14 mai 2017 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn Nouvelles propositions sur la chronologie des premières éditions des Centuries 1555-1590

Nouvelles propositions sur la chronologie des premières éditions des Centuries (1555-1590)

par  Jacques  Halbronn

 

 

Une des observations les plus stupéfiantes quand on examine les descriptions des éditions successives pour la période 1588-1590 telle que fournies par R. Benazra, (RCN op. Cit) ou M. Chomarat (Bibliographie Nosradamus, Baden Baden, Koerner, 1989), c’est bien le décalage entre les titres des ouvrages et leur contenu. Ce point là semble avoir été jusqu’à présent négligé et peu exploité.

La question est de savoir si ce qui intéresse le plus l’historien des textes, c’est le titre ou le contenu. La tendance semble avoir été de s’en tenir au contenu plutôt qu’au titre mais cela n’allait pas sans déclencher quelque perplexité plus ou moins avouée.

Nous proposerons ici d’accorder toute son importance aux titres mais aussi tout de même à l’articulation interne.

En ce qui concerne le titre, l’on voit émerger, si l’on s’en tient au seul corpus des éditions parisiennes, l’année 1561. “Les ¨Prophéties de M. Michel Nostradamus. Dont il y en a qui n’ont encores esté imprimées. Additionnées par l’auteur pour l’an 1561 de 39 articles à la dernière centurie”

Il semble que dans les éditions de 1568, le titre ait été tronqué:

“Les Prophéties de M. Michel Nostradamus Dont il y en a 300 qui n’ont encores jamais esté imprimées . Adioustées de nouveau par ledict Auteur”

La suite “pour l’an 1561 de 39 article à la dernière centurie” a disparu à moins évidemment que l’on soutienne que cet élément aurait été ajouté par rapport à l’édition de 1568. Il s’agit là de l’ajout à un ensemble de 6 centuries- la dernière centurie étant la sixiéme se terminant par un quatrain latin très net à ce sujet- d’un appendice de39 quatrains, lequel ne constitue pas stricto sensu une centurie à part entière et d’ailleurs cette “septiéme” centurie ne sera pas complétée sauf à considérer les 58 sixains (et non quatrains) qui figureront au siècle suivant.IOr, les éditions datées de 1557 ne signalent même pas cette addition à la “dernière centurie” alors qu’elles comportent bel et bien 40 quatrains pour l’une et 42 quatrains pour l’autre, en la centurie septiéme, ce qui fait dire à tel commentateur que les éditions mentionnant l’addition de 39 articles pour l’an 1561 n’avaient pas connaissance des éditions 1557! Rappelons que les éditions 1568 ont supprimé, à moitié, la mention d’une telle addition ultime de 39 quatrains, ce qui est étonnant si elles font suite à une édition de 1557 qui n’en fait nulle part mention non certes pas e, son contenu – puisque la centurie VII s’y trouve bien- mais en son titre. Tout indique au contraire que l’on aura composé une édition ’1557” à ^partir d’une édition “1568′, en évacuant le morceau de phrase subsistant “ adioustées de nouveau par le dict auteur”. Rappelons que toutes ces éditions portent le même titre principal “Prpphéties de M. Michel Nostradamus” à la différence des éditions de Rouen et d’Anvars, “Grandes et merveilleuses Prédictions de M. Michel Nostradamus” lesquelles ne fournissent pas la moindre explication quant à la moindre addition. En ce sens, notre inclinaison serait de considérer des titres ne comportant aucune mention de ce type comme plus tardives.

Passons à la structure interne de ce corpus des “Prophéties” qui nous éclaire encore un peu plus puisqu’au milieu de la Centurie IV nous trouvons ‘Prophéties de M. Nostradamus adioustées outre les précédentes impressions. Centurie quatre”. Il s’agit là d’un chainon manquant puisque la première édition du groupe, Prophéties, Lyon, Macé Bonhomme, ne comporte que 53 quatrains à la centurie IV et que l’addition part du quarain numéroté 54. Il est normal que l’édition Macé Bonhomme ne l’indique pas puisque l’addition n’a pas encore eu lieu mais ill ne l’est guère que l’édiition Antoine du Rosne 1557 qui comporte cette fois une centurie VII “compléte” ne fasse pas figurer après le quatrain 53 qu’une addition a été opérée. Mais il est vrai qu’elle ne précise pas davantage l’addition qui ouvre sur la centurie VII; Or, pour en revenir aux éditions parisiennes de 1588-1589, à l’intérieur de l’ouvrage, on lit “ Prophéties de M. Nostradamus adiousrées de nouveau par lecdict auteur. Centurie Septième.”, élément qui manquera à l’intérieur de l’édition 1568, dont on a vu que le titre annonçant cette dernière addition avait été tronquée par comparaison avec les dites éditions 1588-1589. Le fait d’indiquer “centurie septiéme” montre d’ailleurs que cet ‘appendice” (“39 articles à la dernière centurie” aura fini par constituer une septiéme centurie, d’où la numérotation du second voler mentionnant nommément “centuries VIII-IX-X” au tire dudit second volet, notamment dans l’édition Lyon 1568.

Le problème, c’est que lorsque l’on passe à la question du contenu en termes de quatrains, comme on en a averti le lecteur, plus haut, ces éditions parisiennes apparaissent comme fort défectueuses, et en tout cas sans grand rapport avec ce que l’on peut lire en leurs titres. Cela aura conduit probablement à considérer les dites éditions  comme peu fiables alors qu’au contraire, celles-ci nous apparaissent, la question des quatrains mis à part, comme tout à fait utiles pour toute entreprise visantt à établir la chronologie et la genése du premier volet de 7 centuries.

Mais répétons -le, la série Grandes et Merveilleuses Prédictions ne s’embarassequant à elle d’aucune information concernant les étapes de formation de l’ensemble 7 centuries si ce n’est dans le cas de la première édition du dit groupe laquelle comporte en son titre (mais ce point ne sera pas repris dans les autres éditions du même groupe) “Les grandes et merveilleuses prédictions de M. Michel Nostradamus divisées en quatre centuries” (Rouen, Raphael du Petit Val 1588). Cela est à comparer avec le premier état de l’autre groupe

Macé Bonhomme 1555. Les Prophéties de M. Michel Nostradamus, sans autre précision. Cette fois, c’est le groupe Grandes et Merveilleuses Prédiction qui s’avère plus précis avec la mention de 4 centuries. L’absence de cette indication dans l’édition datée de 1555 nous apparait comme  bien lapidaire en comparaison des éditions suivantes du dit groupe.

On aura compris que si l’on s’en tient au pages de titre des diverses éditions parues en 1588 et 1589, l’on est en mesure de restituer avec quelque vraisemblance la dite genése éditoriale à savoir

I “divisées en 4 centuries” (dont la Ive à seulement 49 (Rouen 1588) ou 53 quatrains (Lyon 1555)

II Une addition de 3 centuries,, intégrant le premier groupe de quatrains de la Centurie IV ce qui donne une édition à 6 centuries (aucun exemplaire ne nous en est parvenu)

III Une addition de 39 quatrains à la sixiéme centurie (mais on n’en trouve que 35 dans l’édition Anvers des Grandes et Merveilleuses Prédictions) Notons toutefois que cette édition se référe in fine à une première édition datée de 1555; à Avignon.

Ensuite, il revient de nous pencher sur l’historique du présent corpus d’ éditions au prisme de la question des éditions antidatées, en négligeant la question des contenus en termes de quatrains, dont on fera ici totalement abstraction jusqu’à nouvel ordre.

L’intiitulé des éditons parisiennes de 1588-1589 nous semble correspondre à l’état final du premier volet avec mention des additions successives à la fin de la IIIe et de la Vie centuries. Cela suppose donc qu’il y eut des éditions à 4 centuries, à 6 centurie et à 7 centuries et qui sait à 3 centuries, puisque la Ive centurie semble additionnelle avec ses 49/53 quatrains avec le même profil que la VIIe. Mais on laissera ce point en suspens.

La seule donnée se référant à une production du vivant de Nostraamus concerne évidemment la mention de l’année 1561, où se met en place une addition à la dernière et Vie centurie. Autrement dit, cela signifierait que l’ensemble à six centuries aurait été achevé avant 1561. Dès lors, pourquoi ne pas dater de 1557 le passage de trois centuries plus une centurie IV à 53 quatrains à un ensemble à 6 centuries puisque cette date figure sur deux éditions du groupe des “Prophéties” lesquelles mentionnent justement une addition de 300 quatrains. Quant à l’édition “posthume” de 1568, elle aurait le statut d’une édition à 10 centuries avec ses deux volets,.

1555-1557-1561-1568, telles seraient les dates clef du “scénaio” que nous considérons comme fictif des éditions centuriques des années 1555-1568. Rappelions que 1555 est une date qui figure dans l’édition Anvers 1590 des grandes et merveilleuses prédictions. (l’absence de cette mention dans l’édition Rouen 1589 tiendrait au fait que la fin de la dite édition ne nous est point parvenue.

Oe, si l’on admet que les Protestants ont réalisé les centuries VIII à X, il leur revenair de présentger une édition compléte à 10 centuries comme celle de 1568. Mais cela ne saurait dater d’avant le temps de la Ligue, c’est à dire le milieu des années 1580, avec la crise dynastique de 1584, due à la mort précoce du frère d’Henri IIII, le duc François d’Alençon. Il leut revenait de laisser entendre que Nostradamus avait publié de son vivant au moins les 7 premières centuries, suivies après sa mort en 1566 d’un supplément de 3 centuries d’où cet échelonnement 1555 -1557-1561. et seule l”édition andidatée de 1561 manque à l’appel. Benazra à juste titre date cette dernière de 1560, vu qu’il est indiqué “ajouté pour l’année 1561 (cf RCN, pp 51 et seq) et il situe cette édition chez Barbe Regnault, à Paris mais il s’agit de toute façon d’une chronologie fictive, ce qui ne signifie pas que les 7 sept premières centuries seraient parues d’emblée d’un seul tenant. Les faussaires ont fort bien pu procéder par étape, en une sorte de surenchère, mais on n’a pas gardé les dites éditions en tant que telles mais seulement leurs “traces” par le biais des titres. Il est possible que ces édition seraient parues dans les années 1588-1589 et que par la suite, des éditeurs aient souhaité produire de fausses éditions de ces éditions premières des centuries, mais sans en fournir le contenu complet. *En ce sens, les bibliographes qui décrivent ces éditions comme défectueuses n’auraient pas tort, si ce n’est qu’elles le sont non points par rapport aux éditions antidatées mais par rapport à des éditions disparues des mêmes années 1588-1589 dont seraient issues les éditions 1555-1557-1561 et 1568., lequelles nous sont parvenues si ce n’est pour l’édition 1561, laquelle a probablement existé.

Autrement dit, les éditions 1588-1589 qui nous sont parvenues seraient antidatées tout comme les éditions 1555-1568. Ces dernières seraient parues au cours des dites années 1588-89 alors que les fausses éditions 1588-1589 auraient été confectionnées plus tardivement. Une édition Cahors 1590 est la seule qui nous soit parvenue d’une telle entreprise, elle a servi à l’édition de 1568 et comporte la même mention tronquée “ adioustées de nouveau par ledict Auteur” au titre du Premier volet et non l’inverse comme le propose Benazra qui dit que c’est l’édition de 1568 qui aurait été reprise par l’édition de Cahors Jaques Rousseau. On est donc en face d’un étrange phénoméne de contrefaçons à plusieurs niveaux.

Quid dans ce cas de la date de parution des Grandes et Merveilleuses Prédictions (1588-1590? On a dit que ces éditions en dehors de la première qui mentionne une division en 4 centuries qui a du correspondre à la toute première édition des Centuries à 4 centuries, ne fournissent aucune donnée ni au titre ni à l’intérieur de la formation progressive du premier volet si ce n’est que la VIIe centuries de l’édition d’Anvers comporte 35 quatrains et non 39 comme annoncé dans la présentation de l’édition antidatée de 1560-61. A ce stade de la recherche, nous adopterons la position suivante à savoir que le titre de l’édition “divisiée en 4 centuries” a bien dû exister en 1588 mais que les autres éditions ont repris un tel titre sans la dite mention et seraient en fait les éditions réellement parues dans les années 1588-89, mais sans considérer utile de signaler les étapes successives. Elles seraient calquées sur l’édition Cahors 1590 et d’ailleurs l’édition Anvers est également datée 1590.

Pour terminer sur le décalage entre le titre et le contenu, l’édition 1588 ‘divisée en 4 centuries”, telle que Ruzo qui est le seul à notre connaissance à l’avoir eu sous les yeux – n’est nullement divisée en centuries mais est constituée d’une suite de 349 quatrains. Autrement dit, si le titre de la dite édition est probablement authentique, l’édition en tant que telle ne l’est point. On reste perplexe face à une telle disparité sur laquelle nous ne sommes guère étendus. On relévera néanmoins un cas extréme, à savoir le fait que dans les éditions portant référence à 1561 en leur titre, on ne trouve pas les quatrains de la centurie VII, mais, comme l’a noté Benazra, les 12 quatrains de l’almanach de Nostradamus pour 1561.On a là un exemple de bricolage qui est assez typique de la pratique des contrefaçons, lesquelles n’hésitent à pratiquer le plagiat ou l’emprunt. (comme dans le cas des Protocoles des Sages de Sion, cf notre édition, Ramkat 2002)

1589 est une année clef: c’est celle de la mort d’Henri III. C’est la date à laquelle se référe le Janus Gallicus de Chavigny (en 1594) ainsi que celle d’une probable édition du Recueil des Présages Prosaiques par le même  Chaviny (à Grenoble), comportant les quatrains des almanachs dont on a vu l’usage pour l’année 1561.. Dans le Janus Gallicus, on trouve des commentaires à la fois de certains quatrains issus des 10 centuries mais aussi de cetains quatrains des almanachs parus, quant à eux, bel et bien du vivant de Nostradamusn, ce qui justifiait l’entreprise visant à produire d’autres quatrains censés parus à la méme époque.

JHB 14 05 17

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