12 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn Les apocryphes : de Nostradamus au Livre de la Genése

Les apocryphes : de Nostradamus au Livre de la Genése

par  Jacques Halbronn

Le début de l’année 2017  aura été marqué, en ce qui nous concerne, par la mise en évidence du caractère apocryphe du Livre de la Genése. Cela vient compléter nos travaux (cf notre thèse d’Etat  le texte prophétique en France, formation et fortune,  Presses Universitaires du Septentrion, 1999 etc) dans le domaines des études nostradamologiques en matière de critique des textes (textologie)/ Ce faisant, nous rappelions que nous avions soutenu une première thèse de doctorat sur la Problématique astrologique chez les principaux penseurs juifs du Moyen age Espagnol (EPHE Ve section, 1979), ce qui nous permettait d’accéder à l’original hébreu.

Dans les deux cas, il nous aura fallu travailler sur un corpus élargi tant dans le temps que dans l’espace. Pour les Centuries (Prophéties) de Nostradamus,  nous avions intégré des éditions jugées relativement tardives en montrant qu’elles étaient plus anciennes en réalité que celles que l’on nous présentait comme « premières » (princeps)/. Pour le Livre de la Genése, nous avons exploité l’Evangile de Mathieu, lequel débute par une généalogie qui nous aura mis la puce à l’oreille. Nous nous sommes mis, fin 2016, à explorer et à exploiter les généalogies figurant dans le Livre de la Genése. Mais nous avions depuis déjà un certain temps pointé le chapitre V de la Genése, avec la naissance de Seth qui nous semblait complétement décalée par rapport aux chapitres III et IV qui précédaient.  Finalement, nous parvinmes à la conclusion que les premiers chapitres de la Genése s’étaient peu ou prou calqués sur les chapitres suivants ainsi que sur le Livre de l’Exode et non l’inverse.

De même pour ce qui est du corpus Nostradamus (cf aussi notre post-doctorat EPHE VE section 2007, sur Jean Giffré de Réchac et la naissance de la critique nostradamique au XVIIE siècle,  sur le site propheties.it), où  les éditions censées parues du vivant de Nostradamus avaient en fait récupéré les vignettes des fausses éditions des almanachs de Nostradamus, parues dans les années 1560. LEs faussaires ont pour habitude de conférer un vernis d’authenticité, une patine du temps, en récupèrant des éléments  empruntés à des textes de l’époque à laquelle ils entendent situer leur contrefaçon. Mais parfois, les dits faussaires sont comme l’arroseur arrosé, ils se servent de contrefaçons  ou d’imitations.

En suivant le fil d’Ariane des généalogies bibliques , nous avons ainsi pu observer que le chapitre V de la Genése débutait par une formule tout à fait caractéristique du début d’un ouvrage :  Zé Sefer Toldoth Adam, Ceci est le Livre des Génération d’Adam; A partir de là on voit bien que les chapitres I à IV de la Genése auront été ajoutés, ce qui est un point majeur puisque cela comporte tout le récit du Jardin d’Eden, dont il n’est nullement question dans les Evangles et qui sous tend la thèse du péché original chère à Saint Paul et surtout à Saint Augustin. On notera que dans les épîtres on trouve des éléments assez différents de ceux  qui figurent dans les Evangiles et qui nous semblent plus tardifs. Le cas peut être le plus flagrant semble être l’Epitre au Hébreux (chapitre 11)

« Abel a cru en Dieu , alors il a offert  un sacrifice meilleur  que celui de Cain  etc »Hénok  a cru en Dieu (…) Noé a cru en Dieu (..) Abraham a cru en Dieu (..) Sara a cru en Dieu, alors Dieu l’a rendue capable d’avoir un enfant etc »

Or  le récit d’Abel  se trouve dans Genése (ch IV) donc un des chapitres que nous avons déclaré apocryphes. On peut donc supposer que la version de la Génése comportant notamment le chapitre IV  n’était pas connue des rédacteurs des Evangiles mait l’était du rédacteur de l’Epitre auc Hébreux

Que l’Evangile de Mathieu débute par une généalogie (qui ne remonte pas au delà d’Abraham  et qui se veut la continuation des celles de la Génése- rappelons que la généalogie de Luc, quant à elle reprend à peu près littéralement  celle du chapitre V de la Génése), nous laisse entendre que le modéle de référence commençait également de la sorte, à l’instar du Ch.V de la Genése. Quant au titre même Genése, introduit par la traductiion grecque (dite des Septante), il rend parfaitement compte du mot Toldoth et l’on peut donc penser que l’original hébreu utilisé commençait au chapitre V de la Genése.

Ces apocryphes utilisent  bien des éléments propres à la Génése et à l’Exode, que nous avons déjà eu l’occasion de signaler. On ajoutera d’une part le cas de Sarah et Abraham qui n’enfanteront qu’une fois avoir quitté le pays de Harran tout comme Adam et Eve n’auront d’enfants qu’après avoir été expulsés du Jardn d’Eden et de l’autre, la présence du  tétragramme dans les chapitres II  et III de la Genése, avec la forme  Yahvé-Elohim  qui est rendue par  le Seigneur Dieu, ou  L’Eternel  Dieu (trad du rabbinat)  au lieu de Dieu (au chapitre Ier qui ne comportait qu’Elohim). Or, le tétragramme n’apparait par ailleurs que dans le Livre de l’Exode (Ch III)  Rappelons  d’autres occurrences: c’est ainsi que la forme  ish-isha  (Genése Ch  III) figure  à propos de Noé  et des animaux qui seront admis par couple, dans l’arche.(Genése VI) ou la façon dont Dieu commande à Adam de ne pas consommer de certains fruits  qui n’est pas sans évoquer le style des Dix Commandements (Exode ch XX): « Tu peux manger  les fruits  de tous les  arbres  du jardin . Mais (Ve)  tu ne dois pas manger  les  fruits  de l’arbre de la science du bien et du mal ».

A  rapprocher  du commandement du Sabbat : »Durant six  jiours tu travailleras (…) mais (Ve)  le septiéme jour etc « . MAis est ici rendu par « Ve » (qui peut se lire ou – la lettre Vav  étant à la fois consonne et voyelle-  devant certaines lettres) comme dans Genése II. Par ailleurs, .la forme : tu n’en  mangeras  pas   « Lo Toukhal  miménou »  est identique à   Exode  où les commandements débutent par « Lo »  ‘négation)i suivi du futur  comme « Lo  Tinglov »,  tu ne voleras point

On peut toujours évidemment soutenir que c’est l’inverse qui s’est produit et que ce sont les premlers chapitres de la Génése qui auront  marqué les autres chapitres de la Genése et de l’Exode. Cela nous fait penser à ceux qui lorsqu’on leur montre que certains mots français se retrouvent en anglais pensent que cela tient à l’influence de l’anglais du français aiors que c’est l’inverse dans 95% des cas.(sur la question des faux,  cf notre étude sur les Protocoles des Sages de Sion,  Ed Ramkat, 2002)

La thèse que nous soutenons en ce qui concerne les deux Testaments est qu’il y aurait eu plusieurs versions et que tel ou tel commentaire se référe à telle version et non à telle autre. A l’évidence, les épitres et les évangiles correspondraient à deux temps différents au sein du Nouveau Testament, en ce sens que le Livre de la Genése ne nous semble pas avoir le même contenu selon les commentateurs, si l’on admet que le Nouveau Testament est en partie du moins un commentaire, une glose sur l’Ancien.

Les principales variantes seraient les suivantes:

- les versions du Livre de la Genése comportant ou ne comportant pas les chapitres II à IV (le chapitre I  demandant un traitement à part)

-les versions de l’Evangile de Mathieu comportant au chapitre I  la naissance de Jésus sans passer par Joseph.

Ce qui nous encourage dans ce sens est notamment la lecture de l’Epitrre aux Hébreux qui mentionne Abel mais  aussi Sarah et la naissance d’Isaac ainsi que le sacrifice du dit Isaac. Or, selon nous, un tel rappel serait incompatible avec d’une part le récit de la naissance de Jésus (trop semblable à celle d’Isaac) et le récit de la crucifixion de Jésus, trop semblable au sacrifice du même Isaac.La scéne de la crucifixion est relatée de façon quasiment identique dans les Evangiles de Mathieu, Marc et Luc, et elle est placée dans les tous derniers chapitres de chacune d’elles.

Selon nous, la naissance « miraculeuse » de Jésus va en contradiction avec les généalogies relatives à Joseph qui perdent de leur importance. On comprend mal ainsi pourquoi une telle généalogie ouvre le NOuveau Testament si elle se révéle sans portée par rapport à Jésus. Quant à la crucifixion de Jésus, elle fait probléme, au regard de l’Epitre aux Hébreux laquelle s’attarde sur le sacrifice d’Isaac  sans le mettre en paralléle avec la dite crucifixion et sa résurrection.  En tout état ce cause, le personnage d’Isaac tant par sa naissance que par son sacrifice offre d’extrémes similitudes avec celui de Jésus. Il est donc logique que dans les Evangiles, on ne mentionne pas Sarah et que l’on ne s’arrête pas sur le cas d’Isaac puisque Marie et Jésus sont  respectivement une nouvelle Sarah et un nouvel Isaac.

 

 

 

 

 

 

 

 

JHB

14 01 17

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