distraire par des aléas.

.Le monde du Maqor est celui de la contextualité, il vit donc à une cadence différente, aux réactions plus lentes, moins primaires et disons-le plutôt secondaires, selon la typologie de la caractérologie. Ceux qui quittent ce monde pour se réfugier dans celui du Tsélem y étaient mal à l’aise, on pourrait parler d’une tentation d’être plus en prise sur les choses plutôt que d’évoluer dans un monde parallèle.

Mais celui qui se plonge dans le monde du Tsélem ne sera pas seul, il y retrouvera toutes sortes de populations entraînées par les mêmes mirages d’une pseudo-vie., que nous qualifierons de condition d’esclave par opposition à celle du maître.

Dans le monde du Tsélem, si les contingences ne sont pas prévisibles, en revanche, ceux qui y interviennent le sont totalement car ils réagissent, selon des automatismes, à des signaux pour eux considérés comme bien spécifiques et sans prendre la peine de mener une enquête avant de passer à l’acte. On conçoit dès lors que cette “réalité” dont il est ici question est terriblement appauvrie et limitée dans la perception que l’on en a.

 

Le Maqor est plus fatiguant même si l’activité y est retardée par la qualité d’une enquête toujours en progrès et susceptible de ne jamais s’achever. Cela revient à quelqu’un qui ne pourrait jamais se reposer, avec des problèmes restant indéfiniment non résolus. En revanche, c’est un monde où il n’ y a pas de pause, celui de la nécessité. L’esclave a des moments de relâche quand la tâche qui lui a été demandée est accomplie alors que le maître doit veiller à ce que la vie ne cesse. C’est pour cette raison que nous disons que le monde du Tsélem n’est pas celui de la vie, il est une pseudo-vie, avec ce que cela peut avoir de diabolique.

Le Tsélem est en effet un monde artificiel, qui comporte des simulacres de vie et il est étonnant à quel point nos contemporains semblent incapables de le distinguer du monde de la vraie vie, eux qui sont capables de fabriquer des machines toujours plus perfectionnées !

Il faut apprendre à identifier les états de Tsélem quand on les rencontre et ne pas se laisser leurrer, en confondant la copie avec l’original, l’automate et son modèle. Combien d’entre nous ne sont plus que des automates tout juste capables d’enregistrer et de répéter à la demande. Couper les d’un environnement tonique et ils s’éteignent, dépérissent. L’olivier symbolise la sagesse parce qu’il se nourrit de peu et qu’il en tire le maximum. Dans le Tsélem, au contraire, il y a un énorme gaspillage et une dispersion d’énergie.

Dans notre monde, tant de morts vivants nous entourent dont l’activité est machinale, c’est à dire non pas continue mais discontinue quant à son contenu. Nous parlons souvent avec ces personnes qui fonctionnent à la fois comme des caméras et des disques, observant fidèlement et répétant les mêmes propos ou les mêmes gestes chaque fois que cela leur sera demandé.

Le monde du Maqor est-il menacé par celui du Tsélem  ? Quantitativement, certainement. La logique de (pseudo) vie du Tsélem est largement majoritaire sur notre planète, au point de devenir la norme.

Rappelons que le Tsélem n’existe initialement que comme prolongement en vue de taches et de corvées dont le vivant veut se décharger et la sexuation a produit du Tsélem puisqu’il s’agit d’un clivage introduit par le vivant pour qu’une partie de lui-même fonctionne dans un autre registre, libérant ainsi du temps pour une activité spirituelle qui doit suivre son cours et qui ne peut s’arrêter  un seul instant comme un cœur qui ne peut cesser de battre. Les animaux avec leur instinct ne sont-ils pas des êtres tombés dans le Tsélem ? Car le Tsélem n’est pas au commencement des choses, il n’existe que par rapport à la Vie dont il est l’imitation. Certains s’imaginent au contraire que l’on part du Tsélem pour essayer de passer à un autre niveau dont la réalité est discutable ! Pour eux, la vraie vie serait précisément celle du Tsélem  !

La femme n’est pas étrangère à une telle croyance et d’une certaine façon, celui qui est prisonnier du Tsélem est castré. Peut-on imaginer un monde qui serait dominé par le Tsélem et d’où le Maqor serait évacué ou refoulé ? Serait-il viable ? Chacun y vaquerait à sa tâche spécialisée, indifférent à ce qui ne lui correspond pas. Personne ne serait responsable de la supervision des multiples activités plus ou moins mécaniques. En fait, le comble du mimétisme, on l’a dit, c’est de nier l’existence même de celui que l’on imite et dont on ne sera jamais qu’un pâle reflet. En ce sens, le Tsélem désire consciemment ou non l’annihilation de ce qui lui a donné naissance et pour cela il doit prendre sa place, d’où le rêve d’un monde qui jubilerait de la mort du Père.

 

Le monde du Tsélem conduit à une canalisation d’énergies humaines et en ce sens il s’apparente, dans son principe, par son émergence à la canalisation d’énergies non humaines (ex poudre, vapeur, énergie nucléaire) ou animales. Sa mise en place tend à mettre fin à un certain état de précarité et de contingence en en systématisant les manifestations.

Le monde du Tsélem est la création de l’Homme, il explique ce qu’est l’Homme mais il n’est pas l’Homme. Encore un paradoxe : ce que crée le Créateur n’est pas lui mais c’est ce qui le pose en tant que Créateur et c’est aussi ce qui lui permet de rester dans le monde du Maqor.

 

JH – 08/01/03

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

29 11 16

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