16 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn La signification du nom de Yahvé dans le livre de l’Exode (III) et la vraie racine hébraique du tétragramme.

La signification du nom de Yahvé dans le Livre de l’Exode (III) et la vraie racine hébraique du tétragramme.

par  Jacques  Halbronn

Nous voudrions montrer que  le  tétragramme n’est pas liié au passage du chapitre III de l’Exode dans lequel Moïse demande à Dieu quel est son nom mais à une racine hébraique qui signifie « grâce » au sens de reconnaissnce (en anglais grateful, en espagnol, merci se dit gracias)

Au chapitre III,   Moise dit à Dieu  qu’il ne suffit pas qu’il dise qu’il a été envoyé par « le dieu de vos pères ». Sur ce Dieu lui propose de le présenter, plus précisément, comme « le dieu de vos pères, dieu d’Abraham, d’IIsaac  et de Jacob ». Mais au chapitre XX, en tête des Dix Commandemens, Dieu se présente à Israel comme le dieu qui l’a fait sortir d’Egypte, de la maison d »esclavage.

On notera qu’au chapitre III, verset 14  de toute évidence, il y a eu une erreur de copiste:

Eyé shalahni  au lieu de Yahvé  Shalahni.  Dieu m’a envoyé. Au lieu de  Youd Hé Vav Hé, on a  Aleph Vav Youd Hé.

Cette erreur tient à la formule qui a précédé:  Eyé Asher Eyé, qui est considérée comme le fondement du tétragramme/

La traduction du Rabbinat (Ed Colbo, Paris 1967, p. 92) donnne:  Dieu répondit  à Moïse  « Je suis l’Eternel invariable (sic). Ainsi parleras tu aux enfants d’Israêl C’est l’Etre invariable qui m’a délégué auprès de vous ». Le traducteur  fait comme s’il était écrit Yahvé, il corrige de lui-même mais sans le préciser. On retrouve d’ailleurs plus loin la forme :  Yahvé (Elohéi Avotekhem) le Dieu de vos pères (verset  15) dans une construction identique.

On a donc des  formulations successives ; Dieu dit à Moise de le présententer comme le dieu des Pères    Puis Moise lui demande son nom et il lui est répondu « Yahvé ». puis  Dieu ajouta qu’il faudra  répondre   aux  Bnei Israel : « le dieu de vow Pères, d’Abraham, d’Issac et de Jacob.

Voyons  quelle est la traduction  éditée par l’Alliance Biblique Universelle, à titre de comparaison:

Je (Moïse) vais  donc   aller vers les Israélite , je leur dirai  « Le Dieu  de vos ancetres m’a envoyé vers vous/ Mais ils vont me demander  ton nom. Qu’est ce que je dois répondre? Dieu dit à Moïse Je suis Celui qui suis. Voici  ce que tu diras aux Israélites  « Je suis »  m’a envoyé vers vous ». Puis tu leur  diras encore ; Celui qui m’a  envoyé vers vous  s’appelle le Seigneur. Il est le Dieu de vos ancêtres., le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. »

Après avoir plus haut dit qu’il était le Dieu de « vos pères »,  Dieu  se présente sous le nom de Yahvé. Puis il ajoute qu’il faut dire de lui qu’il est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Autrement dit,  ce Yahvé donne son nom  mais il se définit comme le dieu (Elohav) des ancêtres, c’est à dir le dieu auquel ce peuple doit rendre grâce (Yahoud, celui que l’on remercie, auquel on témoigne de sa gratitude)

Autrement dit,  Dieu s »est contenté de répondre qu’il se nomme Yahvé, sans autre explication et c’est bien ce qui est expliqué : tu diras aux enfants d’Israel  Yahvé, le dieu de vos pères etc  m’a envoyé. Nous pensons donc qu’il faut lire  lorsque Moise demande son nom   » Et Dieu dit à Moïse  : Yahvé » (et non Eyé Asher Eyé). La confusion vient donc bien du fait qu’au lieu de Youd hé Vav Hé, l’on trouve Aleph, Hé Youd Hé », coquille aussitôt corrigée au verset suivant quand Dieu se présente comme Yahvé, le dieu de vos ancêtres »

Mais l’on peut aller plus loin et se demander si l’on n’a pas- pour parfaire la démonstration, ôté un Daleth au tétragramme en le remplaçant par un Hé, de façon à changer de racine. Avec un daleth, c’est le verbe qui signifie « remercier » et sans le daleth, c’est le verbe être. Or, nous avons montré par ailleurs que la forme Youd Hé Vav Daleth était plus vraisemblable et qu’elle renvoyait à Yéhouda, à Yéhoudi – on retrouve d’ailleurs le D dans judaïsme) et surtout qu’elle correspondait au coeur du judaisme qui ne cesse de rendre grâce à  Yahvé, de le louer (allélouiah) pour avoir choisi le peuple hébreu  parmi tous les peuples, d’où la  notion de peuple élu, à la façon dont un couple se forme.(cf le Cantique des Cantiques, lu à l’Office du Vendredi soir)

Comme on le verra dans l »étude en annexe,  le D est une lettre majeure au niveau théologique. On retrouve le D en latin, avec le Deus, qui a donné le Dieu français, le Dios espagnol et comme on a dit le D est indissociable de la judéité.

En ce qui concerne la disparition du Daleth, nous pouvons y voir la marque d’un anti-judaïsme, au sens de l’hostilité du Royaume d’Israël à l’égard du Royaume de Juda, au lendemain de la mort de Salomon. Ce daleth incarnerait en quelque sorte l’ennemi judéen.

On nous objectera que le Pentateuque ne doit rien aux populations du Nord, disséminées à partir de -722, du fait de la victoire assyrienne. Mais, en réalité, de nombreux « israélites » se réfugièrent dans le royaume de Judah sans parler de ceux qui y séjournaient déjà. Selon nous, c’est une version « israélite » du Pentateuque et en tout cas de l’Exode qui aura été conservée alors que la version d’origine se serait perdue. Ce sont des choses qui arrivent dans l’histoire complexe  des textes.

On ajoutera que les autres formulations de Dieu que l’on trouve dans l’Exode ne montrent pas Dieu en train de définir ce qu’il est, comme on voudrait nous le faire croire avec le Eyé Asher Eyé. Dieu se présente comme le Dieu des Pères,  le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob puis comme le Dieu qui a fait sortir les Hébreux d’Egypte( ch XX). I ne dit pas qui il est ontologiquement mais ce qu’il a fait, ce qu’il représente, pour les Hébreux!

Mais il nous faut aborder un autre aspect de la question tétragrammique, qui est celle du couple Dieu-peuple  judéen (juif). On note en effet que Judah est un nom féminin,  avec le marqueur « a » final.  Cela donne au mot Alliance une tonalité toute particulière et tout le judaisme pourrait se résumer dans l’amour de Dieu.  Le verbe (ohev) est au coeur du Shéma Israel : Veahavta. Tu aimeras Yahvé de toute ton âme.  On retrouve la dualité ish/isha du chapitre II de la Genése.  Yahvé en s’unissant à l’entité qu’est le peuple hébreu suspend en quelque sorte son propre androgynat tout comme il l’avait fait pour Adam. Rappelons aussi que lors de l’Office du Shabbat, l’on récite des extraits du Cantique des Cantiques de Salomon. On saisit donc toute la portée de ce nom « Judah » -(Yehouda).

On notera que cette lettre D figure dans les traditions  latines mais cette fois en tête et non en fin de mot  avec le Deus, qui a donné Dieu, Dios  etc. On ajoutera que phoniquement  Jupiterse prononce en anglais Djupiter et que le nom de Zeus, en allemand, se prononce, Dzeous.Etrangement, on notera que cela correspond à une lecture non pas de droite à gauche mais de gauche à droite du tétragramme..

 

Pour information sur l’étymologie de Zeus (Wikipedia) :

 

Zeus (nominatif : Ζεύς / Zeús ; vocatif : Ζεῦ / Zeû ; accusatif : Δία / Día ; génitif : Διός / Diós ; datif : Διί / Dií) repose sur le thème *dy-ēu-, issu de la racine indo-européenne *dei- qui signifie « briller ». Elle est également à l’origine du sanskritद्याउः / dyāuḥ, signifiant « ciel lumineux », et du latin diēs, signifiant « jour »3. En grec ancien, on la retrouve dans les mots ἔνδιος / éndios et εὐδία / eudía qui désignent respectivement le midi (l’apogée de la journée) et le beau temps. Ce nom entre dans la composition de nombreux mots : le nom des Dioscures (Διόσκουροι / Dióskouroi, les « jeunes de Zeus »), la cité de Dioscourias, etc. Les Grecs juraient souvent par le nom de Zeus, via les expressions Μὰ τὸν Δία / Mà tòn Día et Nὴ τὸν Δία / Nề tòn Día.

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JHB

19. 01 17

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