24 décembre 2016 ~ 0 Commentaire

Jacques Halbronn Deux régimes différents au niveau grammatical: la deuxiéme et la troisiéme personne. Autour du cas de l’hébreu

Deux régimes différents au niveau grammatical: la deuxiéme et la troisiéme personne. Autour du cas de l’hébreu

par  Jacques  Halbronn

 

Lors de la renaissance de l’hébreu- ce qui a donné ce qu’ohttps://www.youtube.com/my_videos?o=Un appelle l’hébreu moderne-il est dommage que l’on n’en ait pas profité pour corriger de mauvaises pratiques grammaticales notamment en ce qui concerne les marqueurs de genre (masculin/féminin) et nous entendons militer pour une réforme dans ce sens tant dans la pratique de l’hébreu moderne que dans l’hébreu biblique et synagogal.

Si l’on prend la création de la femme, au chapitre II de la Genése, il est dit qu’il y aura désormais ish  et isha, et il est claire que Isha désigne ici la femme du fait de l’adjonction d’une voyelle, le a, souvent utilisée comme marqueur du féminin dans un grand nombre de langues tant latines que slaves ainsi qu’en arabe.

Or,  dans tout le reste du chapitre, Dieu s’adresse à l’homme sous la forme « kha » qui est féminine et que l’on retrouve notamment, dans le Deutéronome, notamment dans le célébre Shéma Israel.  « VaaHavta et Adonay Elohekha bekhol Levavkha, bekhol nafshekha, bekhol Meodekha etc ». (Deutéronome  Ch VI)  Les finales en « a » sont ici récurrentes alors qu’à l’évidence Dieu ou Moise s’adresse à Israel, en tant qu’entité masculine.

En fait, il apparait que c’est la grammaire hébraique qui est hybride- et cela vaut  aussi pour l’arabe, une autre langue sémitique. Entendons par là qu’il y a deux régimes: celui de la deuxiéme personne  et celui de la troisiéme personne, qui fonctionnent selon des repéres  fort différents. L’un sur le mode : ka ou Kha pour le masculin   et l’autre sur le mode « a » pour le féminin.

En ce qui concerne les Dix Commandements, d’ailleurs, c’est la forme « bréve » qui est utilisée et non la forme féminine avec adjonction du « i »:   Lo Tignov,  tu ne voleras pas qui serait au féminin Lo Tignevi. ou encore- pour l’observation du Shabbat-  Zkhor, souviens-toi et non pas Zhori  (Exode XX) Comment expliquer de telles incohérences qui ne se situent pas nécessairement au niveau de l’écrit mais de la « ponctuation »  (nikoud) orale, laquelle se surajoute à l’écrit.. En revanche, dans le Shéma Israel,  comme tout est écrit au passé -qui est en fait un futur- (vav conversi)t l’on se demandera pourquoi ce changement de procédé entre ces deux textes, est-ce parce que les Dix Commandements sont plus tardifs que le Shéma- alors que tous deux figurent dans le Deutéronome-  Le lien entre les deux textes d’injonction est  mis en évidence par la formule qui suit le préambule du Shéma:  Que les paroles  (Hadevarim, Dibroth) que je te prescris (metsavé, qui donne mitswa, commandement) soient gravées dans ton coeur »

Cela vaut aussi pour les bénédictions  commençant par  » Baroukh ata Adonay »  avec un participe « bref » -baroukh- donc marque du masculin  selon tel régime  et ata, (anta en arabe)marque du masculin selon tel autre.. C’est ainsi que  lorsqu’ il s’agit de marquer le possessif de la troisiéme personne, on a bien la forme « o » pour désigner la femme d’Adam : »Ishto » (Genése II,   25) alors même qu’à la deuxiéme personne, comme on a vu, on avait la forme « kha » en s’adressant à un homme ou à Dieu! Plus hybride, tu meurs!

En effet,  l’on trouve tantôt une forme bréve pour le masculin et longue pour le féminin, mais il arrive aussi à un homme qui lui aurait demandé de lui expliquer le sens de la Torah debout sur un pied. Cette réponse est souvent désignée sous le nom de « règle d’or ».que l’on ait le « a » pour le féminin et le « o » pour le maà un homme qui lui aurait demandé de lui expliquer le sens de la Torah debout sur un pied. Cette réponse est souvent désignée sous le nom de « règle d’or ».sculin, comme dans « shéla », ce qui est  à elle et « shélo », ce qui est à lui, ce qui recoupe les pratiques des langues latines comme l’espagnol et l’italien (bello, bella) On a aussi la  variante hou rotsé, il veut, hi rotsa, elle veut.

Il reste que le « virus » est assez généralement répandu, comme on peut le voir dans les psaumes qui s’adressent à Dieu et qui recourent systémhttps://www.youtube.com/my_videos?o=Uatiquement en la forme en « kha ». En définitive, l »usage de la finale a  comme marqueur du féminin est assez généralement répandu dans le monde latin, arabe et slave et l’on a du mal à comprendre comment notamment à la deuxième personne du  masculin singulier, le « kha » a pu occuper une telle place alors que de toute évidence, il reléve d’un marqueur du féminin!

Un exemple assez significatif d’un tel double régime est la formation du possessif en hébreu:

marque possessive 2e personne masculin  :  shelkha (voyelle finale)  et au féminin,  shelakh (pas de voyelle finale) , qui est plus court

marque possessive 3e personne masculin : shélo  et au féminin shéla »

L’étude des langues latines nous apportent un éclairage supplémentaire et là encore, force est de constater que nous avons affaire à un statut hybride et intolérable au regard d’une approche structurelle et critique des langues, qui est la nôtre.

On montrera ainsi que la  troisiéme personne est indissociable de l’article défini, tant en position de nominatif  que d’accusatif. En espagnol, « el » est à la fois l’article défini masculin et le pronom personnel à la troisiéme personne. En français, cela n’apparait pas aussi clairement en raison de la corruption du systéme :  on a  « il » comme pronom personnel mais « le » comme  article. (cf notre étude in Revue Française d’Histoire du Livre  2011). Or, la perte de la voyelle est la marque de l’accusatif, comme c’est le cas en espagnol: Yo lo quiero, je le veux. . Mais ll y a une anomalie en espagnol quand on dit « yo veo et gato » alors que l’on devrait dire Yo veo lo gato.

Etrangement, les diverses langues latines comportent toutes une anomalie avec l’article défini au féminin qui est toujours « la », donc avec perte de la voyelle  initiale, donc avec un traitement d’accusatif, d’objet et non de sujet.

La réforme consiste pour les langues latines en rétablissant  la voyelle initiale au nominatif donc ella au lieu de la, en espagnol,   elle au lieu de la en français, sur le modèle du pronom personnel. Parallèlement, on ne peut accepter un accusatif de l’article défini commençant par une voyelle comme c’est le cas en espagnol ou en italien alors qu’en français, tout est en ordre avec le et la comme articles définis.

Nous avons signalé par ailleurs que  le possessif dans les langues latines devrait indique le sujet et non l’objet. Sa voiture ne devrait pas correspondre à l’objet dont le genre ne serait pas déterminé par le possédé  mais par le possesseur,  comme c’est  à juste titre le cas en anglais (en allemand, on a un compromis entre les deux critères)

En conclusion, nous dirons que la  grammaire présentée comme un ensemble cohérent de trois personnes au singulier et trois personnes au pluriel compose en réalité un ensemble à deux vitesses. D’une part, le je et le tu, le nous et le vous – car il y a là selon nous un binome et de l’autre, le « tiers » qui correspond à une réalité objective alors que les deux premières personnes seraient d’un ordre subjectif.

.

 

 

 

 

JHB

02. 01 17

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