06 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn le rôle de l’Etat « laïc » face à la mixité et la diversité. Diviser pour régner.

Le  rôle de l’Etat « laïc »  face à la mixité et la diversité;  Diviser pour régner.

par  Jacques Halbronn

 

Selon nous, la diversité est ce qui vient justifier l’existence même de l’Etat. Une société fortement homogéne n’a pas besoin de cet  arbitre qu’est l’Etat et la devise « Diviser pour régner » rend bien compte de cet état de choses.

Il est donc assez surprenant de devoir constater que de nos jours, l’on entend souvent rejeter la multi-culturalité, comme s’il s’agissait d’un phénoméne menaçant en quelque sorte l’Etat alors que selon nous, c’est une telle  diversité qui donnerait sens à cette institution.

Au vrai, pour nous, l’idée d’Etat serait inséparable de celle d’Empire, c’est à dire d’un ensemble recouvrant une grande disparité de composantes dès lors que l’Empire tend à s’étendre et à repousser les frontières, du fait même de son aptitude précisément à gérer la diversité. Ce qui renvoie à une certaine idée de la laicité, laquelle passe par le respect des différences.

Quelles sont les mesures que doit prendre l’Etat pour optimaliser une telle diversité des cultures, des cultes, des « mondes », ce qui implique aussi une certaine gestion de l’Histoire « impériale », c’est à dire  des histoires, des passés; Cela nous conduit à repenser l’Espace Temps, en ce sens que celui de la Nation n’est pas celui de l’Empire et même si l’on parle d’Etat Nation, nous pensons que l’idée d’Etat est mieux compatible avec celle d’Empire. D’où le concept d’Etat-Empire que nous préconisons.

le temps « impérial » ne se limitera donc nullement au présent;  Entendons par là qu’il y a une mémoire impériale, un « roman » impérial », qui traverse et transcende les siècles et qui tend à perdurer;

il nous apparaît que l’anti-impérialisme vise la notion même d’Empire, est une arme contre les empires conçue pour les déstabiliser et pour en réduire l’impact autant que faire se peut.  Si le xIXe siècle a été l’ère des empires, le xXe siècle serait au contraire la défaite – au sens  de défaire- des empires entre les années Dix et les années Quatre Vingts.

Les problèmes posés par l’immigration montrent bien à que le point, le passé pése sur le présent et vient l’affecter, l’interpeller  dans la mesure où  la culture est le produit de l’histoire; Les langues témoignent de cette impossibilité à évacuer le passé, comme lorsque l’on aura voulu bien vainement- sous   Hitler – débarrasser l’allemand de l’emprise du français, Cela peut aussi passer par une stratégie du déni de l’empreinte impériale dès lors qu’on la considére comme une sorte de transgression qui ne saurait faire loi, créer un fait accompli;

On aura compris que nous entendons réhabiliter la notion d’Empire et plus largement celle de multi-culturalité, dont un des exemples aura été l’Autriche-Hongrie. Selon nous, l’histoire de l’humanité devrait s’articuler sur celle des Empires,  l’empire étant un juste moyen terme entre nation et mondialisation;

la question qui se pose à nous sera donc celle du rôle de l’Etat, de ce qu’on attendra de lui tout au long du xxie siècle. Un de ces rôles se situerait, selon nous, sur le plan de la propriété intellectuelle, culturelle; De nos jours, nul ne conteste qu’un Etat puisse commercialiser ses ressources « naturelles », fossiles, renouvelables etc; On est là sur un plan d’ordre territorial, à savoir le fait que tel Etat  a pris possession d’un certain espace et aura maintenu -ou non – ses droits sur le dit espace;

En revanche, sur le plan culturel, les choses ne sauraient être aussi tranchées et on pourra parler d’effets irréversibles. S’il y a eu à un certain moment une influence de la part d’un Etat – au sens d’institution et non de territoire- celle-ci l laissera une trace, une empreinte, quand bien même cet Etat aurait changé de statut, de forme, au cours des âges. L’emprise culturelle n’est pas  réductible à l’emprise territoriale;

Est-ce à dire que sur le plan économique, commerciale, il faudrait rendre des comptes à l’Etat qui aura été l’artisan de telle ou telle empreinte culturelle, Faudrait-il alors parler de « ‘royalties » qu’il faudrait reverser à tel ou tel Etat,? Le probléme se pose tout particulièrement et de façon très pratique, au niveau linguistique et c’est avant tout dans ce domaine que nous pensons qu’il existe des enjeux majeurs.

Le  cas de la langue  française nous aura occupé depuis de longues années; Comment ne pas être impressionné par l’emprise des mots français sur toute une série de langues, à commencer par les langues dites germaniques (anglais, allemand, néerlandais) truffées, à des degrés divers, par un vocabulaire français; Bien entendu,  pour penser une telle question, il importe de réviser certaines représentations pat trop rigides, concernant les langues et c’est là plus que nulle part ailleurs, que l’on devra réviser les notions d’espace-temps; Nous avons déjà abordé ces points dans d’autres textes que l’on retrouvera aisément sur Internetè- et l’on se contentera ici de nous demander si l’Etat Français actuel est ou non habilité à recevoir des droits relatifs à la circulation des mots français, s’il est l’héritier légitime d’un empire séculaire ayant rayonné très largement et diversement;  on aborde ici en tout cas un chantier du droit international qui nous semble voué  à un certain avenir en soulignant que technologiquement nous avons les moyens de quantifier l’usage des mots de par le monde, ne serait-ce que par l’angle de la numérisation et de l’e-commerce; On a ainsi l’exemple de la perception des droits d’auteur dans le domaine musical.

On aura compris que nous utilisons le terme Etat selon les deux acceptions en vigueur,, à savoir spatial, pour dessiner des frontières et temporel pour désigner une autorité qui se perpétue au travers des siècles sur un territoire qui ne  saurait dès  lors coincider nullement  nécessairement avec les frontières en vigueur à tel ou tel moment;

Abordons à présent dans ce panorama, une autre question qui est celle de l’organisation interne des Etats,  et  le probléme de la mixité et de la diversité; Disons d’entrée de jeu que le pluralisme social est incontournable, même dans les Etats les plus homogènes culturellement, puisque nous distinguons, pour notre part, très nettement entre les hommes et les femmes;

Nous préconisons des habitats distincts pour chaque composante reconnue au sein de l’Etat, d’où l’importance que nous accordons à la notion de quartier comme lorsqu’on parle d’un quartier chinois (China Town), d’un quartier juif (juiverie, ghetto) entre tant d’autres. Comme son nom l’indique, le quartier est à la base une division en 4, à l’instar d’un cadran (encore le quatre) d’horloge.

D’aucuns partent en guerre contre l’idée de quartier en parlant parfois de zone de non-droit, où la loi générale ne s’appliquerait point mais par ailleurs, ces mêmes personnes s’interrogent sur ce qui peut être vécu dans l’espace dit public (port du voile par exemple).; Or, pour nous, entre l’espace public au sens large et  la vie privée chez soi, il existe un moyen terme qui est le quartier, ce qui nous semble être la solution  optimale pour gérer la pluralité des langues, des cultures, des cultes. Le quartier nous apparait comme une unité sociale majeure pour le xxIe siècle, avec notamment la prise en compte des aspects économiques, écologiques, sur la base d’une certaine proximité et d’une relative autonomie pouvant s’exercer sur plusieurs plans; Le  quartier serait le lieu où certaines pratiques spécifiques pourraient s’exercer;  En ce sens le quartier est tout à fait compatible avec la notion d’Empire car la légitimité d’un Empire ne réside–t-elle pas dans son aptitude à gérer au mieux la diversité? Certes, le quartier incarne-t-t-il un processus d’homogénéité (selon le principe qui  veut que ce qui se ressemble s’assemble) mais il est précisément  le contrepoint, l’antidote de l’hétérogénéité impériale.

On trouve là un équilibre entre forces centrifuges et centripètes d’autant que par delà la diversité babélique des cultures, il n’en existe pas moins des processus  qui tendent à unifier l’Humanité, ou du moins à la perpétuer sous ses deux pôles masculins et féminins, nécessaires à la reproduction de toute entité. Cela dit, au sein même de chaque quartier, ne peut que régner une certaine diversité, liée  notamment à un certain ordre social;

Nous conclurons en soulignant le caractère très relatif des frontières. La multiculturalité au sein d’un Etat ne peut que générer toutes sortes de passerelles et de réseaux avec d’autres Etats, que l’on pense aux liens de la diaspora juive avec l’Etat d’Israël et cela vaut évidemment pour l’Islam ou pour la Chrétienté (Vatican), comme cela a pu l’être pour le communisme par rapport à Moscou. Chaque « communauté » – et nous ne craignons pas d’user de ce terme- est une interface entre Etats. Tel est selon nous le nouvel ordre mondial, qui n’est nullement celui d’un nivellement des différences;

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

jHB

06 12 16

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