19 janvier 2017 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn Etudes sociologiques. Le poids de la culture migratoire dans le discours politique actuel

Etudes  sociologiques. Le poids de la culture migratoire dans le discours politique actuel

par  Jacques  Halbronn

 

 

A  plusieurs reprises, depuis une quinzaine d’années,nous avons mis en évidence le décalage entre l’objet mis en avant par un groupe et les vraies raisons qui l’animent. Nous l’avons fait notamment pour le milieu juif laïc  ou libéral  et pour le milieu astrologique ainsi que pour le milieu musical ou poétique  Chaque fois, nous avons montré que ce qui soudait  tel ou tel groupe correspondait à de similitudes objectives plus qu’à de rapprochements subjectifs. Tant et si bien qu’une personne entendant se joindre à  tel groupe sur la base des objectifs mis en avant se retrouvera en fait en décalage, en porte à faux.parce qu’il n’a pas notamment les mêmes problémes que le gros du groupe, ce qui fait qu’il ne participera pas de la même complicité, alimentée plus par des défauts,des manques que par des qualités, des potentialités. Il importera donc que le sociologue ou l’ethnologues prenne la peine de faire ressortir ces données objectives qui sont le non-dit, l’allant de soi, de ce qui cimente de facto le groupe.Cette approche rejoint en partie celle de l’ethno-méthodologie. Il est clair que cela  devra aussi mettre en relief les ethno-savoirs, les savoir-faire en vigueur; On pense ainsi dans le milieu des juifs »pratiquants », une connaissance de l’hébreu qui se limite à la lecture et qui ne comprend pas l’acquisition d’un lexique en rapport avec les textes ainsi déclamés tant et si bien que celui qui a une vraie pratique de cette langue ne serait pas en phase et serait perçu comme un « trouble fête », un intrus…tel un adulte intervenant dans un groupe d’enfants.

Appliquons donc cette fois notre grille au profil des candidats à la présidentielle ou à certains commentateurs. Nous avons constitué notre corpus autour des personnalités suivantes: Manuel Valls (Catalogne)  Arnaud  Montebourg (Algérie),   Jean- Luc Mélenchon (Maroc) Eric, Zemmour (Maghreb),, Nicolas   Sarkozy (Turquie)/. Parmi eux, des pieds noirs, Montebourg, Mélenchon, Zemmour., Leur  ‘point commun » est qu’ils sont tous marqués par une certaine culture de  l’immigration, l’intégration, de l’ascension sociale, du changement de condition; Cela a crée une sorte de Surmoi affirmé et rappelé avec plus ou moins de force.

Ce qui nous intéresse ici ce n’est pas le cas d’Un Tel ou d’Un Tel mais bien le phénoméne collectif et ses effets et le fait qu’il ne saurait s’agir d’une totale coincidence. Ce qui se ressemble s’assemble. Autrement dit, le thème de l’intégration par le travail, l’emploi serait sur-représenté en raison d’une telle convergence de destins familiaux chez ces personnalités souvent marquées par la décolonisation et  notamment le retrait de la France du Maghreb.

D’une part, il est clair que dans les régions d’origine- de l’autre côté de la Méditerranée- la présence musulmane était un élément déterminant, que dans bien des cas, les  Pieds Noirs ont été chassés, refoulés vers la métropole. D’autre part, il ressort que la présence massive d’arabo-musulmans dans l’hexagone peut leur apparaitre comme paradoxale au vu de l’Histoire.

D’une façon générale, aussi étrange que cela paraisse, au regard même de leur parcours familial,  la tendance générale va à l’encontre du multiculturalisme et du communautarise et l’on assiste à un impératif d’intégration sans conditions que les Pieds Noirs revendiquent d’avoir respecté strictement, ce qui ne serait pas le cas des immigrés issus de ce même Maghreb. Deux poids, deux mesures.

La référence au Maghreb est intéressante car les Pieds Noirs préférent ne pas rappeler que les immigrés concernés sont des Maghrébins comme eux et donc ils mettront plutôt l’accent sur la dimension religieuse pour éviter toute confusion.

En tout état de cause, ces diverses personnalités, Pieds Noirs ou pas, affichent un grand amour pour la France, la République qui est certainement  vécu différemment de la part des Français- en majorité- ne correspondant pas  à un tel profil. On est peu ou prou dans le champ du fantasme..

Du fait de la décolonisation, dont ils peuvent se percevoir comme les victimes ou en tout cas les fruits- ces personnes  ont un certain rejet pour le passé colonial de la France avec tout ce que cela impliquait de diversité. Rappelons quand même que la gauche aura joué un rôle décisif dans le processus de colonisation, avec un Gambetta, un Jules Ferry et qu’elle n’aura pas su régler le probléme algérien, ce qui aura été fatal pour la IVe République

Sociologiquement, ce qu’il nous importe ici de montrer c’est que la classe politique française en ce début de XXIe siècle est marquée notamment à gauche- mais on a aussi le cas Sarkozy, à droite-, par le poids de l’immigration. Comment en est-on arrivé là?  Il est assez évident qu’un tel parcours est susceptible de conduire à un intérêt, décider d’une vocation- pour les processus sociaux, pour ce que Mélenchon appelle la « machine » à fabriquer des citoyens.. On pense au « melting pot », au creuset américain mais visiblement les USA n’ont pas une vision jacobine de la Société, ne serait-ce que du fait de leur fédéralisme et de l’étendue de leur territoire.. Autrement dit, ces personnalités seraient marquées, à des degrés divers,  par un certain Surmoi familial, par des valeurs transmises,  inculquées et qui revétiraient une dimension d’évidence absolue- en tout cas de consensus-  du fait même qu’elles sont partagées par les uns et les autres..

On aura compris que cet ensemble de personnalités politiques, journalistiques (on pense aussi à un Alain Finkielkraut) auraient tendance à nous faire partager leurs valeurs comme étant le Bien absolu. Et selon nous, une telle attitude serait assez délétère pour le climat social français..

Il n’est peut être pas fortuit de noter qu’un Benoît Hamon, dont il ne semble pas qu’il corresponde à un tel profil, tienne des propos fort différents -autour de l’idée du revenu universel d’existence- en tendant à changer le rapport des Français à l’emploi et au temps libre, même si l’applicatiion en semble délicate. Mais il est déjà très important qu’une telle orientation soit exposée.

Force enfin est de constater une certaine marginalisation du parti socialiste et de la gauche en général puisque les personnalités susceptibles d’accéder au second tour n’appartiennent pas à cette mouvance. Il semble bien que lorsqu’un groupe est obnubilé  par le passé, il risque d’être décalé par rapport au présent et à l’avenir. Il est en ce sens heureux que les Français éprouvent quelque malaise  face à ces  gens un peu trop zélés dans leur  nationalisme  qui se veulent plus royalistes que le roi. Au fond, la France semble avoir gardé la conscience de son identité « impériale » et savoir faire la part d’une diversité à assumer sinon à affirmer.

On notera que ces hommes sont issus de régimes « iimpériaux », marqués par l’empire ottoman, pour la majorité ou par le colonialisme français  (Turquie, Maghreb) ou marqués par une certaine autonomie des régions (Catalogne), ce qui devrait normalement les prédisposer à dépasser la dimension nationale. Or, du fait du processus migratoire, tout se passe comme s’ils avaient été fascinés par une certaine idée du modéle français. Or, il y a un lien entre nationalisme et socialisme (cf le nazisme, abréviation allemande du nazional Sozialismus), en ce que l’intégration doit passer pour les protagonstes par le travail, la fiche de paie, le patron étant ainsi  perçu comme celui qui mettait en place un tel creuset. Le rôle dévolu au « patron » peut surprendre de la part en tout cas des socialistes mais l’on pense à toute cette domesticité issue de la péninsule ibérique (Espagne puis Portugal) et qui venait servir, dans les années cinquante, une « patronne »  de la métropole. , .

Selon nous,  l’idée que ces socialistes se font de l’emploi correspondrait à des valeurs féminines, qui sont marquées par un certain surmoi du service. Il faut servir et une femme qui fait des enfants, elle aussi, se rend utile (outil), ce qui implique le plus souvent de savoir se servir d’une machine, on pense à ces secrétaires(sténo-dactylos)  et à leurs machines à écrire.

Le seul de la primaire de Gauche et de la Gauche en général qui ait su éviter un tel travers nous semble avoir été Benoît Hamon lequel aura eu le courage de faire entendre un autre son de cloche lequel correspond à ce que nous appellerons des valeurs masculines du travail,  avec notamment l’idée d’un revenu universel d’existence qui selon nous ne vaut que pour les hommes mais ce serait là toucher à un tabou que de distinguer les sexes et pourtant cela allégerait d’autant le coût d’un tel dispositif et un tel point de vue vaudrait aussi en amont au niveau de l’éducation qui ne devrait pas être la même pour les deux sexes. On voit bien que le fait de généraliser telle ou telle mesure conduit à des coûts prohibitifs alors qu’une approche plus pointue les diminuerait singulièrement.

On aura compris que cette présence « migratoire » dans le champ politique joue un rôle excessif qu correspond plus à l’histoire subjective de certains acteurs qu’à la réalité sociale, comme si ces politiques voulaient nous imposer leurs fantasmes familiaux. Ajoutons que l’on pourrait aussi inclure  dans notre corpus tel ou tel homme politique dont les parents ou les grands parents ont migré non pas depuis l’étranger mais depuis des provinces méridionales lointaines et parfois d’ailleurs peu francisées, comme dans le cas d’Emmanuel Macron (Pyrénées)

PS  Ce texte mis en ligne avant la journée du premier tour des Primaires de la Gauche est confirmé par le résultat obtenu par Benoît  Hamon. Nous avions  pressenti un tel phénoméne en insistant sur le fait que ses deux principaux concurrents, Montebourg et Valls, étaient obnubilés par leur passé familial, et ce faisant se trouvaient en porte à faux avec un électorat qui dans sa grande  majorité, ne partage pas de telles obsessions, notamment ne se retrouve pas dans des déclarations d’amour envers la France qui  .ne font que souligner leur étrangeté par rapport à ce pays Hamon est quelqu’un qui parle juste et qui n’est pas dans la surenchère identitaire des nouveaux convertiis..

 

 

 

 

 

 

JHB

22. 01. 17

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