15 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

jacques Halbronn apprendre à penser soleil lune

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Jacques HALBRONN
APPRENDRE A PENSER « SOLEIL LUNE »
Les hommes viennent de la lune et les femmes du soleil……..

Jacques Halbronn nous invite à repenser notre représentation du soleil et de la lunne à commencer par le réseau des correspondances associées à cette double matrice. D’où son interrogation, les hommes « viennent »-ils de la lune ou du soleil? Pour répondre à cette question, l’auteur nous invite à réfléchir sur l’origine du Zodiaque, sur les rapports entre les dieux et les déesses et le cycle saisonnier.
« Apprendre à penser « soleil-lune » signifie décrypter grâce à cette grille de lecture révisée le monde qui nous entoure à commencer par les manifestations du masculin et du féminin qu’il propose de relier directement à la symbolique soli-lunaire. Homme Lune et Femme soleil, la Lune étant le soleil en acte.
Pour Jacques Halbronn, le monde est entrainé dans une alternance et une alternative de solarité et de lunarité, dans un flux lunaire et un reflux solaire. La grille proposée par Jacques Halbronn nous permet tant individuellement que collectivement de mieux appréhender le monde où nous sommes et dont nous sommes, tant au niveau de la crise du couple que des affrontements sociaux et ethniques.
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Introduction
Les astrologues dans la Lune
La thèse centrale du présent ouvrage est simple à exposer: la Lune n’est pas, contrairement à ce qu’affirment les manuels d’astrologie mais aussi une certaine symbolique populaire, un facteur féminin mais un facteur masculin, d’où son titre La Lune de Gabriel, Gabriel l’ange de la lune symbolisant la force, la virilité, comme son nom, hébraïque, en témoigne.
Autrement dit, notre Humanité véhiculerait de fausses représentations de ce qui aurait été établi dans son Inconscient Collectif. Quelles sont les causes et les conséquences d’une telle permutation?
On se demandera si une telle confusion matricielle ne conduit pas à une mauvaise appréhension des notions de dualité, de couple. Or, savoir penser la dualité permet de penser la cyclicité, l’alternance et finalement permet de mieux prévoir le cours des choses. Ce n’est pas rien!.
Le discours dominant sur la Lune, c’est qu’elle « reçoit » la lumière du soleil et par assimilation au sperme, la lune serait donc femelle. Qu’on nous permette de constester une vision aussi simpliste des choses qui ne nous semble pas correspondre à celle qui a été prise en compte dans l’autoprogrammation de l’Humanité.
Restituons le discours en vigueur sur la symbolique des luminaires, à la sauce astrologique, pour en faire, dans un second temps, la critique en rappelant ces lignes que rédigea André Barbault pour la première édition, en 1953, du collectif Soleil & Lune, Paris, Ed. CIA: . »Y a t-il sujet général plus important en astrologie que celui qui concerne le symbolisme, c’est à dire la signification de l’astre du jour et de la reine des nuits? » C’est ainsi Joëlle Darolle présente la Lune ( Astrologie de l’Etre. Genéve; M. Bettex; 1991, pp. 33 et seq): « Les rôles fondamentaux de la Lune apparaissent si l’on considére son rapport à la terre et au soleil. En tant que satellite de la terre, elle est la servante dévouée et protectrice. » Il est d’ailleurs possible que c’est lorsque l’on en apprit davantage sur la réalité astronomique de la Lune que l’on cessa de l’associer au principe masculin: un exemple des multiples intrerférences entre astronomie et astrologie, le terme étant pris ici au sens large d’assignation de signification aux astres
La Lune serait donc féminine, comme l’article qui la précéde ou l’adjectif qui l’accompagnent en témoignent. La femme serait donc un être réceptif. Et après? Est-là une clef pour appréhender le psychisme féminin et est-ce une représentation à laquelle les femmes puissent s’identifier? Il faut être conscient, en effet, que de fausses représentations générent à terme un rejet et donc provoquent la confusion des genres.
Au fond, ceux ou celles qui veulent se délester de toute classification ont intérêt à ce que les typologies existantes soient les plus aberrantes possibles; ils s’efforcent de montrer que l’on ne peut se fier à de teles visions des choses et ils jettent ainsi le bébé avec l’eau du bain. Pour eux, il ne s’agit pas de réformer le modéle mais d’interdire, disqualifier tout modéle.
Notre pari est le suivant: reformulons la dialectique soleil-lune et par conséquent celle du féminin et du masculin qui s’y greffe et nous parviendrons à un équlibre satisfaisant, nous réconciliant ainsi avec la notion de dualité. En comprenant la dimension de la femme et la dimension lunaire de l’homme, nous disposerons de clefs pour accéder à leurs motivations respectives les plus marquantes, à condition, encore une fois, d’établir correctement les significations qui ont pu être accordées par nos aieux à ces deux luminaires..
Ajoutons que ce n’est pas seulement notre idée de l’homme et de la femme qui se trouvent affectées par un décodage aussi malheureux mais jusqu’à notre faculté à cerner toute forme de dualité tant dans l’espace que dans le temps, en étant réduit, pour tout potage, à opposer émission et réception, ou encore attitudes active et passive, selon un anthropomorphisme de bas étage.
Nous sommes invités à réfléchir sur l’Histoire de l’Humanité, la phylogénése permettant de décrypter l’ontogénése et réciproquement. Au départ, le monde est solaire, il n’y a pas encore de Temps,il n’y a pas encore de choix puisque l s implique un ordre – dans tous les sens du terme ce un sens – les choses se font dans un certain ordre et dans un certain sens. L’on n’ a pas à agir « contre la montre », l’on n’est pas pressé par le temps. Le monde solaire est un mond de totalité. Il n’y a pas encore de satellites qui refléteront la lumière centrale parce qu’ils ne sont pas lumineux par eux-mêmes, qu’ils instrumentalisent le soleil. La lune incarne le temps, elle va structurer la course du soleil, la diviser en étapes tout comme c’est la Terre qui, par son inclinaison sur son axe, détermine les saisons.
La notion d’instrumentalisation est complexe: il s’agit de se laisser délibérément imprégner par une force extérieure mais non pas en tenant compte de ce que cette force est en soi mais sur la base de ce que l’on en perçoit et de ce que l’on projette. C’est souvent une confusion chez les astrologues que de considérer que si les hommes sont sensibles aux astres, c’est parce que ceux-ci imposent à leur insu leurs énergies aux hommes.
A partir du moment où l’on ne maitrise pas bien la notion d’instrumentalisation, on va parler de passivité, de dépendance alors que le lien est structuré par le récepteur, ce qui change totalement l’idée que l’on se fait de la notion de réception qui devient, dès lors, volontariste, qui confère du sens à ce qui n’en a pas. Mais le récepteur devient ipso facto celui qui va structurer l’émetteur et encore faut-il que cet émetteur, qui se situe dans une forme de virtualité, soit sinon en demande du moins suffisamment disponible, malléable, en projet et en projection. Il y a là quelque paradoxe puisque c’est l’émetteur qui doit êre récepteur et le récepteur émetteur; c’est dire que les termes en eux-mêmes ne signifient que si l’on précise le contexte, le langage étant précisément un matériau qui nous est donné mais qu’il faut savoir gérer. A ce propos, comment un astrologue sérieux pourrait-il supposer travailler avec son client sans prendre le temps de lui expliquer ce dont il retourne? De deux choses l’une, ou bien c’est l’astrologue qui dit ce que le client veut entendre et croit entendre ou bien c’est le client qui fait effort pour comprendre où veut en venir l’astrologue. Mais n’est-ce pas précisément l’emploi de termes faussement explicites qui permet au client de faire bon usage de ce que l’astrologue profére en conférant du sens à ce qui est informe? Dans ce cas, c’est le client qui instrumentalise le discours de l’astrologue.
C’est tout un art de savoir donner et de savoir recevoir. Nous sommes tous émetteur et récepteur, si bien que le débat quant à déterminer si les hommes peuvent recevoir les influences astrales est un faux débat dans la mesure où tout objet – y compris le soleil et la lune -est aussi récepteur, à un certain niveau, dès lors qu’il est engagé dans un processus de progression, d’évolution, d’expansion qui exige de recourir à des facteurs aléatoires pour se canaliser.. La Lune est un catalyseur pour le soleil, elle lui permet d’échapper à l’indifférencié. Mais quand nous écrivons « elle », il s’agit bien d’une lune masculine face à un soleil féminin comme c’est le cas en allemand, l’anglais ayant perdu les notions de masculin et de féminin, quand il ne s’agit pas expressément d’un homme (he, his) et d’une femme (she, her).
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Ce faisant, l’homme lunaire apporte au monde solaire une dimension nouvelle en détournant sa lumière, à l’instar de la Lune. L’astrologie actuelle a le plus grand mal à associer la lune et le feu, tant elle veut le réserver au soleil, par analogie. Elle ne comprend pas que le feu est un anti-soleil, une sorte de soleil noir, un soleil de l’obscur, crépusculaire.
A partir de cette grille, l’on comprend que le génie humain soit bien plutôt lunaire que solaire, du fait même qu’il est réducteur, voire appauvrissant, en retrait par rapport au monde tel qu’il est en soi. et qu’il veut dépasser. La Lune est en ce sens une réalité post-solaire.
Autrement dit, la clef pour comprendre le féminin, c’est jusement le soleil, cet astre qui se situe dans une totalité spatiale, qui éclaire tout sans discernement, c’est le monde vierge, sauvage, « nature » et le signe de la Vierge est estival, la fille de Démeter-Cérés est Coré, mot qui signifie vierge en grec, autre nom de Perséphone -Proserpine.. Se le soleil n’éclaire pas quelque chose, ce n’est pas de son fait, c’est parce que le récepteur intérfére, fait écran. La lune, c’est le passage du polythéisme au monothéisme, c’est à dire le passage du non choix au choix.
L’acte d’instrumentalisation permet de constituer un ensemble homogéne, dans lequel chaque pièce importée aura été ajustée, rabotée, selon un modéle ayant ses propres exigences qui ne sont plus celles du point de départ. Face à l’unicité lunaire, la multiplicité solaire, faite de multiples entités devenant en quelque sorte autant de nouveaux soleils, de nouvelles étoiles, cohabitant au sein d’une constellation, d’une galaxie.
Evitons d’emblée un anachronisme : Les Anciens « croyaient que la lune brillait d’un feu qui lui était propre et comme les marées sont pratiquement inexistantes en Méditerranée, ils n’avaient aucun moyen de faire le rapprochement entre ses cycles et le flux et le reflux de la mer »(Vincent Cronin, La terre, le cosmos et l’homme, Paris, Denoël, 1981, p. 16). Il n’est en effet pas question ici de projeter sur nos ancêtres nos représentations modernes. Il existe deux écoles : d’une part celle qui voudrait que les hommes découvrent peu à peu les secrets du cosmos et d’autre part – celle qui est la nôtre – et qui s’intéresse à ce qui a été perçu et non pas à ce qui aurait du l’être. Autrement dit, la Lune n’était pas perçue comme renvoyant la lumière du soleil mais plutôt comme son prolongement nocturne. Et c’est bien cette idée d’un au delà du soleil – d’un monde métahéliaque sinon métaphysique -que nous retiendrons. Il importe de comprendre au travers de ce dépassement, la dialectique soleil-lune. Alors que le soleil se retire, se couche et que la nuit devrait être totalement obscure se dresse la lune qui prend ainsi le relais, soleil de substitution, moins puissant certes mais soleil quand même et qui ne fait faux bond qu’une fois par mois lors de la nouvelle lune – quand soleil et lune sont conjoints – ce qui correspond à une sorte d’éclipse. Le nouveau mois n’est d’ailleurs pas, chez les juifs, le moment de la nouvelle lune mais celui où la lune par un infime croissant répparaît, où le monde à nouveau sort de l’obscurité, de la nuit totale, de ce noman’s land où l’humanité ne connait plus ni le soleil ni la lune. Il y a là comme un miracle lunaire: sans la Lune, ce satellite de la Terre, l’Humanité aurait évolué, se serait organisée autrement car ce ne sont pas les étoiles et les planétes qui auraient suffi à faire pendant au soleil. Le monde des hommes, en sa plus haute expression, est lunaire. La lune est emblématique du défi humain.
Paradoxalement, l’unicité solaire serait d’ailleurs plutôt le chaos, certes constitué d’une seule et même matière mais aléatoire alors que la multiplicité lunaire prend la place du chaos pour instituer une diversité de mondes ayant chacun leur cohérence interne. Si le récepteur ne structure pas la matière – mot à rapprocher de Mater, la mère – par un effort d’éducation, l’on en reste à l’état sauvage – l’enfant sauvage. Le soleil est la forêt, la lune est la clairière, à l’instar de la ville où il faut percer, comme le fit Hausmann, de grandes artères, défrichant le foisonnement des ruelles. La lune est liée à la maison, à l’état domestique, au foyer mais contrairment à ce que l’on affirme, ce n’est nullement un espace féminin. C’est l’Hiver que l’on fait naitre Jésus, que l’on nous montre la créche où cohabitent humains et animaux domestiques, dans une sorte d’étable. Mais il s’agit là d’un refuge, d’un pis-aller, auprès de l’Homme et dès que le printemps revient, tout ce petit monde s’égaiera dans la nature, part dans tous les sens, vit en plein air, à l’air libre, comme Proserpine quittant la demeure-prison de Pluton. La belle saison relativise les différences, elle nivelle par le bas – on se retrouve tous logés à la même enseigne – alors que la mauvaise saison fait ressortir les inégalités, comme on le voit pour le sort des SDF en hiver. On passe de la maison lunaire avec ses lois spécifiques à l’espace solaire où l’on peut jouir des bienfaits s’offrant à tous. On ne fait pas payer les rayons du soleil alors que la faible lumière -feu de la Lune a un coût.
Quand on lit les descriptions astrologiques des symboliques soli-lunaires, on ne peut qu’être frappé par l’inconsistance des définitions, ce qui a évidemment pour avantage que l’on s’y reconnait toujours un peu. ..La femme est en réalité un être solaire, proche d’une nature généreuse qui se donne alors que l’homme estun être lunaire qui a besoin de l’hiver pour montrer qu’il peut vivre sans le soleil. D’ailleurs, l’Eté n’est-il pas une période de vacance durant laquelle l’homme régresse, se met à nu sur les plages, se laisse vivre en profitant des bienfaits de la nature telle quelle.
La lune fut longtemps associée à un dieu aux nombreuses épouses, et non à une déesse (cf Marie Delclos, Le grand livre des pouvoirs de la lune, Paris, Trajectoire, 1998; Aline Apstolska, Mille et mille nuits. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Lune vous est ici raconté, Paris, Mercure de France, 1992; Edouard Brasey, La Lune mystères et sortiléges Ed. du Chêne 2003 ). . Quelles sont les causes de cette inversion finissant par associer la femme à la lune et donc, par voie de conséquence, l’homme au soleil? On notera dans les langues germaniques la similitude, peut-être fortuite, entre le mot pour homme et le mot pour lune et pour mois : man/moon/month Mensch/Mond/ Monat etc. que l’on ne trouve pas dans les langues latines à moins de rapprocher mois (en latin mens) de masculin.. Notons dans ce sens, le dieu Mars également marqué par le M..
Quant à almanach – exposé des mois de l’année – une fois séparé le préfixe arabe « al » (article défini)- comme dans l’ Almageste de Ptolémée, l’on trouve encore une fois un mot commençant par la lettre M. On parle d’un passage du matriarcat au patriarcat, de la découverte du rôle déclencheur de l’homme dans le processus de procréation qui lui aurait permis de s’approprier le soleil. On retrouve une telle permutation dans le dispositif des exaltations astrologiques: la lune initialement en bélier va permuter avec le soleil en taureau (cf Clefs pour l’Astrologie, Paris, Seghers, 1976 et 1994). Dans le rapport soleil -lune, la lune est le facteur le plus rapide et le soleil a une position relativement statique, comparativement, l’on a bien là une dialectique entre l’espace solaire et le temps lunaire. Car si la lune occuppe un faible espace, elle se ratrappe par la richesse de sa cyclicité. La Lune apporte une forte valeur ajoutée à l’énergie qui lui vient de la nature tout comme l’Humanité a appris à transmuter les matières premières en de nouveaux produits. L’ Humanité peut beaucoup mieux s’identifier à la Lune qu’au Soleil.
Mais qui ne voit que le croissant de lune a une dimension phallique et d’ailleurs que la lune correspond à un processus d’érection alors que le soleil, en tant qu’anneau – mot qui a donné année – représenterait bien plutôt le vagin? Dialectique du croissant- crochet et de l’anneau : . la pleine lune correspondrait au coït, lorsque la lune-phallus parvient à occuper tout le vagin. . Quant à Saturne, l’opposé du soleil, avec lequel la Lune est en rapport, porte une faux qui n’est autre qu’un croissant? D’ailleurs, l’histoire d’Isis et d’Osiris, avec la perte du phallus d’Osiris, est en rapport avec la nouvelle lune mensuelle , puisque la lune disparait alors et qu’il faut la retrouver, grâce à l’ingéniosité d’Isis.. Le croissant de la lune est à rapprocher de l’arc que l’on bande et qui décoche des fléches, le soleil étant la cible, on emploie en anglais pour dire que l’on a tapé dans le mille, l’expression « bull’s eye », l’oeil du taureau.
Le niveau solaire est brut, il n’a pas été traité, il est un premier jet tandis que le niveau lunaire implique une décantation, une transmutation, une sublimation qui peuvent rendre méconnaissable le matériau d’origine à l’instar d’un bloc de marbre sculpté, bref un autre niveau de conscience. Le solaire est de la pate à modeler, absolument nécessaire certes mais nullement suffisante pour rendre compte du résultat final. Le soleil est au commencement, la lune à la fin des choses, l’un est dans l’infini et l’autre dans le fini. . Il est donc étonnant de voir la lune associée à une dimension archaïque (cf André Barbault, Soleil & Lune en astrologie, op. cit) alors que le soleil est bien plus ancien que la Lune.
Les personnes ou les époques qui sont dans la solarité pensent pouvoir ignorer, négliger les constructions humaines – diversité des langues, des cultures – pour tout ramener à un dénominateur commun origine, la solarité correspond donc à un processus involutif, à une régression, à un retour vers l’essentiel, à une réaction face à un progrés lunaire qui aurait failli, d’où les notions d’égalité, d’universalités, d’abolition des frontières, autant de constructions lunaires qui se révéleraient pernicieuses, dangereuses.
Le fait d’avoir mal défini la dialectique soleil -lune aura conduit l’astrologie, depuis des siècles, à ne plus être en phase avec les problématiques étudiées notamment en philosophie. C’est ainsi que selon nous, le rapprochement avec la pensée de Spinoza n’a pu se faire du fait de la corruption du modéle astrologique. Le déclin de l’astrologie tient à ce que philosophiquement ce qu’elle met en avant ne fait plus sens pour la pensée moderne non pas tant comme on pourrait le croire au niveau de ses fondements scientifiques mais de son incohérence conceptuelle, ce qu pose la question de la quallité philosophique de ce qu’elle véhicule.
A contrario, une fois clarifié le rapport soleil-lune, il est alors possible d’entrer de plein pied dans la philosophie telle qu’elle s’exprime au cours de ce XVIIe siècle européen durant lequel l’astrologie avait encore maintenu un certain nombre de positions honorables.
Citons ainsi quelques passages spinoziens ((cf Hadi Rizk; Comprendre Spinoza, Paris, A. Colin, 2006, p. 19-22) en prenant en compte que, pour nous, le soleil représente l’infini et la lune le fini :
» La liberté désigne la chose qui est  » déterminée à agir par elle-même alors qu’on appelle contrainte la chose qui est « déterminée par une autre à exister et à produire quelque effet « (Ethique I, déf. 7)
« Cette chose finie persévére et agit, ce qui suffit à établir que Dieu n’agit pas sur elle à la manière d’un artisan qui applique sa force et son talent sur un matériau inerte. au contraire, les choses disposent d’une part divine qui constitue leur force interne: les choses sont au moins en partie le produit de leur propre activité. »
Entendons par là que le plan lunaire ne se réduit nullement au plan solaire, qu’il en émane certes mais accéde à une autre dimension qui le met en dialectique avec le dit plan solaire. En ce sens, pour renverser la proposition souvent entendue, la lune (homme) serait l’avenir du soleil. (femme). Nous dirons que la Lune c’ est le soleil en acte mais si le Soleil est la vie, la Lune est la mort, si le Soleil est l’être, la Lune est l’avoir. Celui qui est porteur en lui-même de ses propres outils appartient à la sphère solaire, celui qui doit fabriquer ou faire fabriquer les instruments dont il se sert, appartient à la sphère lunaire. On ne peut voler ses outils au premier sans le tuer alors que l’on peut s’emparer des instruments forgés, artificiels, sans porter atteinte à l’intégrité physique de son propriétaire. C’est ce qui distingue l’homme qui se bat avec ses poings et celui qui utilise un arc ou une épée, celui qui procrée avec ce qui émane de son corps et celui qui travaille la glébe avec une charrue…. Quand on meurt, on peut léguer ce que l’on a mais non ce que l’on est et c’est en ce sens que nouis dirons que la Lune est dépassement de la mort, qu’elle l’apprivoise, qu’elle la trompe.
La femme est avant tout un être solaire par une certaine forme d’indifférenciation, de faculté d’identification à toute chose qui est dans sa proximité, il suffit qu’elle se déplace – spatialement – pour être autre ou pour prendre la place de l’autre alors que l’homme est avant tout un être lunaiere en ce qu’il parvient à se différencier plus en profondeur et de façon plus permanente, en se servant du temps pour cela. La femme n’a qu’une conscience floue de l’altérité – en fait elle n’y croit guère, elle n’y voit qu’une contingence passagère alors que l’homme assume pleinement celle-ci. Ceci explique pourquoi la femme a du mal à penser qu’elle puisse différer radicalement de l’homme. L’être lunaire veut dépasser les barrières, les clvages, les relativise, les considérant comme contingentes, pour lui le Temps n’est pas créateur, tandis que l’être solaire se veut dans la finitude et non dans la complétude, il ne croit pas que les êtres soient interchangeables et que seul compte la place qui leur est assignée.
L’astrologie est un phénoméne lunaire alors que l’astronomie est solaire, c’est ce qui explique probablement leur désaccord mais aussi leur complémentarité. On peut d’ailleurs regretter que tant d’astrologues aient une approche solaire et non pas lunaire du monde, c’est à dire qu’ils ne comprennent pas que l’astrologie est une création par l’Homme lunaire à partir du cosmos solaire.
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